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DES FAUX HELMINTHES OU PSEUDHBLMINTHES

Des corps organisés, plus ou moins semblables aux Ëntozoaires, ont été souvent rendus par des malades ou découverts dans des cadavres, et regardés à tort, par des naturalistes ou des médecins, comme des vers intestinaux. Brera nomme ces prétendus Helmintbes Vermes metasîaîici. Rudolpbi les appelle Entozoa ficta, et Bremser Pseuda^heiminthes.

Le nombre de ces faux vers est assez considérable, . surtout si l'on parcourt les livres un peu anciens. A mesure que l'helmintbologie a fait des progrés, les erreurs de ce genre sont devenues de plus en plus rares. Je me bornerai à en signaler quelques exemples.

Les faux Entozoaires sont des corps mal observés de trois sortes: I* les uns appartiennent au régne animal, 2** les autres au règne végétal, 3* quelques*uns sont fabuleux.

fil** F*vx HclmlBUies tf'oiiffUie «BlnMile.

4° Dactylie à aiguillons. — Cet animal (4), découvert par le docteur Drake, dans les urines d'une jeune fille, et décrit par Curling dans les Transactions médiiXhehirurgicales, n'est pas un Entozoaire, mais une Annelide de la famille des Lombricidés voisine des Naîs ; elle avait été probablement apportée avec Teau qui avait lavé le vase dans lequel on Ta trouvée.

2° Faux Ascarides, — On a parlé de deux il^cartd^s particulières à l'homme, et très différentes de celles dont il a été question (2).

Joërdens, dans son Entomologie et helminlîiologie du corps hw main (1802), signale ces deux autres parasites : ce sont V Ascaride stéphanostome (3) et V Ascaride conosome (4). Voici, en peu de mots^ l'histoire de ces deux prétendus Entozoaires. Quelques médicaments ordonnés par le professeiu* Bretschneider, d'iéna^ à un jeune homme, lui firent rendre des corps semblables & des vers intestinaux. Le médecin, voyant que ces corps n'étaient pas des Oxyures, les envoya au professeur Lenz. Celui-ci les examina^ et douua aux plus grands le nom de Stéphanostome, parce qu'ils avaient une

(i) Dactylittt aculeatusCarl.

(2) Voyez pafj^o 312.

(3) Aicatii stephanottoma Joëréi

(4) A. amoioma Joerd.

bouche en couronne; et aux autres celui de Conosomcy parce quUlB offraient un corps conique. Il en communiqua plusieurs échantillons à Joërdens, qui crut devoir les placer parmi les Ascarides,

Rudolphi a reconnu que ces prétendus vers n'étaient autre chose que des larves de mouches. La description de Joërdens, ses figures et les échantillons authentiques adressés par le professeur Lenz au savant helminthologiste de Berlin ne laissent aucun doute à cet égard. Brera examina aus^i ces faux Entozoaires, et fut conduit à la même détermination. De plus, il crut reconnaître les deux espèces de Mouches auxquelles ces larves appartenaient. V Ascaride stépha» nostome serait, suivant lui, une larve de Mouche carnassière, et VAs' caride conosome une larve de Mouche domestique.

Il est probable que V Ascaride vermiculaire^i^Tëe parRedi comme vue au microscope, est une larve d*un animal du même genre,

3** Cercosome, — Sous le nom de Cercosome {species nova), Brera a fait connaître un faux Entozoaire dont je dois dire quelques mots.

Le professeur Canali (de Pérouse) découvrit une prétendue nouvelle espèce de ver intestinal qu'une femme avait rendu par les urines, ou, pour mieux dire, qu'on avait trouvé dans son vase de nuit. Il disséqua cet animal, l'étudia sous tous ses aspects, et en fit une description qu'il envoya au professeur Fabroni, à Florence. Co dernier inséra cette description dans le Giomale litterario de Pise. Brera reçut cet échantillon unique. Il soupçonna un moment que co ver pourrait bien être une larve de. diptère; mais en le regardant au microscope, il adopta une autre opinion : il crut trouver dans l'animal des caractères suffisants pour en faire un genre jparticulier d^Entozoaire, voisin des Polyslomes, et il désigna ce genre sous le nom de Cercosome (Cercosoma),

Ce ver était cylindrique, déprimé, fortement articulé, comme noueux; il avait une tête distincte, avec quatre papilles, dont deux semblables à des mandibules; il se terminait postérieurement par une queue longue, filiforme et flexueuse.

Ziegler et Bremser ont reconnu que c'était une larve d*Eristale (Eristalis), insecte diptère de la famille des Athéricères, et probablement ceUe de YEristalis pendulus (1 ), dont la larve fréquente les eaux stagnantes. Cette larve offre en arrière un tube respira-^ toire filiforme. Il est très probable, ou que cet animal était tombé dans le vase de nuit, ou qu'il y avait été porté avec l'eau dont on s'était servi pour le laver?

(0 Fabr. {Mutea fendula Linn., HelophUui pendulw Meig.). M. d« SieboM croit «|u« r/ewt VKristalis tenait Fabr. {Musea tenax Linn.).

