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CHAPITRE V

DES STR0NGLË9.

Le g.erire Strongle (Strongyluè) (4) a été fondé, en 1788, par Othon-Frédéric Millier, dans sa Zoolegie danoi9e.

Les caractères des Strongles sont les suivants : Corps allongé, cylindrique, atténué postérieurement; bouche à six nodules ; queue

(i) ÏT&oyj'vXoç, cylimlrique.

simple chez la femelle et terminée chez le mate par une cupule au milieu âe laquelle se trouvent les spicules.

Lamarck regarde ces entozoaires comme les plus éievés en oi^aiiisation.

Le type du genre était l'espèce particulière au cheval (1).

*" Le Stbongle rénal (1) est connu depuis longtemps. Gmelin l'a considéré comme une Ascaride et en a fait deux espèces. Itudolphi reconnut que ce parasite appartenait au genre Slrongle de Mûller. Collet-Maigret a voulu remplacer cette dénomination par celle de IHoelophyTiie. Personne n'a adopté ce changement.

Description. — Le Str ongle rénal {ùg. 107) est long de (5 à 80 centimètres; on dit même qu'il peut arriver jusqu'à un mètre. Son épaisseur est celle d'une grosse plume; elle atteint, dans certaines circonstances, le calibre du petit doigt. Cuvier le regarde comme le plus volumineux de tous les Intestinaux connus. C'est, en effet, le géant des Entozoaires cylindriques. Bremser parle d'un Strongle de fouine long de 80 centimètres : probablement c'était une espèce différente. Nais si les reins de ce petit mammifère peuvent nourrir des vers de ce volume, il n'y aurait rien de surprenant à en trouver d'un mètre de long dans notre propre espèce !

Le corps du Slrongk rénal est cylindrique, & peine atténué en avant et en arrière, lisse, faiblement annelé (Bremser assure n'avoir pas observé d'anneaux). Pendant l'état de vie il offre une couleur rougeâtre, rosée ou rouge de brique, plus ou moins foncée. 11 y en a même d'un rouge de sang ; mais cette teinte s'efface bieutèl quand on met l'animal dans l'alcool.

Fig. fOI. — Slroiiufe.

(1) Slronn'i'iKfiilnuMuU. (SCf. arnultuRud.).

(t) Slnyanl"* rtaalii (Aiaini nnalit et vUctralii Gmcl., Slrongylut tigat Rad,, EiiMnmnr'K' S^fu Diu.), mlpJrsinenl Ver i» rein, lomirie r/nal. Lombric

330 ENT0ZOAIRE6 HEUimTBE.S.

Le Slroiinle mwl n'a point de renflement ci'^idialiquc. Son eiL-

trémilé antérievire (fig. 'lOS, a) eU obtuse cl comme trcoquée,

La bouche se voit au milieu ; elle est circulaire et entourée de

six petits nodules disposés en ro-

I sette.

I Le tube digestif est droit et plus I ou moins ridé Iransversalement. De I nombreux filaments l'unissent au I plan musculaire sous-cutané . L'anus I est situé au bout de la queue.

un nerf unique, très blanc, qui s e-

lend le long du ventre, depuis l'extrémité antérieure jusqu'il celle

de la queue, et qui offre dans son trajet plusieurs ganglions, d'où

naissent une foule de lîlets qui se distribuent aux parties environ-

Le Strongla réttal est unisexué. Les mâles ((ig. 107) sont plus petits que les femelles. La partie dilatée de leur extrémité caudale (Og. 1 08, b) est en forme de ventouse {bouru, Rudolpbi), à bords entiers (sans rayons et sans lîlameDts). On voit au milieu une vésicule renQée d'où sortent deux spicules longs, filifomies, en forme de soles roides el pointues. Lamarck désigne le spicule principal sous le nom de itylet, et appelle la vésicule bourse sj^istyli/ère.

La femelle est sans dilatation caudale ; elle a une queue simplement obtuse et très légèrement recourbée. Son orifice génital se trouve placé en avant du milieu de la longueur du corps. L'ovaire est simple, en forme de tube, el d'une loi^eur excessive. On a calculé ([u'il offrait trois on quatre fois l'étendue de tout le coqis. 11 communique, d'une part, avec l'orifice dont il vient d'être question, et, par son extrémité opposée, d'après Cuvier, avec l'orilice anal. Pourquoi ces deux orifices?

On n'a pas vu ces animaux s'accuipler, mais on a observé la copulation de quelques espèces voisines. Dans cet acte, la ventouse masculine s'étale fortement et s'applique contre le corps de la femelle. L'adhérence des deux sexes parait. assez forte.

3" Autre espèce. — H. Diesing a décrit une autre espèce, sous le nom de Sirongle à longue gaine (<).

(1) Stnmitltu lonin'iiginiiltM DIh.

(*J a, eilrimiij céphiliipw, moni

STRONGLES. 334

Celle-ci aTait été trouvée, en 4 845, en Transylvanie, par le docteur Jovisits.

Le corps de cette espèce est presque égal, droit, d'un blanc brunâtre. L'extrémité céphalique est conique et tronquée. La bouche présente de quatre à six nodules.

Le mâle est long de 6 à 8 millimètres et épais de 0"'^, 4 5 ; il est légèrement atténué en avant ; sa queue parait réfléchie ; elle olTre une bourse ôubcampanulée, bilobée, chaque lobe pourvu de trois rayons. Il n'existe qu'un seul spicule filiforme; son fourreau se compose de deux parties très longues, linéaires, finement striées en travers et de couleur orangée.

La femelle est longue de 55 millimètres et épaisse de un ; elle est atténuée en avant et en arrière.- Sa queue paraît mucronée. L'orifice génital de cette dernière est placé au-dessous du sommet de sa queue.

Le Strongle a longue gaine est ovovivipare.

Les différences qui se trouvent entre cjette espèce et le Strongle rénal sont assez grandes. Aussi M. Diesing n'hésite pas à faire de ces vers deux genres séparés : le premier, Eustrangylus, comprend le Strongle rénal; le second, Strongylus, s'applique au Strongle à longue gaine. Ces deux genres se distinguent principalement par la bourse masculine entière, avec deux spicules nus dans le premier, et par. la bourse lobée, avec un spicule à fourreau bipartit dans le second.

3** Action sur l'homme. — Le Strongle rénal se trouve dans le rein, ainsi que son nom l'indique. On le rencontre aussi dans le tissu cellulaire périphrénétique, et peut-être encore au milieu des muscles placés dans le voisinage.

n est quelquefois expulsé avec l'urine, mais c'est seulement pendant sa jeunesse. Bremser a figuré de petits vers filiformes, longs de 42 à 45 millimètres, qui avaient été expulsés avec les urines. 11 suppose, avec raison, que ce sont des Strongles incomplètement développés.

Le docteur Artaud a soigné une femme qui rendit onze de ces vers par l'urèthre, et qui cependant n'en mourut pas.

Le Strongle dont il s'agit se montre souvent dans un rein , l'autre restant intact. Il grossit, replié sur lui-même ; il fait gonfler l'organe, l'enflamme, détruit peu à peu son parenchyme, et paralyse sa fonction, causant des douleurs souvent atroces.

Le Strongle à longue gaine a été observé dans le poumon d'un enfant de six ans, lequel en portait un assez grand nombre,. les uns libres, les autres adhérents au parenchyme pulmonaire.

333 ENTOZOMRES HELMINTHES .

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