I. — ORGANES DE LA VIE ANIMALE
Le corps est en rapport par sa surface avec le milieu qui l’entoure : c’est par elle qu’il reçoit les impressions venues du dehors. Quand il est constitué simplement par du protoplasma, une portion quelconque de cette masse homogène peut venir à la surface tou-
STÎU'GTUIIE ET EONCTIONS DES ORGANES.
[ZOULOGE
jours l’orniéo par une coiiclie de substance ([iie ne distingue aucun caractère particulier; mais dans l)eaucoup d’organismes inférieurs on voit déjà celle couche externe présenter des modifications qui la ililïërencient du contenu placé à rintérieur. Elle représente alors la forme la jilus simple de l’enveloppe tégumenlaire, telle qu’on peut l’observer dans certains animaux monôcellulaires : c’est cette couche périphérique qu’on appelle membrane cellulaire quand elle se montre distincte dans la cellule. Les léguments se compliquent en même temps que le corps lui-méme, qui n’offre (|ue rarement un pareil degré de simplicité. On les trouve formés par des épithéliums (Cœlentérés) ou par des épithéliums et du tissu conjonctif; |)uis on voit du tissu musculaire, des nerfs... entrer dans leur composition et, dans les animaux supérieurs, la peau se présente comme un organe de structure complexe.
Souvent les cellules épithéliales, ou des glandes monocellulaires <[ui en dérivent, produisent par sécrétion des parties solides qui contiennent des matières calcaires en quantité plus ou moins grande, et (pii jouent un rijle important comme organes de protection ou de soutien. Telles sont les coquilles des Mollusques et ces formations tégunientaires, dures et résistantes, qu’on observe chez les Articulés et qui constituent leur squelette dermique.
La locomotion, cette fonction qui caractérise à un si haut degré la vie animale, n’est produite dans les conditions les plus simjiles que
})ar la contractilité du protoplasma; le mouvement résulte des changements de forme que le corps éprouve par suite de cette contractilité. D’autres fois la matière sarcodique projette des expansions ou des lilameiits nommés Pseudopodes qui servent à faire mouvoir ranimai en se fixant par leur extrémité et en se contractant ensuite de façon à Fie. 33. — Koipoda parvi- rapprocher le corps du jioint où ils sont atta-
Of bouche; u, imclcus ; cll(3S (lullZOpodCS) . LjCS plCUllClS clc
V, c, vésicule contractile jocomotioii iiui SC moiilrcnt, par suite d’une
(Claj)arede et Lacliinann). ^
(lilTércnciatioii })lus avancée, sont les cils vihraliles dowi les mouvements rapides déterminent le déjilacementde l’animal (tig.dd). Ils sont très répandus chez les animaux inférieurs, occupant tantôt toute la surface du corps (Turbellariés), tantôt seulement une partie de celle surface (Rotateurs, beaucoup d’infusoires). Souvent on observe la présence de cils vibraliles pendant les premières phases de développement, tandis ({u’ils disparaissent ensuite (Cœlentérés, la plupart des \ ers et des Mollusques).
CÉNKKALK.I ORGANES DE LA VIE ANIMALE. i7
Cliez les ailiniau.v d’une organisation plus élevée, on voit apj»araitre réléinent"essentieltement moteur, c’est-à-dire le tissu musculaire. Il se montre d’abord en connexion intime avec la pean, Ibrinant ainsi au corps une enveloppe musculo-dermique ([ni, [(aides mouvements alternatifs de contraction et de dilatation, amène la progression de ranimai (Vers). Les fibres musculaires aHectent des dispositions variables et donnent parfois naissance à des organes particuliers ; ainsi, chez certains Vers (llirudinées, Trématodes), elles forment par places des ventouses composéesde faisceaux annu-
Fig. 3L Eig. 35.
Fig. 31. — Ventouses {Vontobdella verrucosa) (Mo(iuiii-TaiKlon, Monogr. des hirudinées).
— a, ventouse orale; v, ventouse anale.
Fig. 35. — Membres d’un Articulé. — Carabe.
laires OU rayonnants (lig. ÎU); chez les Mollusques gastéropodes, elles se réunissent à la face inférieure du corps où elles constituent un organe qui sert essentiellement à la locomotion et qui est connu sous le nom de pied. Dans les organismes pourvus de parties solides comme pièces de soutien et composés de segments placés à la suite les uns des autres, on trouve des groupes de muscles similaires correspondant à chacun de ces métamères (Articulés, Vertébrés). Les parties solides appartiennent à un squelette épidermique extérieur ou à une charpente osseuse placée à l’intérieur du corps : squelette intérieur des Vertébrés. La locomotion résulte alors de la mobilité des segments ou anneaux les nus par rapport aux autres, tant qu’il ne se produit pas un état supérieur de perfeclionnement mar([ué par la formation d’appendices affectés d’une façon spéciale au
3TUCCTUUE ET E03XT10NS DES OliGANES.