388 KNTOZOAIfVES HELMINTHES.

4" CrimM. — En 1682, ËttmnUer a fait connaiti*e ime maladu; il laquelle, dit-il, les enfants sont sujets, et qu'il regarde comme produite par de petits ^ers qui se logent dans la peau, lesquels déterminent de vives démangeaisons, des inquiétudes, et peuvent conduire à une véritable consomption. Il désigne ces vers sous les noms de Crinons ou Comédons, et en donne des figures passablement grossières. Plusieurs. médecins français admirent la maladie dont il s'agit; quelques-uns imaginèrent que ces prétendus animalcules pourraient bien être les cirons de la gale! On prétendit même que la multiplication des Crinons, dans certains cas, pouvait causer une affection dont les symptômes ressemblaient à ceux du scorbut. Cos animaux, disait-on, sortaient quelquefois en quantité considérable à travers la peau, ce qui occasionnait un grand soulagement. Pour favoriser leur expulsion, on conseillait des frictions chaudes

et sèches

*> On a décrit les Crinofis comme des vermicules cylindriques, de roidcur cendrée plus ou moins noirâtre, portant deux antennes eéphaliques et une queue terminée par un pinceau de poils !

fiassignot, en 4776, rangeait les Crinons parmi les Yei*s intestinaux à existence douteuse. Ruysch partage son indécision. Rudolplii ne les regarde pas comme des Ënto2oaires. Ce qui a retardé la connaissance de ces corps, c'est que plusieurs médecins ont confondu leurs caractères avec ceux des Strongles et des Pilaires des chevaux. On sait aujourd'hui que les Crinons sont tantôt des poils courts, impar/aitemeut développés, tantôt des filaments plus ou moins. épais de matière sébacée et endurcie, que l'on faisait sortir par expression des follicules de la peau.

5° Pilaire zèbre, — Le docteur Mongrand (de Brest) a signalé un prétendu Haemalozoaire, trouvé le 1" novembre 1851 dans la saphène interne gauche d'un forçat. Il lui a donné -. le nom de Filaire zèbre (1).

Il décrit ce ver comme long de 6 centimètres et demi et large de 2 millimètres, d'un rouge brun, avec un cou long, étroit et zébré, une tète ovoïde, terminée par une sorte de bec noir, et une dilatation 41 la réunion du cou et du corps.

MM. Da vaine et Robin ont reconnu que la Filaire zèbre était un coagulum fibrineux, allongé et vermiforme.

Les prétendus vers observés dans le cœur de l'homme par Welsch, par Polisius et par Sénac étaient probablement des concrétions analogues ?

(t) Filaria Zébra Uongr,

6^? Ovuligères, — Dupuytren a désigné sous le nom à'Ovuligères du poignet (4), de petits corps renflés, ovoïdes, allongés ou obscurément triangulaires, de la grosseur d*un pépin de poire, sans bouche, ni tube digestif, qu'on rencontre quelquefois dans le carpe de la main, entre les tendons et les muscles. Laennec avait déjà observé ces corps et les avait considérés comme des Acéphalocystes,

Les OvuligèreSy tantôt fixes, tantôt libres, sont, dans certains cas, rétrécis à une extrémité, et semblent offrir une sorte de pédoncule. Leur surface est lisse et leur couleur blanche. C'est par erreur que M. Délie Chiaje les signale comme des poches allongées munies d'un cou et d'une bouche. Dupuytren croyait avoir distingué des mouvements dans un individu, ce qui était bien certainement une illusion. M. Cruveilhier a fait voir une fois, à Montpellier, un assez grand nombre de ces corps, découverts dans le poignet d'un supplicié. Il n'y avait aucune trace d'organisation, ni extrémité céphalique, ni cavité intérieure, ni mouvement spontané. Bosc, Cuvier et M. Duméril ont reconnu que ces prétendus vers étaient simplement des concrétions albumineuses.

Ces concrétions présentent quelquefois des couches concentriques ; leur densité paraît variable. Dans certaines circonstances, elles se moulent contre les tendons et deviennent plus ou moins échahcrées ou contournées (Cruveilhier).

7" Sagittule, — Induit en erreur par un mémoire du docteur Bastiani et par l'Académie de Sienne elle-même, plusieurs auteurs ont désigné sous le nom de Sagittule de l'homme (2), un prétendu Ëntozoaire, repoussé aujourd'hui, avec raison, du domaine de l'helminthologie. Bastiani avait appelé ce ver Animal bipèdCy Blumenbach l'avait assimilé à un crustacé parasite des branchies du thon.

Voici, en peu de mots, son histoire. Un ecclésiastique, âgé de cinquante ans, tourmenté par des Ascarides, rendit un jour, avec les matière^ fécales, un corps de forme bizarre, que les médecins et les naturalistes de l'Académie de Sienne regardèrent, à l'una.niinité, comme un nouveau ver intestinal. On décrivit sa bouche, sa trompe, sa petite queue, ses nageoires et ses deux énormes membres, composés chacun d'une cuisse, d'un genou et d'une jambe!...

