RHIZOPODES
Le corps des Rbizopodes est formé de sarcode libre, sans membrane; il a la propriété d’émettre des expansions de forme variée, le plus souvent filamenteuses, ou pseudopodes, qui servent à la locomotion et à la préhension des aliments; toutes les parties de la substance constituante peuvent entrer tour à tour dans la composition de ces prolongements contractiles, où l’on n’observe aucune diflérenciation; on y voit seulement les mêmes granulations qui se trouvent en grand nombre dans le protoplasma, et qui se dé[»lacent en formant des courants réguliers. On rencontre quelquefois de petites cavités ou vésicules contractiles remplies de liquide ; souvent le corps est enveloppé d’une cmiuille calcaire sécrétée à la surface (Forarninifères); d’autres fois il renferme à l’intérieur une sphère membraneuse ou capsule centrale, et il est poui*vu de pièces siliceuses qui forment une sorte de charpente solide (Radiolaires).
La classification des Rbizopodes présente beaucoup d’incertitude, à cause des caractères peu tranchés de leur organisation qui comprend une série d’intermédiaires, rattachant les dillérentes formes qu’on y observe.
PROTÉENS.
DESCRIPTIVE
On peut néanmoins les diviser en trois ordres :
I. Animaux amiboïdes, ordinairement pourvus d’une ou de plusieurs vésicules contractiles, à pseudopodes souvent en Cormes d’expansions larges, digitées : Protéens.
II. Animaux sans vésicules coniractiles , renfermés dans une coquille généralement calcaire, ([uelqnefois membraneuse: Foraminifères.
III. Animaux sans vésicules contractiles, pourvus d’une capsule centrale et le plus souvent d’un squelette siliceux, à disposilion radiaire : Radiolaires.
ORDRE I. — PROTÉENS
Les Protéens sont des animaux dont le corps sarcodique est généralement nu et caractérisé par la présence d’une ou de plusieurs vésicules pulsatiles. Parfois, ils sont entourés d’une coque soit flexible (Pseiidochlamys), soit solide (Arcella), et dans certains cas formée par des matières étrangères agglutinées (Difflugia).
Les Protéens se divisent en deux familles : les Amibiens et les Actinopbryens qni se distinguent par la nature de leurs pseudopodes. « Les pseudopodes des Amibiens sont de larges expansions à apparence sarcodique, qui paraissent ne jamais pouvoir se souder les unes avec les autres, sauf dans les cas de conjugaison de plusieurs individus, et qui ne montrent jamais à leur surface la circulation de granules qui est si caractéristique pour les autres Pbizopodes. Ces animaux rampent ou marcbent sur leurs expansions élargies. Les Actinopbryens ont au contraire des pseudopodes minces, effilés, souvent bifurqués, qui sont susceptibles de se souder les uns aux autres, comme chez les Foraminifères et les Gromides, bien que les soudures se montrent chez eux sur une moins grande échelle que chez ces derniers. Les Actinopbryens ne progressent point en rampant sur une expansion élargie, mais ils reposent sur la pointe de leurs pseudopodes et se meuvent lentement à l’aide de ces extrémités. » (Clap. et Lacbm.) (I).
Ici se placent les formes les plus simples, réunies par Ilaeckel sous le nom de Monères, et constituées par du protoplasma homogène sans nucléus différencié, comme les Protamœba dont il a été question dans un précédent chapitre. L’une des plus remarquables est le Balhybius Haeckelii, découvert, par Huxley en 18(38,
dans le limon tiré des profondeurs de la mer et qui consiste en un réseau de substance sarcodique (fig. 1) présentant des mouvements
(1) Claparède et Lachmann, loc. cit., p. 419.
Fio. 80. — Évolution de la Protomyxa aurantiaca . — Les figures 11 et 12 représentent la Monère complètement développée. Quand la Protomyxa a faim, elle émet des pseudopodes ramifiés mais non anastomosés entre eux (tig. 11). Qii.ind elle mange, ces pseudopodes s’anastomosent et forment un réseau changeant rpii enlace les corpuscules tels que Diato-
r.mzopooKS. — protRens.
|Z. DESCRIPTIVE
ai)iil)oï(les. Une aiilre Moiièrc des plus intéressantes, observée par llaeckel aux îles Canaries (18(37) et nouiuiée par lui Protomyxa
(/. Vë^MOSCKEN SC.
