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ORDRE II. — ÉDENTÉS

Les Édentés ne sont pas toujours dépourvus de dents, comme semblerait l’indiquer ce nom qui leur a été donné par Cuvier, mais leurs dents, quand ils en ont, sont uniformes (Ilomodontes), et le plus souvent les incisives et les canines font défaut. Les molaires sont petites, cylindriques, quelquefois très nombreuses, sans racine ni émail. Les extrémités sont pourvues d’ongles vigoureux et crochus. Ces animaux présentent du reste entre eux d’assez grandes dilTérences, tant au point de vue de leur forme extérieure (jue de leur genre de vie. Les uns se nourrissent d’insectes; ils ont le museau long et pointu, les mâchoires faibles, les pattes courtes, à doigts terminés par des ongles fouisseurs ; souvent leur corps est revêtu d’écailles imbriquées (Pangolin), ou d’une cuirasse osseuse segmentée (Tatou). Les autres se nourrissent de feuilles ; ils ont la tête ronde, le museau court, les pattes antérieures plus longues que les postérieures, et les doigts armés d’ongles puissants dont ils se servent pour grimper; leur corps est couvert d’un poil grossier. Tous ces animaux ont une organisation relativement inférieure; leur cerveau est petit, dépourvu de circonvolutions, et leur intelligence est très bornée. Les Edentés se partagent en plusieurs familles :

LesMYRMÉcopiiAGiDÉs, OU [' om^miVievs {Ml/ rmecopkag a), SC distinguent par leur museau effilé, en forme de tube cylindrique, et terminé par une bouche étroite, dépourvue de dents, saut chez rOryctérope. Leur langue est extrêmement longue, tiliforme, protractile et visqueuse; elle leur sert pour s’emparer des Insectes et

MAMMIFÈIÎKS. — ÉDENTÉS.

DESClUPTIVi:.]

en particulier des Termites dont ils font leur nourriture. Les Tamanoirs {Mijrmecophafia jubata) (fig-. 71i) habitent l’Amérique du

Fig. 714. — Tamanoir [Myrmecophaqa jubata).

Sud. Ils sont caractérisés par une crinière qui, s’étendant le long de la nuque et de l’épine dorsale, se continue par une queue longue et toullue.

Les Tamanduas sont des Fourmiliers grimpeurs également américains, pourvus d’une queue en partie nue et préhensile. Les Oryctéropes (Orycteropus) habitent l’Afrique méridionale où ils sont désignés sous le nom de « Cochons de terre ». Ils ont les mâchoires armées de quelques molaires cylindriques, au nombre de huit en haut et six en bas.

Les Manidés, ou Pangolins (Manis) (fig. 715), manquent de dents comme les Fourmiliers, et se nourrissent comme eux de Termites dont ils s’emparent au moyen de leur langue visqueuse et protrac-

SICAUD. 48

^EUTÉ[)RÉS OU OSTEOZOAIRES. [zoologie

tile, mais ils ont le coi*ps recouvert de grandes écailles imbriquées entre lesiinelles se Irouvent ({nel(|ues poils isolés. Ces animaux ont la faculté de se rouler en boule et de hérisser leurs écailles pour se protéger contre leurs ennemis. On trouve des Pangolins en Afrique et dans l’Inde.

Les Dasypodidés, ou Tatous (Dasypus), sont des animaux à corps lourd, remarquables par la cuirasse composée de plaques osseuses dermiques qui les enveloppe. Les pattes sont courtes, ornées d’ongles fouisseurs qui leur permettent de creuser le sol avec une grande facilité. Les mâchoires sont garnies sur les côtés de petites dents molaires, (pielquefois très nombreuses, 20/24. La langue ressemble àcelle des Fourmiliers, mais elle est moins large et moins protractile. Les Tatous vivent surtout d’insectes; cependant quand la faim les pousse, ils mangent aussi des végétaux. Ils sont nocturnes et se creusent des terriers. Ils habitent l’Amérique du Sud, mais tendent à disparaître.

Fig. 716. - Clilamydopliorc [Chlamydophoriis truncatiis).

Les G. Dasypiis ai'Chlamyâophorus (fig. 710) composent cette famille à laipielle on rapporte aussi le G. fossile Glyplodon, Tatou gigantesque, propre au diluvium des pampas de l’Amériijue du Sud.

D’autres Édentés fossiles de grande taille, appartenant aux mêmes terrains, les MeycUlterinm, Megalouyx, Mylodon, etc., se rangent à côté des Dasypodidés, dans une famille dislincte, celle des Mega- TiiÉFUDÉs, Gravigrades d’Owen.