Blainville a prouvé que la Sagittule est l'appareil hyo-làryngien d'un oiseau, à moitié digéré, vu en dessus!

{i ) Ovuligera carpi Dupuytr. {Acephalocuiti'( plana Laonn .). (2) Sagittula hominis Renier! , Lamk.

MOO.-TANI). 22,

390 ENTOZOAIRES HELMINTHES.

Ce n*est pas la première fois, du reste, qu'une partie de Tapparcil laryngien a été décrite comme un Entozoaire. Scopoli, dans ses Deliciœ fiarœ et faunœ Insttbrieœ, a désigné, sous le nom de Phyms intestinaiis^ un débris de la trachée de quelque oiseau. La nature de ce corps, indiquée par M alacame, a été plus tard démontrée par Blumenbach,

Rudolphi mentionne un autre exemple de ce genre dans son J7t>toria Entozoorum, Suivant lui, Vandertinden a parlé d'un ?er intestinal rendu vivant par son père, lequel n'est autre chose que le larynx d'un canard! Ô).

1 n. «- Faux HettnUilhe* rortalne ¥«f étale,

1^ Biûome» -* Parmi les faux Entozoaires, il en est peu qui aient reçu autant de noms que le Bicorne, et dont l'existence ait été défendue aussi longtemps.

Une demoiselle âgée de vingt-six ans, qui avait déjà éprouvé plusieurs maladies, fut atteinte d'une esquinancie. Le huitième jour, elle ressentit une douleur fixe vers l'hypochondre gauche. Elle prit un purgatif, et rendit, pendant deux jours, une quantité extraordinaire de petits corps, que Charles Sultzer, prosecteur à l'école de médecine de Strasbourg, regarda comme des Entozoaires d'un nouveau genre. Il décrivit et figura ces prétendus vers, dans une dissertation spéciale (1801), sous le nom de Bicorne rude (2),

Sultzer attribuait à ces faux Entozoaires, un corps ovoïde, comprimé, long de 6 millimètres, transparent et blanchâtre, offrant, à son extrémité antérieure, deux longues cornes divergentes, arquées, hérissées de petits poils. Lamarck regarde ces deux cornes comme deux suçoirs.

Bremser croit que les prétendus vers dont il s'agit sont des graines avalées par la demoiselle, et que leurs cornes représentent la plumule de ces graines. Ce seraient donc des semences au moment de leur germination. Je ferai remarquer qu'il est bien difficile d'admettre la germination des graines dans l'intérieur de l'estomac, et que, d'un autre côté, en la supposant, chaque graine offrirait une plumule et non pas deux ; à moins qu'on ne regarde les cornes

(1) Leg ouvrages des anciens médecins sont remplis d'indications vagues souvent très bizarres, sur lesquelles il est bien difficile d'asseoir un jugement. Par exemple : Que sont ces petit* ver» ailét, expulsés par les urines après la variole, dont parie Ehrenfried Hagendom? {Ephem, nat. cur., 1673, p. 44.) Qu'est-ce que ce rer à deux têtes, de la longueur du doigt, rendu par les ««elles, décrit par Samuel Lcdel? {Loccit.t p. i4i.)

(2) Ditrachyceros rudii Hermann {Ditraehyeero8oma rudit Brera , Cysîicereus bicomis Zeder, Diceras rudis Rnd.).

comme deux cotylédons, et, dans ce cas, il y aurait encore une difficulté, c'est que, dans la germination, la radicule se présente ordinairement avant les autres parties.

Raspail soupçonne que ce sont des ovaires jeunes non fécondés de quelque graminée, par exemple de Tragus racemosus, de Melica çœruleêcens, de Zea Mays..,

Des corps analogues ont été observés, pour la seconde fois, par le docteur Lesauvages (de Gaen), et pour la troisième, parle docteur Ëschricht (de Copenhague). Plusieurs savants ont étudié les échan* tillons recueillis, et reconnu que c'étaient des fruits de Mûrier noir encore couronnés par les rudiments de leurs deux styles (Feuzl).

La nature a entouré les embryons des graines d'enveloppes protectrices qui résistent avec plus ou moins d'énergie aux divers agents de destruction. Les tuniques des fruits ou des semences, tantôt osseuses ou charnues, tantôt simjdement coriaces, sont digérées avec la plus grande difficulté. Les membranes même les plus minces, par exemple les pellicules des haricots ou des pois, sont à peine attaquées par l'action des sucs et des phénomènes digestifs !

Dans un ouvrage ex professo sur les Entozoaires, on a présenté des carpelles de fraise comme les œufs de V Oxyure vermiculaire.

Ce corps, renflé, coloré et parfumé, désigné généralement sous le liom de Fraise, est un support très développé (gynophore), recouvert de petits fruits (akènes) ovoides, coriaces, logés dans autant de fossettes et protégés à leur base par une bractéole. Lamarck assure qu'il y a environ 200 fruits dans une seule fraise. En supposant seulement la moitié de ce chiffre, et en admettant qu'une personne mange une vingtaine de fraises à son déjeuner, pendant huit jours, cette personne aura introduit dans son estomac, à la fin de la semaine, 1 6 000 petits corps qui ne se digèrent pas. Si, par une circonstance quelconque, ces corps s'arrêtent, séjournent dans le tube digestif, et que, phis tard, ils soient expulsés tout d'un coup, modifiés ou non modifiés, un médecin peu attentif pourra les prendre pour des Entozoaires ou pour des œufs pondus par ces derniers.