Eig. 81. — Aiiübe. — Amœba diffluens, remplie de griumles, vue sous diverses formes (A.B.O.D) successivement présentées pendant un quart d’iieurc, grossie 400 fois iCli- Robin, Anatomie et physiologie cellulaires).
aurantiaca , est repi'éseiilée tians la figure 80 qui montre cet organisme élémentaire aux différentes phases de sa vie.
A.aiibiens. — Parmi les Amibiens, nous citerons : les Amibes
Fig. 82.
Fig. 83.
Fig. 82. — Poilostoma füigerum. — n, nuclcus; vc, vésicule contractile (d’après Clapa’cde, Infusoires).
Fig. 83. — Arcella vulgaris.
(G. Amœba) à corps nu, remarquables par l’instabilité de leui- forme ipie l’on voit se modifier à chaque instant, quand on les observe au
niées, Intusoircs,... deslinés à la nutrition de l’animal, et qui llnisscnt par pénétrer dans le corps même de la .Monère (fig. 12). Quand celle ci n’a plus faim, elle rétracte scs pseudojiodcs et prend la forme S[>liérüïHalc (lig. 15 et 16). Dans cet état de repos, la Protomyxa sécrète une membrane externe amorphe (fig. 2) et se segmente ensuite en un grand nombre de petites spliérules (lig. 3). Bientôt ces spliérulcs commencent à se mouvoir; elles deviennent piriformes (fig. 4), s’échappent de l'enveloppe commune, et nagent dans la mer a l’aide d’un flagellum (fig. 5). Elles se comportent alors comme des amibes et rampent sur les pelits corps qu’elles rencontrent à l’aide de prolongements polymorphe (fig. 6, 7 et 8); elles absorbent de la nourriture (fig. 9 et 10) et augmentent de volume, soit par simple croissance, soit en se fnsioannnt les unes avec les autres (fig. 13 et 11). Elles revêtent ainsi la forme atlnltc (il’après llaeckel).
142 PROTOZOAIRES. — I. RIIIZOPODES. |zoülûgie
microscope (fig-. 81); ou en rencontre dans l’eau de mer, dans l’eau douce et à la surface du sol (A. lerricola) \ les Podosto}na qui ont deux sortes de pseudopodes, les uns larges, servant à la locomotion, les autres en forme de fouet, servant à la préhension des corpuscules alinieutaires (P. fiiigerum) (fig. 82); les Petalopus, dont les pseudopodes ne partent que d’un seul point de la surface du corps et s’étalent à leur extrémité en expansions minces, {P. dif/hiens)\ les Pseudochlamijs, dont la région dorsale est revêtue d’un bouclier mol et flexible ; les à coque solide (A. vulgaris) (fig. 83);
les Dif/lugia, à coque incrustée de matières étrangères.
AcTiNOPiiiiYENS. — Ces animaux réunis par Job. Millier aux Amibiens sous le nom d’Infusoires-Rliizopodes, à cause de l’existence
Fig. 84.
fiG. 84. — Actinophrys tenuipes (Clap. et Lachm). Fig. 85. — Urnula epislylidis (Clap. et Laclmi).
d’une vésicule contractile, présentent néanmoins beaucoup d’affinité avec les formes du groupe des Radiolaires , dans lequel ils sont })lacés par certains naturalistes.
(( Les Actinophrys, disent Claparède et Lacbmann, semblent tendre la main d’une part aux Acantbomètres, aux Polycystines, aux Polytbalames, aux Gromies (Radiolaires) et d’autre part aux Rliizopodes amibiens (1). » On comprend donc qu’on puisse les ranger soit avec les premiers soit avec les seconds.
Parmi les Actinojibryens, il y en a qui sont nus; tels sont les AcO'nophrgSj dont le corps peut émettre des pseudopodes par tous les points de sa surface (A. sol, A. tenuipes) (fig. 84). D’autres ont une coque, incrustée de substances étrangères dans les Pleiirophnjs,
(1) Claparède et Laclimann., loc- cit., p. 419.