[zOOI-Of.lF.
inouvLMiiciil : ce sont les metuhrcs. Ceux-ci se
FlO. 3G. — Sqiiclcllc iimnaiii. — o, os froiilal ; b, os |)ariotal; c, orbite ; d, os loiii()Oral ; c, mâchoire inbM'iciiro ; f, vertèbres cervicales ; (j, otiio|ilate ; h , clavicnle ; i, liimiènis ; A', verli-bres loml)aires ; l, os iliaqae ; m, cnliitos ; n, radius; O, os du carpe ; p, os du iiuUf.carpe ; q, phalanges ; r, l'ciiiur ; s, rotule ; /.tibia; M, péroné; r, tarse; t, métatarse; )/. phalanges.
préseiiteiil traltonl comme de simples proloiiiiemeiits de reiiveloj)|)e miisculo-dermitjue auxquels Huxley a donné le nom tle 7V//Y/p 0(1 es (Annélides) ; mais sous celle l'oiine ils ne peiivenl te mouvoir par euxmêmes el n’a^issent comme organes locomoleurs que par le mouvement des anneaux qui les portenl. Les membres P r O P r e m eut d i l s composés de pièces mobiles et arliculées oui pour point d’appui le squelette externe dans les Art h r o p o d e s (fig. 30) el le squelette intérieur dans les Vertébrés (tig.
3()); ils rejirésenlent des leviers qui sont mus par les muscles auxquels ils donnent attache et réalisent ainsi le mode de locomotion le plus partait.
On sait (jue la sensibilité est, comme la contractilité, une propriété de la matière vivante; chez les animauxles |»lus simples elle n’est
générale] organes de LA VIE ANIMALE.
localisée dans aucune partie déterminée du corps, mais dans les organismes pins élevés, elle a pour siège le système nerveux qui apparaît par différenciation de la substance fondamentale. Il semble y avoir des degrés dans cette dilTérenciatioii qui, d après les observations de Kleinenberg (1), se montre incomplètement réalisée dans les cellules dont se compose le revêlement externe de l’hydre d’eau douce. Ces cellules sont munies de prolongements musculaires, tandis qu’elles-mêmes sont dépourvues de contractilité et ont pour rôle de recevoir les excitations venues du dehors pour les transmettre à la partie contractile. Le même élément est donc nerveux dans une de ses parties, musculaire dans l’autre, d’où le nom de neuromusculaires donné par Kleinenberg aux cellules de cette sorte.
Le système nerveux à l’état le plus simple est représenté par une partie centrale composée de cellules, ou. ganglion, d’où par tent des fdaments, fibres nerveuses, qui vont à la périphérie du corps (Bryozoaires). Les différentes formes de ce système dans ses complications ultérieures résultent de l’union d’un certain nombre de ganglions reliés suivant une disposition déterminée. Dans les Radiaires, cette disposition est rayonnée, comme le corps lui-même de l’animal, et à chacun des rayons correspond un centre nerveux; ces centres sont unis par des commissures formant un anneau nerveux qui entoure la bouche fig. 37).
La disposition est bilatérale chez les animaux qui sont constitués suivant ce type; une paire de ganglions placés sur les côtés ou audessus de l’œsophage, et émettant des nerfs dans différentes directions, voilà à quoi se réduit ce système chez certains des animaux les plus inférieurs (Turbellariés, Rotateurs); mais le plus souvent ces ganglions, dits sus-œsophagiens, sont unis par des cordons latéraux à une seconde masse ganglionnaire placée au-dessous de l’œsophage (ganglions sous-œsophagiens), et cet ensemble constitue autour de cet organe un collier nerveux auquel on donne le nom iVanneau œsophagien (Mollusques, Articulés) (fig. 38 et 39). De ces
Fig. 37. — Système nerveux d’un Uaduiire (Echmus). — fi, œsophage coupe en travers; b, fond de la cavité buccale; c, c, bandelettes qui lient ensemble les extrémités des pyramides de l’appareil masticateur; d, commissures nerveuses formant autour de l’œsophage un anneau pentagonal ; e, troncs nerveux rayonnants (Krohn).
(1) Kleinenberg, Hyclra, Eine anatomisch-entwickelungsgeschichtliche üntersuchung. Leipzig, 1872.
50 STRUCTURE ET FONCTIONS DES ORGANES. [zoologie
ganglions partent dilîérents nerfs, et ceux qui sont destinés aux organes des sens ont leur origine dans les ganglions supérieurs, qui pour ce motif sont aussi appelés cérébi^oidcs.
Parfois, outre ces ganglions qui appartiennent au collier œsophagien, il n’en existe qu’une seule paire située en arrière (Mollus(|ues acéphales, fig. 38) mais quand le corps des animaux est composé de métamères, le nombre des ganglions augmente, car il y en a alors une paire pour chaijue segment. Ces ganglions, placés dans la région ventrale et reliés entre eux par des connectifs, constituent la double chaîne ganglionnaire abdominale qui caractérise le système nerveux des Annélides et des Arthropodes (fig. 30). Les deux troncs longitudinaux dont se compose cette chaîne se présentent dans
Fu;. oü.
Fig. 38. — Système nerveux d’un Mollusque (Anodonle). — a, ganglions œsophagiens supérieurs ou cdrébroïdes ; b, ganglions œsophagiens inférieurs ou pédieux ; c, ganglions branchiaux ou viscéraux (Gegenbaur).
Fig. 39. — Système nerveux d’un Articulé (Talitre). — j, antenne;/, antenne interne ; œ, yeux ; S', ganglions sus-œsophagiens ; S*, ganglions sous-œsophagions ; S', onzième paire de ganglions; s', cordons latéraux qui embrassent l’œsophage et unissent les ganglions cérébroïdes aux ganglions sous-œsophagiens, formant ainsi Van7ieau œsophagien ; s-, seconds cordons interganglionnaires. •
certains cas écartés l’iiu de l’autre (Malacohdelles), mais le plus souvent ils sont rapprochés sur la ligne médiane et plus ou moins confondus en un seul. Il se produit en outre des différenciations, résultant d’une concentration plus ou moins grande de ces ganglions qui se fusionnent entre eux comme les métamères auxquels ils ap-