2° Vers denticoles. •— On a souvent parlé des vers qui habitent dans l'intérieur des dents malades. Les anciens auteurs indiquent ces vers sérieusement. Beaucoup de personnes du monde croient encore à leur existence, et certains dentistes entretiennent cette erreur (4). De là les liqueurs acides ou alcalines, les recettes infiiillibles, les remèdes vermicides

(4) AdaiMon supposait nal à propos que lo Sarcopte de la gale m trouvait aussi dan» les dents cariées.

3di ENToZOAlRIiS HELMINTHES.

Les Vers denticoles sont cachés, assure4-on, dans des cavités profondes ; ce sont des animaux très petits, grêles, subcylindriques, droits ou légèrement arqués et plus ou moins bifides à une extrémité.

Valescus de Tarenta, médecin de Montpellier qui vivait au commencement du \v* siècle, recommande de boucher les dents creuses pour étouffer les vers qu'elles renferment. Plater conseille d'y introduire un fil de fer rougi au feu ou une petite baguette de frêne. (Pourquoi de frêne?) Puis de remplir la cavité avec un peu de thériaque. Mais le remède par excellence est une fumigation avec des graines de jusquiame ou d*alkékenge. Il y a plus d'un demisiècle que Schœfier a donné des éclaircissements à ce sujet, dans une curieuse dissertation sur les Vers imaginaires des dents. Lorsqu'on jette des graines de jusquiame ou d'alkékenge sur des charbons ardents, Tenveloppese crève et l'embryon saute loin d'elle. Si cet embryon tombe dans l'eau, il s'opère une sorte de mouvement qu'on a cru spontané, et l'on a regardé l'embryon, avec sa radicule et ses deux cotylédons, comme un petit ver bifide particulier aux dents malades ! Bremser donne les moyens de répéter l'expérience.

Il ne faut pas confondre ces faux Entozoaires avec les animal-

' cules microscopiques observés par les auteurs dans le tartre des

dents, quand on l'a fait infuser dans une petite portion d'eau.

Ces derniers animalcules ne sont pas des Entozoaires, mais des

Infusoires.

3° Dfucanthe. — Le docteur Stiebel a décrit, sous le nom de Diacanthe polycéphale (4), un faux helminthe dont je vais dire quelques mots.

Un enfant âgé de onze ans, qui avait éprouvé, dans sa première jeunesse, des accès spasmodiques, sentait des douleurs vives dans la région de l'épigastre. Un jour, il rendit un petit co)rps d'apparence animale, entouré de mucosité. Il fut entièrement guéri.

Ce corps était grêle, sinueux, assez dur et rameux, c'est-à-dire 'Offrant, à droite et à gauche, des espèces de branches courtes, simples et bifides. Dans la figure publiée par Stiebel, on remarque, à la grosse extrémité de l'axe, des tentacules armés de griffes, des lèvres pourvues de petits crochets et des trompes rétractiles (!). Evidemment ces dernières parties ont été ajoutées par l'imagination du dessinateur.

Stiebel soupçonnait que son prétendu ver pourrait bien être le tronc d'un Entozoaire, et non un Ëntozoaire tout entier. Bremser

(1) lHaranthu8polyeephalus9>{\eh.

combat cette opinion, s'appuyant sur la dureté du tissu. Ce dernier auteur avait cru un moment que c'était une artère malade, accompagnée de quelques branches déchirées, appartenant à un jeune animal, à un oiseau par exemple, mais la solidité du parenchyme et son homogénéité s'opposaient à cette détermination. Rudolphi prit d'abord le Diacanihe pour la dépouille racornie et desséchée de quelque larve d'insecte ; mais ayant été visiter Blumenbach, en 4 84 8, il vit l'échantillon original; il l'examina avec attention, en disséqua même un petit morceau, y reconnut des trachées végétales,

et constata qua c'était un fragment de la rafle d'une grappe do

raisin !

i° Striatule. — En 4 845, une jeune pensionnaire dans un établissement de Toulouse, d'un tempérament très lymphatique et d'une très faible santé, après des doiUeurs sourdes dans l'estomac, rendit, par le vomissement, plusieurs corps longs de 2 à 3 centimètres, subcylindriques, faiblement anguleux et d'un blanc légèrement jaunâtre. Ces -filaments furent pris pour des vers intestinaux. Ce qui semblait confirmer cette idée, c'est -que la jeune fille avait été tourmentée pendant longtemps par des Oxyures et par des Ascarides, et qu'après avoir rendu les nouveaux corps, elle n'éprouva plus de douleur.

