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Pétersbourg , . .
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Tableau comparatif des deux sexes, dans la population de la france, depuis le commencement de ce siecle.
Hommes.
Femmes.
Excédant
Proportion
des femmes.
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Ainsi, d'après six recensements généraux, il est établi que les femmes excèdent constamment les hommes dans la po-
pulationde la France. Leur surabondance est considérable, elle surpassait avant ces derniers temps le nombre des habitants d'un département; elle varie d'année en année, et diminue progressivement; elle était à son maximum en 1801, par les effets de la guerre, et elle égalait alors un trente-septième de la population ; elle est maintenant à son minimum et n'atteint pas au quart de son ancien terme. Comparativement à la population totale, elle n'est que d'un sur cent quatre-vingt-dix.
Néanmoins les hommes perdent d'abord l'excédant du nombre de leurs naissances qui est de 300,000, et puis un nombre égal à celui dont les femmes leur sont supérieures, et qui s'élève à environ 500,000. En sorte que leur déficit annuel dépasse 800,000. Cette mortalité a pour cause : les chances du premier âge, qui paraissent plus dangereuses pour les garçons que pour l'autre sexe, et celles qui leur sont si souvent funestes, dans la vie aventureuse, à laquelle le sort les a condamnés.
L'exubérance des femmes laisse dans le célibat ou dans le veuvage, un demi-million d'entre elles qui ne peuvent trouver dans la société que des places déjà remplies. L'invasion qu'ont faite récemment les hommes, des occupations féminines, dans les magasins et autres humbles positions de la vie, réduit à la détresse une foule déjeunes filles qui ne peuvent, par défaut d'hommes disponibles, trouver à se marier.
Nous venons de constater que, dans les populations de l'Europe moderne, il existe un nombre de femmes plus grand que celui des hommes, et que la proportion entre les deux sexes varie selon les événements, qui étendent la
mortalité des derniers. C'est une calamité de plus, à ajouter à celles de la guerre ; car, des femmes qui ont perdu, les unes leur père, les autres leur mari, restent plongées, la plupart, dans le malheur et la misère, et sont à charge à la société, au lieu de lui être profitables.
Il nous faudrait encore décrire avec de pareils détails un autre phénomène du même ordre : d'abord, le nombre bien plus grand des décès masculins que des décès féminins. Cette différence s'explique par le danger de beaucoup de professions qu'exercent les hommes, et peut-être autant par les habitudes désordonnées, qui abrègent les jours d'une foule d'ouvriers des villes et des campagnes. Ensuite la quantité plus considérable des naissances masculines ; c'est un mystère physiologique encore fort obscur. On a voulu en rendre raison par la force prédominante du père ou de la mère ; mais c'est seulement reculer la difficulté du problème.
Voici des tableaux, qui fourniront des données sur ces deux questions.