Deux sortes de dents au plus
a. Des incisives et des molaires, point de canines : Rongeurs (castor, rat, lapin).
b. Des molaires seulement : Edentés, divisés en :
t Tarclig rades (paresseux), tt Edentés ordinaires (fourmilier, tatou), ttt Monotrémes (échidné, ornithorhynque).
B. Ongulés, ou pourvus de sabots.
1. Estomac simple ou peu compliqué : Pachydermes, divisés en :
t Proboscidiens (éléphant), tt Pachydermes ordinaires (rhinocéros, sanglier), ttt Solipèdes (cheval).
2. Estomac compliqué, propre à la rumination : Ruminants (bœuf, cerf, chameau).
II. Mammifères pourvus de deux membres seulement, les antérieurs, qui sont disposés en
forme de rames : Cétacés, divisés en :
t Cétacés herbivores (I) (lamantin, dugong), tt Cétacés souf/leurs (cachalot, dauphin, baleine).
(1) Les sirénides des auteurs actuels.
CLASSIFICATION
G Cuvier partageait ainsi les mammifères en neuf ordres, savoir . les bimanes , les quadrumanes / les carnassiers , les marsupiaux , les ronofwrs, les édentés, les pachydermis, les ruminants el les cétacés.
Si facile à comprendre que soit cette classification, et si commo e qu’elle paraisse, les progrès de la science n’ont pas tardé a montrer qu’elle n’était pas aussi parfaite qu’on l’avait cru d’abord, et de nombreuses modifications ont dû y être apportées. Nous en rappellerons
quelques-unes.
Les lémures ou makis s’éloignent assez des singes pour qu on ait dû en faire un ordre à part.
Les chéiroptères, les insectivores, les carnivores et les phoques, associés par Cuvier dans un seul et même ordre, sont des animaux bien différents les uns des autres, et dont il faut faire plusieurs divisions primordiales, chacune de la valeur des autres ordres.
D’un autre côté, bien que leur régime les rapproche des carnivores, les phoques ne doivent pas être classés dans la même série que les ours, les félins et les chiens ; ils forment une catégorie à part, assez facile à caractériser par des particularités d une importance réelle, et qu’il est indispensable de séparer des autres si 1 on tient compte de leui genre de vie. Sous ce rapport, ils sont comparables aux cétacés.
On sait aussi que les marsupiaux, animaux si différents du reste des mammifères par leur mode de gestation, n ont pas toujours trois sortes de dents comme les quadrumanes ou les carnivores : ainsi le phascolome, qui appartient à ce groupe, n’en a que deux, absolument comme les rongeurs. Cuvier connaissait déjà ce fait. Mais on a remarqué, d’autre part, qu’envisagés dans leur ensemble, les marsupiaux paraissent plutôt constituer une série parallèle au reste des mammifères terrestres qu’un ordre de la même catégorie que ces derniers ; ils fournissent presque exclusivement la population de 1 Australie, et l’on observe parmi eux des genres qui sont, les uns carnassiers, les autres insectivores, frugivores ou herbivores.
Les pachydermes tels que les comprenait G. Cuvier ne forment pas plus que les carnassiers du même auteur une association naturelle. Les caractères des éléphants sont trop différents de ceux des rhinocéros ou des tapirs pour qu’on laisse ces animaux dans un même ordre, et les chevaux doivent prendre place, avec ces derniers, parmi les pachydermes véritables, c'est-à-dire parmi les jumentés, au lieu de rester isolés sous la dénomination de solipèdes. Si les chevaux actuels n’ont qu’un seul doigt apparent à chaque pied (fig. 139), le genre fossile des hipparions, qui leur ressemble pourtant si fort par l’ensemble de ses caractères, avait les pieds tridactyles, c’est-à-dire pourvus de trois doigts chacun.
Remarquons encore que certains pachydermes de Cuvier, comme les hippopotames, les sangliers, les phacochères pécaris et le reste des porcins, doivent être éloignés des chevaux, des rhinocéros et des autres pachydermes à doigts en nombre impair, pour être rapprochés des
MAMMIFÈRES
ruminants (fig. 140, B et G), quoique n’étant pas doués, comme ces derniers, de la propriété de ruminer. L’élude des fossiles confirme cette manière de voir, en nous montrant qu’il a existé pendant la période tertiaire des animaux si complètement intermédiaires aux ruminants et aux porcins, qu’on ne saurait les rapporter à l’un de ces deux groupes plutôt qu’à l’autre. C’est particulièrement ce qui a lieu pour quelques espèces qu’on avait d’abord attribuées à la même famille que les anoplothériums (fig. 248), parmi lesquelles nous citerons les xiphodons.
Fig. 248. — Anoplothérium (*).
Cuvier a même dit, au sujet de certains de ces animaux, qu’il lui était impossible de décider s’ils avaient ou non joui de la faculté de ruminer.
Un autre perfectionnement apporté à la classification des mammifères, telle que 1 avait adoptée ce grand naturaliste, a trait aux cétacés. Ceux de ces animaux qui ont le régime herbivore, et qu’on appelle aujourd hui les sirénides, diffèrent trop des cétacés souffleurs pour qu on les laisse dans le même ordre ; il a donc fallu les en séparer.