Les Diiadypidks, Tardigrades ou Paresseux (fig 717), sont remarquables par la lenteur de leurs mouvemeids; jiourtant ces singuliers animaux rappellent uii [leu les Singes par leurs mœurs et leurs habitudes. Ils vivent, en effet, sur les arbres dont ils mangent les feuilles et grimpent avec une certaine agilité, mais sur le sol ils se meuvent péniblement, appuyés sur les coudes, et le ventre traînant

descriptive. I

MAMMIl'EllES. — JIMEM'ÉS.

à terre. Leurs mùclioires portent chacune i ou 5 i>aires de molaires cyliudriciues dont les premières preuneiit (piehiuefois la Ibrme de canines. Les Paresseux sont les seuls Mammileres qui n’aient pas toujours exactement sept vertèbres cervicales ; tantôt ils en ont huit ou neuf, et tantôt seulement six. Leur estomac présente cette particularité qu’il est divisé en quatre cavités distinctes. Leurs mamelles sont au nombre de deux et placées sur la poitrine.

Eig. 717, — Paresseux {Bradypus tridactylus).

Ces animaux habitent les forêts de rAnié^icjufi^inéridionale. Ils forment deux genres ; les Ai {Bradijpus) qui ont trois doigts aux pieds antérieurs ainsi ([u’anx pieds postérieurs, et les Unau {Cholœpus) qui n’ont que deux doigts aux pieds antérieurs.

ORDRE III. — .lUM ENTÉS

Les Jumentés sont des Mammifères ongulés, c’est-à-dire à doigts enveloppés par des onglons ou sabots. Ces doigts sont en nombre impair, cequi a fait désigner aussi ces animaux sous le nomdey^tb’issodaclijles {de Treotaaoç, impair ; (Î;.xtuXoç, doigt); de plus, celui du

VERTÉBRÉS OU OSTÉOZOAIRES.

milieu prend un développement plus grand que les autres qui peuvent même être réduits à l’étal de vestiges (Solipèdes). Leur fémur a sur son bord externe un troisième trochanter, et leur astragale, de forme ordinaire, n’olfre pas à sa face inférieure la poulie qu’on y trouve chez les Uuminants et chez les Porcins. La dentition varie;

Fig. 719. tr. go o/ic.

Fig. 718. — Restauration d’une patte de devant gauche du Palæothevium crassum, vue de face à 1/3 de grandeur. — t, trapèze; tr, trapézoïde; go, grand os; onc, onciformc ; 2m, 3?n, \m, 5m, deu.xiènie, troisicinc, quatrième et cinquième métacarpien; p'.p" ,p"', la première, la deuxième et la troisième phalange (d’après Gaudry).

Fig. 719. — Restauration d’une patte de devant gaucho à’ Anchitheriurn aurebanende, vue de face et du côté interne à 1/5 de grandeur. On a représenté à part la face supérieure du troisième métacarpien. — t, trapèze; tv, trapézoïde; g.o, grand os; onc, onciforme; 2m, 3m, 4?«, 5m, deuxième, troisième, quatrième et cinquième métacarpien; p’, p’’ , p"' , la première, la deuxième et la troisième phalange (d’après Gaudry).

elle est ordinairement comjilète, mais les canines manquent quel- ({uefois (Rhinocéros). Les molaires présentent sur leur surface usée par le frottement des saillies dues aux replis que l’émail forme dans leur intérieur. Les canines sont séparées des molaires par un intervalle nommé diaslème et vulgairement barre. Cei ordre correspond à une partie des Pachydermes de Cuvier. Il comprend, outre les Solipèdes caractérisés par Pexistence d’un seul doigt et d’un seul sahot à chaque pied, les Pachydermes à pieds non fourchus, dont la parenté avec les premiers a été mise en évidence par la découverte d’un certain nombre de formes fossiles intermédiaires, telles que les Palœothermm, AncJiiterium,lIippario)i (tig. 718-)21). C’est pourquoi on les réunit aujourd’hui dans un même ordre qui se

MAMMIFÈRES. — JUMENTÉS.

DESCRIPTIVE

Iroiive ainsi composé de trois ramilles : les Rhinoréridés, les Tapiridés et les Équidés auxquelles apparlieiiiieut les formes actuellement existantes, et aux([iielles s’ajoutent les groupes éteints des Lophiodontes et des Palœotliéridés.

Fie. 720.

Fig. /20. l’alle de devant gauche d’Hipparion gracile, vue de face et du côté interne .1 1/5 de grjuuieiir. On a rcprtîscnté à part la face du troisième métacarpien. — trapèze ; tr, trapézoïde; g.o, grand os; onc, onciforme; 2jn, 3m, 4m, 5m, denxicine, troisième, qu.itrième et cinquiènie niétacar|iien ; p',p",p'", la première, la deuxième et la troisième phalange (d’après Gaudry).

