‹ Eléments de zoologie médicaleChapitre 88 sur 144 · SCORPIONS · texte numérisé non relu

SCORPIONS

nombre des dents de ses peignes ; elle eD ti une trentaine et même jusqu'à 33.

Le Scorpton tunisien ou d'^/Wqv^ (4) est particulier à l'Algérie. Il a 150 millimètres de longueur; il est d'un brun noirâtre.

3° An>AReiL A VENIN (flg. 88). — L'iustruDieut redoutable des Scorpions occupe le dernier article de leur queue (m eauda vemmum). On y remarque lin reuflcment et un dard.

Le renflement, improprement appelé oBipaiij«, est une espèce de nœud ovoïde, roussâlre, hérissé de quelques poils rares et inégaux, assez convexe en dessous, offrant ilans cette partie une légère rainure médiane, longiUidinale, une sorte de raphé qui indique la séparation des deux glandes vénéniflques dont se compose l'appareil. Quand on incise déKcatemenï ce raphé sur l'animal p. etc.

vivant, il est possible de pénétrer dans le ciandèt èi dard {'}. rendement sans léser les parties contenues, parce qu'il eiiste entre les deux moitiés internes un vide d'une étroitease des plus fines et des plus linéaires. (L. DuJour,)

Le renflement est produit par l'adossement de deux corps irrégulièrement ovoïdes, ou, pour parler plus exactement, subhémisphé' roîdaui, c'est-à-dire plans du cOté de l'intervalle médian et convexes de l'autre cOté, Chacun de ces corps s'atténue en col vers l'exlrémilé de la queue, du cOté de l'aiguillon.

On a supposé ces corps creux comme des capsules et pourvus de parois composées d'une infinité de glandules arrondies, très serrées les unes contre les autres et communiquant ensemble. M. Léon Dufour fait observer que les deux renflements dont il s'agit sont solides et non concaves, et qu'ils présentent des parois blanches, opalines, d'une texture ferme et (ibro^artilagineuse. Il ajoute qu'en les déchirant avec précaution, on aperçoit, principalement du câté convexe, quatre ou peutrélre cinq vaisseaux d'un blanc plus mat, les uns simples, les autres divisés pu fourchus, rampant entre les ehalrs et les muscles. Ces vaisseaux, dont la délimitation est loin d'être racile, ne sont pas de simples nervurea, comme on pourrait

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le croire au premier coup d'œil, car on parvient à les soulever avec la pointe d'une aiguille. Ils vont tous aboutir à un tronc central ou médian, lequel s'atténue pour s'enfoncer dans le col. Ils sont donc sécréteurs parleurs branches et excréteurs par leur tronc. Ce dernier semble composé d'une tunique externe de texture contractile et d'un tube inclus, plus clair, comme élastique, dont on peut suivre la cpntinuation dans le dard. (L. Dufour.)

Jean MûUer a découvert autour de ces corps une couche de faisceaux musculaires circulaires plats et lisses. M. Blanchard a représenté ces fil^res^ qui sont dirigées d'avant en arrière.

L'aiguillon est une sorte de griffe terminale assez dure, allongée, subulée, légèrement arquée et très pointue (1). Il ofifre près de son extrémité, qui est brunâtre, un peu au-dessous, deux petites fentes (2) très obiongues, obtuses vers la pointe et rétréeies du côté opposé. Ces trous semblent un peu plus rapprochés du bord convexe que du bord concave.

M. Léon Dufour croit que chaque glande possède un canal excréteur particulier, et que les deux conduits traversent longitudinalement le stylet, marchent parallèlement sans communiquer ensemble, et se rendent chacun séparément dans un des petits trous de l'aiguillon. M. Blanchard a constaté qu'il n'existait qu'un seul canal pour les deux glandes. Les dissections délicates et les figures détaillées de cet habile anatomiste ne laissent aucun doute à cet égard.

Quand le Scorpion est prêt à frapper, on voit d'ordinaire une imperceptible gouttelette de venin qui perle à Textrémité de l'aiguillon ; l'éjaculation a lieu avant l'introduction de la pointe dans le tissu de la victime, mais elle devient plus abondante au moment où le corps atteint oppose sa résistance contre la pointe de l'organe (Blanchard). Ce sont, du reste, les muscles périphériques qui, en se contractant, forcent le venin à sortir.

3° Action sur l'homme. — La piqûre des Scorpions est, en général, caractérisée par une tache d'un rouge foncé qui s'agrandit insensiblement, et devient noirâtre à son centre. Cette tache dure sept à huit jours, rarement jusqu'à quinze. Ambroise Paré a très bien décrit les effets de cette piqûre : c II survient une inflammation en la partie offensée, avec grande rougeur, tumeur et douleur... Le malade a une sueur et frissonnement, comme ceux qui ont la fièvre, et a une horripilation. »

(i) Mucro arcuattu (Linu.).

(2) Galien ne croyait pas que raiguillon des Scorpions fût percé. Leeuwenhoek. ValHsneri, Ghedini et Linné parlent de trois orifices; Mead et Maupertuis ont vu très distinctement deux ouvertures latérales dans le Scorpion roussdtre.

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