Le docteur Roque d'Orbcastel, médecin de l'établissement, malgré l'opinion générale, avait des doutes sur la nature de ces prétendus parasites. Il m'apporta six de ces vers, et me pria de les examiner. Étant très occupé dans ce moment, je chargeai un de mes élèves d'étudier ces animaux au microscope. Après en avoir regardé deux ou trois individus de différentes manières et avec divers grossissements, le jeune homme décida que ces corps étaient réellement des Entozoaires, mais d'une espèce qui n« pouvait se rapporter à aucun genre connu, et qui semblait intermédiaire entre les genres Ascaride et Oxyure. lime demanda la permission de les décrire. Il proposait pour eux le nom de Striatule, à cause de certaines stries longitudinales qu'il avait observées sur leur corps. Une seule chose l'embarrassait, c'est qu'il n'avait trouvé ni bouche, ni orifice quelconque, ni môme de cavité viscérale. J'avoue que les stries longitudinales me paraissaient tout aussi extraordinaires. Je voulus, à mon tour, voir de près ces Striatules, J'en disséquai un fragment. J'y découvris aussitôt des trachées et des vaisseaux rayés. J'avais sous les yeux des fibres végétales. Le prétendu ver intestinal, je

l'appris bientôt à la suite d'une petite enquête, était une nervure

de salade!

$« Faux cucurbitins, — Un malade qui n'avait pas mangé

394 ENTOZOAIRES HELMINTHES.

depuis longtemps, mais auquel on avait permis de sucer quelques quartiers d'oranges, rendit un matin, par le vomissement, plusieurs corps ovoïdes oblongs, déprimés, atténués aux deux bouts, creux, composés d'une pellicule très mince, transparente et d'un blanc légèrement jaunâtre.

Le médecin regarda ces corps conuue des artides de Ténia, comme des cucurbitins débarrassés de leurs œufs. Cependant la taille exiguë de ces corps et leur forme en navette laissaient un peu de doute dans son esprit. Il consulta un micrograpbe. Celui-ci reconnut tout de suite la nature végétale de ces prétendus Ekitozoaires. 11 fut constaté que le malade avait avalé, avec le suc des oranges, quelques-unes de ces grandes cellules distendues qui composent le parenchyme de ce fruit, et rendu plus tard ces mêmes cellules, vides et réduites à leurs parois membraneuses, presque sans modification,

1 10. — niiix HelaUnilicft telmlcvz.

Furie iniemak. — Cet animal fantastique (4) a été décrit par un grand nombre d'auteurs, et particulièrement par Solander, élève de Linné. I^ célèbre naturaliste suédois croyait lui-mémo si fermement à l'existence de cette vilaine bête,' qu'il s'imagina, un jour, en avoir été piqué lui-même. Suivant Ûnné, la Furie tombait du haut des airs, dans la Bothnie, sur les arbres et sur les plantes des marais; elle se jetait sur les hommes et sur les animaui, pénétrait dans leur chair et leur occasionnait les tourments les plus horribles. Ses attaques se terminaient ordinairement par la mort. La Furie infernale avait un corps linéaire, égal, garni de chaque côté d'une série de poils déprimés et réfléchis.

En 4790, Uageu, dé Kœnigsberg, et en 1795, Modeer, suédois, ont encore traité de la Furie infernale comme d'un être réel. Cependant personne n'avait vu cet horrible animal. Blumenbach et Rudolphi ont montré le peu de fondement de toute son histoire. Depuis longtemps les helminthologistes ne croient plus à la Furie, et il n'en est plus question dans leurs ouvrages un peu sérieux.

1 IV. — Bemar^aes f énérales.

J'ai rapporté divers exemples de faux Entozoaires, afin de montrer les inconvénients qui peuvent résulter des observations superficielles ou des jugements prématurés.

(1) Fvrla infemaHiVinn,

Dans combien de circonstances n'a-t-on pas pris pour des vers intestinaux, tantôt des restes non digérés de tendons, de ligaments, d'artères, de membranes, tantôt des pétioles, des pédoncules, des fibres, des trachées. Les poils des mammifères, les plumes des oiseaux, les écailles ou les arêtes des poissons, le parenchyme des asperges, les nervures des salades, le tissu des champignons, peuvent souvent tromper* les plus habiles. Les craintes ridicules des personnes ignorantes et la crédulité facile de quelques hommes éclairés ont propagé quelquefois les erreurs les plus grossières et les histoires les plus invraisemblables. *

Les jeunes médecins doivent se tenir en garde contre les récits apocryphes et contre les fausses ressemblances ; on ne saurait trop leur recommander :

l"* De se méfier de Tignorance ou des préjugés, des ruses ou des supercheries àes malades.

%"* De voir, autant que possible» les choses par eux-mêmes, et de ne $*en rapporter au témoignage d*autrui qu'avec beaucoup dd circonspection.

3*" Dé faire la plus grande attention à la partie du corps qui al fourni le ver ou le prétetidu ver.

i"* De bien nettoyer Tanimal rendu, afin de le débarrasser des matières étrangères (mucosités, bile, graisse, sang, etc.) dont il est entouré.

5** De rexaminer sous toutes ses faces avant d'employer le scalpeL 6*» De constater s'il a ou s'il n'a pas de mouvements particuliers* 7* De déterminer la position et la nature des orifices de son corps.