Fig. 721. Patte de devant gauche d’un Cheval, vue de face et sur le coté interne, à l/'5 de ^ représenté a [lart la face supérieure du troisième métacarpien. — tr, trapezoï c, g.o, graml os; onc, onciforme; 2m, 3m, 4m, deuxième, troisième et quatrième

metacaipien; p , p' , p'" , la première, la deuxième et la troisième phalange (d’après Gaudry).

Les PviiiNocERiDEs (R/iinoceros) sont des animaux de grande taille, aux formes lourdes et massives, qui portent sur les os du nez une ou deux cornes de structure fibreuse et de nature épidermique. Leurs membres sont courts et terminés par trois doigts à cbaque pied. Leur dentition se distingue par l’absence de canines :

Leur corps est recouvert d’une peau dure, très épaisse et dépour-

VEIITÉIJRÉS OU OSTÉOZOAIllES. (zoologie

vue de poils, fpii forme cuirasse et est traversée parfois en quelques endroits de plis profonds.

Aujourd’hui on ne trouve des Rhinocéros qu’en Asie et en Afrique, lîsappartiennent à un seul genre qui comprend plusieurs espèces dont les unes ont deux cornes et les autres une corne unique. On trouve des restes fossiles de formes disparues dans les terrains tertiaires : Rfi. incisivus, Rh. ticliorhymis, Rli. leplorliyuns.

Les Tapiridés (lapiriis) sont caractérisés par la petite trompe mobile qui prolonge leur nez et leur sert d’organe tactile. Ils ont trois doigts aux membres postérieurs et quatre aux membres antérieurs, mais ceux-ci présentent néanmoins le type périssodactyle par la prédominance du troisième doigt. Leur dentition est la suivante :

l rp c -r, pm r>’ m ry-

On connaît trois espèces de Tapirs dont deux habitent rAméri([ue et la troisième l’Inde et les îles voisines. Celle-ci, le Tapir à dos blanc (Tapirus i ndiciis) , (ul décnle par Cuvier en 1819. Des espèces américaines, l’une est répandue dans les forêts de l’Amériijue du Sud {T. americaniis), l’autre vit dans les régions des Cordillères {T. villosiis).

Les Équidés (Equiis) avaient reçu le nom de « Solipèdes » parce que les espèces qui vivent de nos jours ont les extrémités terminées par un doigt unique; mais on a découvert dans les couches tertiaires des formes éteintes à jiieds tridactyles (|ui rattachent nettement ces animaux aux multiongulés périssodactyles. C’est la souche d’où dérivent les Équidés actuels à un seul sabot, chez lesquels les deuxième et quatrième doigts ne sont jilus l’epréseiités que parles restes des métatarsiens correspondants (fig. 7:21).

Leur dentition comprend les trois sortes de dents:

Les canines sont petites et mam|uent souvent chez les femelles. Les molaires ont une couronne cariée mai'(|uée de cim[ croissants d’émail; elles élaient au nombre de 7 chez les Chevaux fossiles; chez les Chevaux actuels cette septième molaire se montre dans la première dentition et persiste même quehjuefois. On nomme barres les espaces vides qui séparentles canines des molaires et (|ui servent à passer le mors. Ce sont des animaux herhivoi*es dont l’estomac est petit et simple, mais dont le cæcum est remarquable par ses grandes dimensions; Toritice cardiaque est muni chez eux d’un sphincter qui rend le vomissement impossible. Par leur conforma-

MAMMIFÈUES. — JUMENTÉS.

DESCRIPTIVE

lion, les Équidés sont essenlielleiiient propres ù la course; ils vivent en Iroiipes sous la conduite d’un luàle.

Les tbrines fossiles à pieds tridactyles rangées dans celte famille constituent deux genres : l’iin, VAnchilheriam, appartient à l’éocène; l’autre, Vliipparion, se trouve dans le miocène et le pliocène. Les espèces actuelles forment un seul genre, Eqiius, qui apparaît dans les couches tertiaires supérieures et dans le diluvium.

Ces espèces sont les suivantes;

Le Cheval (Ë. cabalas), originaire de connaît f[u’à l’état domestique ; on trouve,

l’Asie centrale. On ne le cà la vérité, dans certaines

Fio. 72'2. — Tiu-pan.

contrées des Chevaux vivant en liberté, mais qui paraissent être les descendants de Chevaux domestiques redevenus libres, plutôt que de véritables Chevaux sauvages. Tels senties vdarpans» (fig.722)et les «Chevaux des steppes», en Asie; les « Khumrahs» en Afrique; les « Mustangs » dans l’Amérique du Sud, et, dans nos pays, les Chevaux camargues et les Chevaux des dunes de Gascogne.

Les races de Chevaux sont extrêmement nombreuses, et l’on sait à quel point on est arrivé par la sélection artificielle à développer les qualités spéciales de certaines d’entre elles.

L’x\ne (E. asinus) est caractérisé par des oreilles longues, une crinière courte et droite, une queue ne portant des crins qii’àl’ex-

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