CHAPITRE VI
statistique répond à un besoin public parfaitement caractérisé. De là, pour l'Etat, le devoir de donner satisfaction à ce besoin.
La première de ces propositions est trop évidente. Onne voit guère des particuliers essayant d'opérer le dénombrement de la population française, ou même celui des professions et des salaires. On ne les voit pas entreprenant la statistique agricole ou financière de la France, celle de la circulation postale et télégraphique ou celle de nos échanges internationaux. Ces statistiques là ne peuvent être établies que par TEtat. Lui seul possède l'organisation, les ressources et l'autorité indispensables. Et quand nous ajoutons que la statistique répond à un besoin public, nous énonçons aussi une proposition qu'il serait difficile de contester. L'Etat ne peut se passer de statistique. Les particuliers ne le peuvent davantage. Cela ne suffit-il pas pour constituer le besoin public qu'il est du devoir de F Etat de satisfaire ?
59. Les services par lesquels les pouvoirs publics participent à l'établissement de la statistique sont très nombreux et très divers.
On peut les ramener cependant à un petit nombre de types.
On peut les distinguer, d'abord, en tant qu'ils correspondent à la division despouvoirs publics eux-mêmes, en Etats, provinces, départements, cantons, communes, les organes d'Etat se subdivisant à leur tour, quand on est en présence d'une confédération, en organes de la confédération ou de l'Empire et organes des Etats particuliers.
Au-dessous et dans l'intérieur de cette division, nous distinguerons les organes exécutifs et les organes consultatifs. Ces deux sortes d'organes se retrouvent aujourd'hui, dans presque tous les services d'Etat des grands pays civilisés.
Enfin, on peut distinguer les organes dont la fonction exclusive est de faire de la statistique et ceux qui ne font de la statistique qu'accessoirement à l'accomplissement d'une autre fonction.