‹ Eléments de zoologie médicaleChapitre 86 sur 144 · SCORPIONS · texte numérisé non relu

SCORPIONS

qui présentent à la base un premier article en forme de mâchoire arrondie et concave, et, au sommet, une pince didactyle avec un doigt mobile.

Sous le corps, près de la naissance de Tabdomen, existent deux organes extraordinaires, appelés p^/^rn^s (1). Dans ces organes, on distingue une souche ou base composée de deux baguettes articulées, étroitement adossées Tune à l'autre, et une série de dents uniformes, contiguês, comme imbriquées, mobiles sur autant de bulbes ou tubercules marginaux. On n'est pas bien d'accord sur les fonctions de ces curieux appendices. Amoreux les compare à des nageoires ventrales, et fait observer (ju'ils se meuvent comme des pattes. Tulk les considère comme des parties destinées à décrasser les palpes, les tarses et le bout de la queue. Treviranus les regarde comme des organes de volupté. Léon Diifour croit qu'ils servent à la fois à l'appréhension génitale et à la titillation.

Les Scorpions habitent les pays chauds ; ils ne s'élèvent jamais dans les montagnes, où croissent les plantes subalpines (L. Dufour). Ils vivent à terre, sous les pierres, les pièces de bois, dans les lieux sombres et frais. Us fréquentent les maisons, particulièrement les celliers et les caves. Ils ne sortent de leur retraite que le soir ou la nuit.

Ces animaux se nourrissent de cloportes, d'araignées et de petits insectes. Ils sont essentiellement chasseurs; ils se dévorent aussi entre eux; les gros mangent les petits. Les Scorpions marchent avec gravité et mesure, portant leurs palpes-pinces en avant et plus ou moins étendus, comme pour reconnaître les obstacles. Leur queue est alors droite et traînante. Dès qu'on les irrite, les palpes-pinces se reploient à l'instant pour défendre la tête ; en même temps, la queue se recourbe en arc sur le dos et se roidit. On voit l'animal balancer au-dessus et ail-devant de sa bouche l'aiguillon venimeux prêt à frapper au premier moment. Les Scorpions semblent fuir à reculons, comme l'Écre visse et plusieurs Aranéides ; mais bientôt ils s'avancent hardiment et s'élancent avec vigueur. L'extrémité de leur queue possède une infinité de muscles robustes qui lui impriment ses différents mouvements. Ces animaux ont de la force et du courage. Souvent un très petit individu attaque et tue une Araignée plus grosse que lui. Il la prend avec une de ses pinces ou avec les deux ensemble, puis la frappe par- dessus sa tête. Si l'Araignée cherche à l'envelopper de ses fils, après lui avoir porté des coups mortels, il lui coupe toutes les pattes avec ses pinces, et,

(1) Pectines duo subttu interpectut et abdomen (Linn.)-

MOQ.-TAMD. i4.

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