‹ Eléments de zoologie médicaleChapitre 97 sur 144 · SALAMANDRE TERRESTRE · texte numérisé non relu

SALAMANDRE TERRESTRE

cette dernière sur l'irritabilité des parois cardiaques; elle Tabolit complètement ou presque complètement.

L'humeur des Tritons semble plutôt stupéfiante qu'excitante; elle ne détermine ni nausées, ni vomissement. Enfin ^ elle est sans action sur les Tritons eux-mêmes (Vulpian).

M. Philipaux, faisant des expériences sur les Tritons, fut pris subitement d'une conjonctivite très douloureuse, qui dura deux jours.

Deux autres personnes qui nettoyaient des Tritons, ayant fait jaiUir, soit sur leur visage, soit sur leurs yeux, Teau où se trouvaient ces batraciens, éprouvèrent des accidents du même genre. (Vulpian.)

3° Salamandre terrestre (1). — Son humeur laiteuse est contenue principalement dans les tubercules verruqueux de ses flancs.

Cette humeur ressemble à celle des Tritons.

Lacépède dit qu'une goutte mise sur la langue occasionne une sensation de brûlure. Dugès a fait des expériences avec cette humeur. Il en a donné à des tourterelles et à des moineaux. Des fragments de mie de pain imbibés de ce lait ont été mangés sans que ces oiseaux aient paru incommodés. Dugès en a conclu que l'humeur dont il s'agit n'était pas venimeuse ; mais si le savant professeur avait fait prendre aux mêmes animaux, et de la même façon, du venin de Vipère ou de Crotale, il aurait obtenu les mêmes résultats. Les efifets terribles de l'humeur des Salamandres ne se présentent que lorsqu'elle est portée dans la circulation au moyen d'une blessure, lorsqu'elle est inoculée.

Les expériences de MM. Gratiolet et Cloêz, sur la Salamandre terrestre, répétées par M. Vulpian, ne laissent aucun doute sur les propriétés toxiques de la liqueur laiteuse que fournit cet animal.

Placée sous la peau de l'aile ou de la cuisse d'un petit oiseau, d'une fauvette, par exemple, elle ne semble pas agir comme un caustique. Au premier instant l'animal ne paraît pas incommodé; mais au bout de deux ou trois minutes, un trouble singulier se manifeste, ses plumes se hérissent, l'oiseau chancelle ; il tient son bec ouvert et le fait claquer convulsivement . En même temps il se redresse de plus en plus, renverse sa tête en arrière, pousse des cris plaintifs, s'agite, tourne plusieurs fois sur lui-même, et la pauvre bête ne tarde pas à succomber. (Gratiolet et Cloêz.)

Un Bruant, blessé à la cuisse, est mort au bout de vingt-deux

(1) Salamandra maculata ïjwir. {Lncerta Salamandra Linn.).

heures. Un pinson, inoculé sous Taile, a succombé en vingt-cinq minutes ; un pigeon en vingt, d'autres oiseaux en six ou sept, un bruant en moins de trois. En général, la mort est d'autant plus prompte, que l'écoulement sanguin^a été moins abondant. (Gratiolet et Cloëz.)

Les expériences tentées sur de petits mammifères n'ont pas conduit aux mêmes résultats. Des cochons d'Inde et des souris, piqués à la cuisse, ont manifesté, au bout de dix minutes, une grande angoisse. Leur respiration était par moments haletante et pénible. Ils s'endormaient à chaque instant, et ce sommeil était interrompu par des convulsions légères, pareilles à des secousses électriques. Mais au bout de quelques heures, les accidents ont disparu et les animaux sont revenus à la santé. Ainsi, une quantité d'humeur suffisante pour tuer une tourterelle ne donne à une souris que des convulsions passagères. Or, la masse d'une tourtereDe étant bien plus grande que celle d'une souris, on ne peut chercher la raison de cette différence que dans la nature intime, dans le mode d'organisation des animaux blessés (Gratiolet et Gloêz). En résumé, tous les oiseaux soumis à l'action de l'humeur des Salamandres ont eu des convulsions épileptiformes et sont morts. Les mammifères inoculés ont eu aussi des convulsions, et celles-ci n'ont pas été mor* telles.

L'humeur des Salamandres est funeste aux grenouilles, mais elle est sans action sur les Salamandres, (Vulpian.)

En général, elle paraît moins active que celles des Crapauds et des Tritons. Pendant toute la durée de llntoxication, les troubles du cœur étaient légers.

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