CLASSE. — TUNICIERS
La classe des Tuiiiciers (Acéphales sans coquille, de Cuvier) est composée d’animaux dont les rapports avec les autres groupes zoologi({ues sont, comme nous l’avons dit, très diversement appréciés.
Le corps, en forme de sac (Ascidies) ou de cylindre (Salpes), est revêtu d’une enveloppe ou huiique, de consistance variable, le plus souvent rigide et dure, qui leur a valu le nom de Tuuiciers. Cette couche externe de la peau ou du manteau a cela de particulier qu’elle est en grande partie composée d’une substance isomère avec la cellulose végétale. Chez ceux de ces animaux qui sont réunis en colonies, elle forme une masse commune dans laquelle
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MOLLUSQUES OU MALA('y^^ — MOUAISCOIDES.
ceux-ci sont parfois comme enchâssés (Synascidies). La tnniqne est pour ainsi dire doublée par nue couche molle de tissu conjonctif (couche palléale interne) qui constilue la }>aroi de la cavité viscérale. Extérieurement ou trouve deux orifices, généralement rapprochés run de l’auti-e (Ascidies) (lig. 4-77); le premier, orifice d’entrée, par lequel pénètrent l’eau et les aliments; le second, orifice de sortie, qui sert à l’expulsion de l’eau, des fèces et des produits sexuels.
xVu-dessous du manteau, il existe une couche musculaire composée de fibres longitudinales et de libres annulaires; chez les Salpes, ce sont des faisceaux rnhanés qui entourent la cavité du corps, et qui, par leur contraction, renouvellent l’eau à l’intérieur, et déterminent des mouvements de locomotion. Les Appendiculaires et les larves d’Asciclies sont pourvues d’un appendice caudal mobile, sur lequel nous aurons à revenir.
Le système nerveux est représenté par une seule masse ganglionnaire située au-dessous (le l’enveloppe cutanée, entre l’orifice d’entrée et l’orifice de sortie; il en part des filets nerveux (jui se distribuent au manteau, aux viscères et parfois aux organes des sens.
Fig. 477. — Organisation
d’une Ascidie. — sb, sac (juaiul 011 a jui 011 coustator l’existeiice. On
lirancilial ; v, estomac; i, i • ^ i „ i , i.
regarde comme organes visuels des taches
connexion avec le
extrémité de l’intestin; c,
cœur; I, testicules; ca- nigmenlai l’OS (loilt la
nal défiircnt'; o, ovaire : o', i -
œufs mûrs dans la cavité ceiitrc iiervoux 11 a Cependant ete reconnue
viscérale. Les deux petites SallIOS.
tiédies imliipient l’entrée et ^ ^ , rn • • - <
la sortie do l’can par les Lc tiiho (ligcstif (los 4 nuiciers preseiitc
,ici,x .riiiccs .lu (lispositioii piiilicii I icn‘ ; ü cst précédé,
(d a]»res Miliic hduards). * ‘ i '
eu elfet, par une grande cavité on chambre branchiale au fond de latpiellese trouve jilacé l’ouverture de l’œso- [iliage (fig. I/orilice d’entrée de cette chambre est donc com-
mun à l’appareil resiiiratoire et à l’apiiareil digestif, et les aliments traversent cette espèce de vestibule pour arriver à rœso])hage. On regarde en aénéral comme sci’vant a ce passage un sillon ventral, pourvu de cils vibratiles, (|ui aboutit a la bouche; il est formé par un repli dont la saillie extérieure dans la cavili' générale porte le nom {VenfJosliilc. Cependant, chez les Ascidies, d après les observations de Giard, les matières alimentaires suivent une sorte de canal dorsal correspondant à une série de languettes membraneuses
TUNICltUS.
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DESCRIPTIVE
qu’on remarque dans cette région (1 ). F/œso|diage cilié conduit dans une j)ortion plus ou moins élargie, l’estomac; celui-ci est suivi d’un intestin qui, aj)rès s’ètre recourbé sur lui-mème, vient déboucher dans un cloaque (Ascidies), ou dans une partie analogue de la cdiambre respiratoire (Salpes). A ce tube digestif sont annexés des organes sécréteurs, représentés par des follicules hépatiques logés dans l’épaisseur des parois stomacales ou réunis en une masse glandulaire ([ui entoure l’estomac.