8** De rechercher s'il y a ou s'il n'y a pas de nodules à la bouche j et, dans le premier cas, combien il en existe*

9"* De reconnaître si la tête ou la bouiihe jpréséntent ou ne pré^ sentent pas de crochets.

4 O** De préférer, pdur soti études une très forte loupe àti micl'os^ cope mémcj parce qu^elle est moins sujette ata illusions;

4 4 <* De se défier du premier jugement et surtout des èdmparaisons faites de mémoire. Les Ëntozoaires se t'essemblent ti*op pour que le souvenir puisse remplacer l'Observation ;

4 i"" De eonsult^r quelque zoologiste instruit ou micrograplie habile, quahdle corps i'ecueilli est très petit, ou quand sa forme est insolite, ou quand les circonstances qui l'ont entouré semblent sortir de la ligne des faits habituels.

306 t;NTo;&oAiBËS iNtisolRES.

SECTION IV

DES ENTOZOAIRES INFUSOIRES.

Les animalcules infusoires, ces infiniment petits du règne animal, se développent partout, dans tous les pays comme dans tous les temps, au sein des corps vivants comme au milieu des corps inorganiques.

Ce n'est pas ici le lieu de traiter de ceux qui naissent dans la chair, le tissu cellulaire, le parenchyme du poumon, la matière du foie, la pulpe du cerveau..., après une macération plus ou moins prolongée, ou ceux qu'on trouve dans le sang, le chile, la salive, le sperme, le lait, le pus.. ., après leur décomposition. Toute substance ou liqueur animale qui s'est désorganisée en produit au bout d'un certain temps.

• Parmi ces Infusoires on a souvent cité les Vibrions. On sait, aujourd'hui, que, sous ce nom, on confondait les Anguilluïes et les RhabditiSj véritables Versnémàtoïdes, et d'autres petits corps dont l'animalité est encore fort douteuse.

. Magendie affirme que le sang et le chile contiennent une grande quantité de Vibrions, 11 croit qu'ils apparaissent dans nos vaisseaux comme de petits points noirs ; qu'ils exécutent des mouvements rapides dans toutes les directions ; qu'ils retournent et roulent les globules sanguins; qu'ils les ébrèchentf les entament ei paraissent s'en nourrir {t) {\). Je ferai remarquer d'abord que personne n'a encore constaté l'existence de ces prétendus animalcules ; secondement, que les Vibrions ne sont pas punc^formes ; troisièmement, qu'ils n'ont pas d'organes pour ébrécher^ ni pour entamer, ni même pour avaler!

Personne n'ignore que certains naturalistes ont considéré les spermatozoïdes {zoospertnes) comme dés Infusoires parasites particuliers à la semence.

.. Divers médecins ont expliqué l'origine de plusieurs maladies par le développement considérable dans les aliments, dans l'eau ou dans Tair, de certains petits animaux dont ils avaient établi l'existence à priori, et non d'après l'observation (2).

. (1) Quelques micrographes assurent avoir observé des Infusoires dans le sang de rhonmc, mais cela est fort douteux. Que faut-il penser des animalcules trouves dans le sang d*UQ individu atteint de vertiges, par Pleick, et dans celui d'un syphilitique, par Gros?

(2) Voyez pages 367, 384.

rAhAMÊcii:. 397

Enfla, dans mi grand nombre de circonstances, on a pris pour des Animalcules infusoires des cils vibratiles, des cellules épithélialcs, des fragments de tissu, des productions morbides, même des végétaux microscopiques ou des séminules de ces végétaux.

Quoi qu'il en soit, il n'en est pas moins vrai qu'il existe dans le corps humain, soit en santé, soit en maladie, des Infusoires parasites, dont la présence est la cause ou l'effet de certains désordres plus ou moins caractérisés.

Suivant la juste observation du docteur Lebcrt, ces animalcules se font remarquer principalement sur les plaies où la sécrétion a séjourné ou s'est altérée. On en trouve aussi dans les mucosités intestinales (Leenyvcnhoek, Pouchet), dans l'écoulement vaginal un peu ancien ou de nature suspecte (Donné, Dujardin), dans le tartre des dents (Mandl), dans le lait (Fuchs).

Les espèces qui méritent le plus de flxer notre attention appartiennent aux genres : i'* Paramécie ^ 2° Cercomonade, 3" Triclwmotiade, 4" Virguline, 5° Vibrion. Voici les caractères très abrégés de ces genres :

avec bouche i. Paramécie»

3 l t Une queue. . . 3. Cercomonade.

Uu grand cil Vibralilc. | s. 1 1 o cl e ^ ^"*"' **® queue. 3. Trichwnmade,

iUne queue. . . 4r. Virguline.

Point de queue. 5. Vibrion.

^ * Paramécie {Paramœcium). — Ce genre est composé d'Infusoires aplatis etoblongs, pourvus d'un pli longitudinal communiquant avec Ja bouche. Leur corps est finement cilié.

