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CLASSE. — INFUSOIRES

Ce nom a été donné aux petits organismes observés pour la première fois à la fin du dix-septième siècle par Leeuwenboek et qui se trouvent en abondance dans des infusions, c’est-à-dire dans de l’eau où séjournent des matières animales ou végétales. Depuis, ces êtres microscopiques ont été l’objet d’un grand nombre de travaux dont les plus importants sont dus àO.-F. Müller, Ehrenberg, Dujardin, Stein, Claparède et Lacbmann, Balbiaiii.

Au début, on rangeait parmi les Infusoires tous les animalcules que le microscope faisait découvrir dans les eaux stagnantes, mais on a reconnu depuis que certains d’entre eux devaient en être séparés, pour prendre place dans divers groupes dont ils se rapprochent par les caractères de leur organisation; ainsi, les Anguillules appartiennent aux Nématoïdes, les Rotifères forment une classe particulière de Vers. En outre, un grand nombre de formes, regardées d’abord comme étant des Infusoires, ne sont autre chose que des végétaux inférieurs, ou des germes de Cryptogames (Zoospores). Aujourd’hui même on est loin d’être d’accord sur les limites qu’il convient d’assigner à cette classe, dans laquelle les uns font rentrer toute une catégorie d’êtres qui en sont exclus par les autres (les Flagellés et les Cilio-Flagellés).

Il y a aussi divergence d’opinions sur le mode de constitution de ces petits animaux. Ehrenberg, que Claparède et Lacbmann appellent le Linné des Infusoires, leur attribuait une organisation des plus compliquées. Dujardin s’éleva contre cette manière de voir; il s’attacha à démontrer que leur corps est uniquement formé par une masse homogène de sarcode et, après lui, von Siebold, Kolliker ont aussi soutenu qu’il consiste en une simple cellule. Cepenilant l’hypothèse de l’unicellularité a été combattue depuis par Claparède et Lacbmann, Stein, Balbiani, et, en effet, les dirterenciations que présentent certains de ces organismes paraissent indiquer dans bien des cas une composition multicellulaire.

Le corps est limité par une membrane mince, sans structure, et nommée cuticule par Colin, qui en a démontré l’existence. Il y a des Infusoires qui possèdent une carapace de consistance variable

PROTOZOAIRES. — II. INl-TSOIRKS.

[zoologie

{EuploteSy Coleps)’,sou\enl celle-ci n’adlièrepas au corpset constitue alors une sorte d’étui ou de fourreau qui protège l’animal (fig.91). On rencontre de nombreuses formes qui sont fixées, les unes sessiles, les autres portées par des pédoncules dont l’axe est souvent occupé

Fig. 92.

Fig. 91. — Tintinnus inquilinus. Animal et coque (Claparède et Lachmanii, pl. Vlll). Fig. 92. — Carchesium Epistylis (Claparède et Lachmanii, pl. I).

Fig. 93. — Epistylis invagmata (Claparède et Lachmann, pl. I).

n, nucléus, o, bouche; vc, ve'sicule contractile; o', entrée du vestibule.

par un cordon contractile (Vorticelles) (fig. 92); cependant, ces mêmes formes se montrent par moments à l’état de liberté (fig. 93).

Les appendices dont les Infusoires sont pourvus consistent le plus ordinairement en cils vibratiles répandus sur toute la surface, ou limités à certaines régions du corps. Ces cils ne sont pas de simples productions cuticulaires, mais sont formés jiar des prolongements

INFÜSOIUES.

DESCIUPTIYE ]

de la substance protoplasmatiqiie interne, qui traversent la couche corticale (Kolliker); souvent on trouve des cils plus développés que les autres ou des cirres, principalement autour de la bouche dans laquelle ils amènent des particules nutritives par l’effet de tourbillons que leurs mouvements produisent dans l’eau. Certains appendices servent spécialement à la locomotion, ainsi les pieds-crochets ou \Vieds-mardieiirs des Stylony chia, desEuplotes, des Aspidisca... (fig. 94); il y en a d’autres, rigides et fins, nommés soies, dont l’existence paraît être liée à la propriété d’exécuter des sauts chez les animaux qui en sont pourvus.

Suivant la manière dont ces différents appendices sont répartis

Fig. 94. — Aspidisca turrita, vu de face; le môme, vu de profil (Claparède el Lachmami, pl. VII, fig. Il et 12).

Fig. 95. — Infus. flagellé. Prorocentrum micans (Ehrenberg, Inf., p. 44. Claparède, pl.V, et Laclimann, pl. XX).

Fig. 96. — Podophrya elongata (Claparède et Laclimann, pl. XXI, fig. II).

n, nucléus; o, bouche; vc, vésicule contractile.

chez les Infusoires ciliés, Stein a classé ceux-ci en quatre groupes ou sous-ordres :

Holotriches, dont le corps est uniformément recouvert de cils sur toute sa surface ;

Hétérotriches, dont le corps est garni de cils comme celui des Holotriches et dont la bouche est entourée par une couronne de cirres;

Hypotriches, dont le corps est nu sur la face dorsale et muni de cils ou de cirres sur la face ventrale ;

Périti'iches, dont le corps, généralement nu ou portant des cils en ceinture, présente des cirres buccaux rangés en spirale.

Enfin, certains Infusoires sont caractérisés par la présence d’un ou de plusieurs longs filaments contractiles en forme de fouet et

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