Chez tous les Tuniciers le liquide sanguin est mis en mouvement par un organe central d’impnlsion, de forme allongée, tubulaire, situé dans le fond de la cavité viscérale (fig. i77,c). Chacune de ses extrémités se prolonge en un vaisseau qui déhouclie dans un système de lacunes, dont les ramifications forment dans les parois du manteau un réseau vasculaire délicat, et paraissent, comme les vaisseaux sanguins des organes respiratoires, avoir le caractère de vérilahles vaisseaux. Un jibénomène remarquable, découvert par Van llasselt en 18:20, s’observe dans le fonctionnement de cet appareil circulatoire; c’est que la contraction du cœur se fait tantôt dans nn sens, tantôt dans un autre, de sorte que la direction du courant sanguin est alternativement renversée, à des intervalles irréguliers, mais très courts.
La disposition des organes respiratoires présente un intérêt spécial. Nous avons indiqué déjà la position de la chambre branchiale qui précède le tube digestif; les parois en sont ordinairement percées d’ouvertures nombreuses et rangées en séries, de manière à former une sorte de treillis, dont les lames sont garnies de cils vibratileT."Cênx-ci déterminent j)ar leurs mouvements un courant (Ueaii (|ui traverse cette cavité, et renouvelle le liquide en contact avec le réseau membraneux. U’un autre côté, chaque j)artie de cet appareil est creusée d’un canal où circule le sang, et les conditions nécessaires à l’écliange respiratoire sont ainsi réalisées. L’eau qui a servi à la resj)iration passe à travers les fentes branchiales, dans le compartiment désigné sons le nom de cloaque, et est ex|)ulsée par l’orifice de sortie. Cette cage treillisséea été regardée comme correspondant à la couronne tentaculaire des Bryozoaires, dont les tentacules seraient reliés entre eux par des prolongements transversaux, et, au lieu de se déployer à l’extérieur, seraient renfermés dans une cavité formée par une extension de l’enveloppe tégumentaire, mais l’étude du développement a montré que cette chambre branchiale était constituée par la première portion du tube digestif.
(1) Giard, Recherches sur les Syriascidies {Archiv. de Zool. expérimenf . , t. I, p. 525 et siiiv.).
MOLLUSQUES OU MALAC^«®. — MOLLUSCOIDES.
La disposition de l’organe respiratoire présente parfois quelques modifications ; chez les Salpes, la branchie a la forme d’un gros ruban cilié dirigé obliquement de l’orifice buccal à l’orifice œsophagien ; chez les Doliolum, c’est une cloison transversale percée de deux séries latérales de fentes, qui divise en deux parties la cavité branchiale.
Les Tuniciers possèdent les deux modes de reproduction, sexuelle et asexuelle : ces animaux sont hermaphrodites; leurs glandes génitales forment une seule masse, logée près des viscères, dans le fond de la cavité du corps, et sont d’ordinaire pourvues d’un canal excréteur qui débouche dans le cloaque. C’est en généraldans cette cavité que s’opère la fécondation. La multiplication par voie de bourgeonnement est très ré|)andue, et il en résulte la formation de colonies qui oflrent une grande diversité dans la disposition des individus qui les composent. Quand ce mode de reproduction appartient à une forme qui s’intercale d’une façon régulière entre deux générations sexuées dans le cycle évolutif de l’espèce, il se produit une génération alternante. On l’observe chez les Salpes, où elle fut, comme on sait, découverte }iar Cbamisso.
Le développement s’accompagne de métamorphose chez les Ascidies, et présente avec celui de l’Ampbioxus certains points de ressemblance, qui sont devenus l’objet d’études nombreuses et d’appréciations diverses, depuis que Kowalevsky a appelé sur eux l’attention des naturalistes.
Les Tuniciers sont tous marins ; la plupart vivent fixés à l’àge adulte, mais sont libres jiendant la période larvaire. Plusieurs d’entre eux sont })bospborescents, en particulier les Pyrosomes et les Salpes. Ils n’ont' laissé aucune trace sous forme de fossiles dans les couches terrestres. Ils se répartissent en deux ordres : les Ascidiens et les Salpiens.