PAR
Fernand FAURE
PRÉFACE
Nous nous proposons de publier intégralement le cours de Statistique que nous professons à la Faculté de Droit de Paris. En attendant, nous donnons ce petit livre qui en est le résumé très condensé
Il répond à une demande qui nous a été souvent adressée.
Il doit, tel est du moins notre désir, rendre quelques services à tous ceux qui ont besoin de notions sommaires sur la Statistique, sur son histoire, son objet, sa nature, son rôle, sur son organisation actuelle dans notre pays ; à ceux qui, futurs fonctionnaires, seront peut-être
(') Une partie de ce travail a été publiée dans la 5e édit. du Dictionnaire d'administration française, de Maurice Block et Maguéro, 1905. Mot Statistique.
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appelés, un jour, à collaborer à la confection de telle ou telle de nos Statistiques officielles; à ceux, autrement nombreux, hommes d'étude ou hommes d'affaires, simples particuliers ou hommes publics, qui peuvent avoir l'occasion d'user des données de la Statistique et qui seront d'autant mieux à même d'en tirer profit, qu'ils auront essayé de réfléchir et de s'éclairer sur les conditions de leur emploi.
Bien que leur production semble s'être notablement ralentie depuis une quinzaine d'années, et que les plus récents soient déjà un peu anciens, les ouvrages généraux sur la Statistique ne manquent pas en France.
Mais ils ont les défauts de leurs qualités. Ils sont très savants et très complets, mais très techniques aussi et d'un format un peu lourd. Ils s'adressent plutôt à des maîtres qu'à des étudiants, à ceux qui savent plutôt qu'à ceux qui ont encore tout à apprendre.
C'est à ces derniers que nous destinons ce volume au format léger, dans l'espoir qu'ils trouveront à y acquérir, sans trop de peine,
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une connaisance de la Statistique qu'ils ne jugeront point sans utilité.
Puisse-t-il contribuer, pour sa modeste part, à faire passer dans la réalité la formule singulièrement optimiste et hardie qu'employait, tout récemment, un de nos maîtres et de nos confrères les plus justement estimés, M. de Foville, en disant, à propos de la Statistique, en France, aujourd'hui : « Qui veut la bien apprendre le peut » (l) !
(*) V. une remarquable étude sur « la Statistique, les statisticiens et leur Institut international », Revue politique et parlementaire, 10 novembre 1905, p. 239. — V. aussi sur la regrettable insuffisance de l'enseignement de la Statistique en France, infra, p. 21 et 73.
Non seulement la formule de notre éminent ami est bien loin d'être réalisée, puisque l'enseignement de la Statistique est donné seulement à la Faculté de droit de Paris et qu'il fait complètement défaut dans toutes les autres Universités de France, mais, fût-elle réalisée, que cette formule serait encore tout à fait insuffisante. Pourquoi offrir uniquement à ceux qui le veulent, le moyen d'apprendre la Statistique? C'est h ceux qui en ont besoin que ce moyen doit être donné. Ainsi fait-on pour tous les enseignements jugés nécessaires. Réserve-t-on, dans nos Facultés de droit, l'enseignement de l'Economie politique à ceux-là seuls qui veulent apprendre celle science ? On le déclare obligatoire, on l'impose à tout le monde et on a tout à fait raison. La connaissance de la Statistique serait-elle moins utile que celle de l'Economie politique ? C'est plutôt le contraire qui est vrai. Il serait facile de le démontrer.
PRÉFACE
Nous nous tiendrions pour satisfait, en attendant que nos pouvoirs publics se décident à donner à l'enseignement de la Statistique, dans les programmes de nos Universités françaises, la place à laquelle il a droit, à tant de titres, et qu'il occupe, depuis longtemps, dans les programmes des Universités de presque tous les pays civilisés.
Fernand FAURE.