En examinant au microscope du pus recueilli sur une petite ulcération du rectum et du miicus sécrété par cette portion de l'intestin, chez un matelot qui venait d'échapper au choléra, mais qui avait conservé du trouble dans les fonctions digestives, le docteur Malmsteiu, de Stockholm, reconnut dans ces humeurs, outre des celliUes de ]>us et des globules de sang, un grand nombre d'Infusoires qu'il a décrits et figurés sous le nom de Paramécie du côlon (1).

11 a depuis observé les mêmes Infusoires chez une femme atteinte d'une inflammation chronique des gros intestins. La malade ayant succombé, M. Malmstein a constaté que les Infusoires étaient en plus grand nombre sur les points où la membrane muqueuse était

(1) Vammœcitim coli Malm$t.

MOQ.-TAKD. 23

398 ENTOZOAIRES INFUSOIRES.

peu attaquée que sur lès altérations intestinales et dans le pus qu'elles avaient fourni.

Ces animalcules sont doués d'une mobilité et d'une vivacité assez grandes. Ils paraissent nombreux ; on en trouve de vingt à vingtcinq dans une seule gouttelette de mucus, lis meurent très vite bors de l'intestin.

!2<* Ceagomonade (Cercomonas). — M. Davaine a découvert, en 4853, dans les déjections encore chaudes des cholériques, une espèce de Cercomonade qui s'y trouvait en nombre très considérable.

Plus tard le même savant a observé deux fois le même animalcule dans les selles de quelques malades atteints de diarrhée simple. L'épidémie du choléra régnait encore.

J'ai désigné cet Infusoire, dans mes cours, sous le nom de Cercomonade de Davaine (1 ) .

Ces animalcules présentent 8 millimètres de longueur. Leur corps est obové ou pyriforme, un peu variable, très obtus en avant et fortement atténué. Leur tégument est mou et blanchâtre. Un ou deux coi*puscules, très petits, nucléaires, peuvent quelquefois être aperçus à l'intérieur. En avaiU, on remarque un filament vibratile d'une minceur extrême, très long et très flexueux, naissant brusquement du bord antérieur, que l'on devine d'abord par l'agitation qu'il exerce dans le liquide ambiant, et que l'on n'aperçoit qu'à de courts intervalles et avec une attention soutenue ; à l'extrémité opposée existe un autre filament plus épais, du moins à son origine, se confondant avec la partie postérieure, de la longueur du corps ou un peu plus long, presque droit, roide, s'agglutinant quelquefois aux corpuscules environmuits, et autour duquel, dans ce cas, la Cercomonade oscille comme la lentille du pendule autour de sa tige.

Ces Cercommades sont extrêmement agiles, ce qui rend difficile Tobservation de leurs caractères.

Ces animalcules ne tardent pas à périr lorsque les matières se refroidissent; ce qui prouve que leur formation n'est pas due à la décomposition de ces mêmes matières. Ce sont de véritables parasites, qui vivent dans les intestins de l'homme lorsqu'ils y trouvent certaines conditions qui leur sont indispensables (Davaine).

Une autre espèce de Cercomonade a été rencontrée une fois chez un jeune homme atteint d'une fièvre typhoïde bien caractérisée, sans aucun phénomène cholérique. C'est encore à M. Davaine que tious devons sa connaissance.

{i) Oercùmonûê Davaltiei.

CEKOUMuNAbli:. — TRICUOIIONAUE. 39V

Cette seconde espèce diffère un peu de la première : elle est plus petite et plus ovoïde ; son UUment antérieur parait de mâme long et flexueux ; il se détache moins brusquement. Le filament caudal naît un peu sur le cûté; il est proportion nellement plus petit et ne se confond pas à son origine avec l'estréinilé du corps. Cette Cfrcomonade offre un mouvement d'ondulation dans tout le coatour, qui semble quelquefois légèrement sinueui.

On pourrait appeler cette espèce Cereomonade oblique (1 ),

3° Trichomonade (ïWchomotuu). — On en connaît une espèce qui a été découverte par U . Donné dans les mucosités vaginales de la femme, fille fut communiquée à H. DitjardJn, qui lui dqnoa le nom de Tridiomotiade vaginale (9) {Ëg. 482).

Les Trichomonailes, réunies en certain nombre, composent des groupes irrègulicrs, avec des parcelles de mucus épaissi.

Quelques auteurs ne croient pas à ranimante de ces petits corps (3). Ils les regardent comme des cellules épithéliales détachées.

D'autres adoptent l'opinion de HH. Donné et Dujardin (4) , Ona été

même jusqu'à considérer ces ani- r.g. m.— rriclumwadivasinaU. malcules comme des Acariens (S).

Les Triehomoitade» «ogmob* présentent un grand diamètre de 0'°'",D1 ; elles ont un corps 3ul>g4obuleuXi ovoïde ou ppiforme, inégal, légèrement granulé, glutineux, transparent, incolore ou grisâtre ou lacté. Elles se collent souvent à d'autres corps. Elles portent en avant un filament flagellifornie (quelquefbii deux, rarement trois), plus épais àla base, flexueui, long de 0*"",028 k 9"~,D3i, et quatre ou cinq cils vibratiles assez courts, qui les accompagnent et qui sont rangés d'un cAté à sa naissance.

On a cru découvrir dans ces Jnfusoires une petite bouche obliquement terminale. HM. Scaniooi et KOllikern'ont pas observé cette bouche ; pourtant ils ont cru voir un sillon léger et obliquât à la partie antérieure, près des cils.

On a constaté que les Trichomonades vaginales ne se rencontrent

(Il Ccmmumiu oèUfuo.

(1) rrichanwnu voftiultt DaJ, [Tr. vofinaU Ihiiina).

13} MM. Libert, ValenUn, 1. VôebI, it Sicbsld, L, W*|n«r.

(t) MH. RaipiiL, Sciruoni, Kulliksr.

(S) MM. H. Fiwnp, Rhmbn^i

400 ENT020A1RE6 INFVSOIRES.

pas dans les mucosités nouvellement sécrétées, mais qu'elles se développaient seulement quand elles ont commencé de s'altérer. Toutes les fois que cet animalcule existe, le mucus vaginal renferme des bulles d*air qui lui donnent un aspect écumeux (Donné).

4° ViRGULiNE {VirguUna). — Une parcelle de tartre dentaire étant étendue dans une goutte dVau distillée et chauffée préalablement, on y aperçoit, àTaide d'un grossissement de 400 à 500 fois, une foule d'Infusoires désignés sous le nom de Virguline tenace ( I ).

Ces animalcules, dont la grandeur varie depuis 0"*"*, 05 jusqu'à t;elle de plusieurs centièmes, se remuent vivement (Mandl).

Ils existent en grande quantité chez les malades mis à la diète depuis plusieurs mois. Ils constituent aussi la majeure partie de Tenduit muqueux de la langue, chez les personnes dont la digestion est troublée.

La Virguline tenace présente un corps allongé, membraneux, transparent, un peu épaissi et tronqué à la partie antérieure, muni d'une queue trois fois plus courte.

M. Mandl croit que ces animalcules possèdent dans Jeur tissu un élément calcaire qui contribue à durcir le tartre (2),

5° Vibrion (Vibrio). — Leeuwenhoek a observé, le premier, le Vibrion ridé (3) dans ses propres déjections, pendant une légère maladie.

Muller, qui l'a décrit et figuré, l'a vu par millions dans chaque goutte d'une infusion de mouches.

M. Dujardin l'a trouvé dans des infusions de chêne vis écrasé, de fromage de Neufchâtel, de gélatine salée, de foie de mouton.

M. Pouchet a signalé son existence dans les selles des cholériques. Il ; en avait des myriades. Les vomissements n'en offraient pas.

Le docteur Hassall a trouvé aussi des Vibrions dans les selles des cholériques, et même dans les matières intestinales, quelque temps après la mort. Il en a vu également dans les garderobes de quelques individus bien portants, mais en nombre beaucoup plus petit.

Ces Iniusoires sont à peine perceptibles. Ils sont longs de

(I) VirguUna tenax (Cerearia tenax Mull., VirguUna Pirenuia Bory).

(t) M. Crëplin a Irouyë, au-denons de la partie postërienre de la langue, au niilieii d'un amas do mucosité, des vermicules longs de O^^fSO à 0''",25 et minces comme un clieveu {vermiculi^ hominU tublingualei Grepl.). Ces Infusoires diffèrent-ils de la VirgtUine tenace?

(3) Vibrio rugula MiiU. {Melanella flexuosa Bory, M. erylhrœa Hempr. el Elircni».).

VIBRION. 401

0"'",008 a O^^jOIS (non déployés), avec une épaisseur de 0'"»",0007 à 0""»,0008 (Dujardin). Leiur corps est àpeu près cylindrique, anguiforme, sensiblement atténué aux deux extrémités, tantôt droit, tantôt flexueux (offrant de 5 à 8 inflexions), et demi transparent. Ses corpuscules sont distincts, globuleux et hyalins. Ils peuvent avoir un millième de millimètre de diamètre.

Cet animalcule se meut avec vivacité, en ondulant ou serpeutant. Leeuwenhoek compare ses mouvements à ceux des anguilles.

Quelques naturalistes contestent Tanimalité de ces petits corps.

Dans le mucus buccal, chez tous les individus bien portants ou malades, on trouve deux autres espèces mélangées à des cellules épithéliales et à des granules moléculaires : les Vibrions à baguette (4 ) et linéok (2). Le premier est très long (4/24* de millim.), très grêle et flexueux, avec des corpuscules (une trentaine) assez distincts et ovoïdes (4/4 440* de millim.). Le second, long de 4/400* à 4/300* de millimètre, est épais, peu flexueux, avec des corpuscules peu distincts et globuleux (2/3000*' de mUlim.).

La coloration du lait, dans certaines circonstances, en bleu ou bien en jaune, est due aux Vibrions cyanogène (3) et axmGMgène{i),

(i) Vibrio BaeiUiu Mufl. {Enehelyt BaeiUuê Ok«n).

(2) Vibrio Uneola MûlI. {MelaneUa atoma Bory).

(3) Vibrio cyanogenus Fath»,

(4) Vibrio xanthogenus Fuchs

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