Les uns et les autres, malgré leur ressemblance apparente avec les poissons, doivent d’ailleurs être plus rapprochés des mammifères ordinaires que ne le faisait Cuvier, lorsqu’il les plaçait à la fin de toute la classe. Ils ont le même mode de gestation que ces animaux; leur cerveau est aussi pourvu de nombreuses circonvolutions, et ce sont également des êtres fort intelligents. Certaines affinités qu'ils ont avec les phoques méritent qu’on en tienne compte, et c’est trop les éloigner de ces animaux que de les placer après tous les autres mammifères, lorsque les phoques sont eux-mêmes associés aux carnassiers; c’est cependant ce qui a lieu dans le système de classification que nous discutons ici.
Une dernière remarque portera sur les monotrèmes. Ces singuliers animaux sont évidemment inférieurs à tous les autres mammifères, et (*)
(*) Restaure par G. Cuvier, d'après des ossements découverts dans les plAtrières «le Montmartre.
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plusieurs de leurs caractères fondamentaux semblent indiquer qu ils forment la transition des vertébrés de cette première classe a ceux qui sont ovipares : aussi a-t-on pensé qu'ils avaient été ranges a tort par Cuvier avec les édentés. Leur véritable place paraît marquée apres tous les autres mammifères, et c’est par eux que l’on termine aujourd hui cette classe d’animaux.
De Blainville a commencé l’application à la classification des mam-
Fig. 249. — Sarigue opossum.
mifères des remarques qui viennent d’être rappelées, et il a été ainsi conduit à donner de ces vertébrés une distribution assez différente de celle adoptée par G. Cuvier. Dans la subordination qu’il en établit, il se laisse surtout guider par le mode de gestation, qui tait que les mammifères sont plus vivipares, ou au contraire moins vivipares, et dans ce dernier cas plus rapprochés des animaux qui pondent des œufs, c està-dire des oiseaux ou des reptiles, qu’ils ne le sont dans le premier. Il arrive ainsi à établir trois catégories bien distinctes de mammifères, avant chacune la valeur d’une sous-classe. Ce sont :
1° Les Mammifères monodelpiies ou placentaires, dont les petits n’ont besoin, pour se développer, que de la gestation ordinaire. Ils passent toute leur vie embryonnaire et fœtale dans le sein de leur mère, avec laquelle ils sont*en communication par l’intermédiaire d’un organe vasculaire appelé placenta, lequel est fourni par la vésicule allantoïde, plus développée chez eux que chez tous les autres animaux. Ce sont,
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pour ainsi dire, les plus vivipares de tous. C’est à leur sous-classe qu appartiennent les differents groupes de mammifères que nousavons énumérés dans le tableau emprunté à la classification de Cuvier, sauf toutefois les marsupiaux et les monotrèmes.
- Les mammifères DiDELPHES ou marsupiaux, dont la gestation proprement dite est fort courte, mais se complète par une gestation mammaire destinée a assurer 1 entier développement des petits et à les porter au point on se trouvent ceux des monodelphes lorsqu’ils viennent au monde. Leurs fœtus n’ont pas de véritable placenta. Tels sont les sarigues (fîg. 249) et la plupart des mammifères de l’Australie.
3° Les ornithodelpiies ou monotrèmes, animaux également privésde placenta, plutôt ovovivipares que réellement vivipares, et qui ont même
Fig. 250. — Ornithorhijnque.
été regardés pendant longtemps, mais à tort, comme pondant des œufs, ainsi que le font les oiseaux et les reptiles. Les seuls représentants de celte troisième sous-classe des mammifères sont l’ornithorhynque (fîg. 230) et l’échidné.
Ces trois sous-classes étant admises, voyons comment on peut subdiviser chacune d’elles en ordres et en familles principales; plus particulièrement la première, dont les genres sont si nombreux et présentent une si grande diversité de structure.
Ici interviennent les caractères tirés des membres, ceux que fournissent les dents, ainsi que d’autres particularités employées plus récemment, telles que la position pectorale ou abdominale des mamelles, la conformation des hémisphères cérébraux, la nature simple ou compliquée de l’estomac, enfin la structure du placenta*
Une première grande subdivision des mammifères monodelphes réunit tous ceux de ces animaux qui ont les membres disposés pour
CLASSIFICATION
marchei. „u ils' soient franchement terrestres, ce qui est le cas le plus. Général capables de voltiger, comme le son! les chauves-souus, ou même à’ demi aquatiques, comme nous le voyons pour les louties, .
castors et quelques autres. . . , .
On peut reconnaître parmi eux quatre seines principales .
La première comprend les les lémures, les cheiropteres, les
insectivores , les rongeurs ordinaires et les léporins.
La seconde est uniquement formée par les carnivores.
La troisième réunit les ongulés, c’est-à-dire les ou pachydermes proprement dits, qui ont les doig s impans et iesbisulques, soit ruminants , soit porcins, dont les doigts sont pa s
f°LaC quatrième se compose des édentés, divisibles en plusieurs g>'|»uPC^ La deuxième grande subdivision des monodelphes -est celle des. mammifères appartenant à cette sous-classe qui sont essentiellement
aquatiques; elle se con^ose des phoques, sorte de carnivores aqua tiques, des sirénides ou cétacés herbivores, comparables, par certains de leurs caractères, aux proboscidiens et aux porcins, et des cétacés proprement dits ou cétacés souffleurs, partagés en cetodontes et en
balénides. , , *
Les premiers de ces animaux semblent être une répétition des ca -
nivores, mais ils sont conformés pour la vie maritime. Au contraire r
les seconds, tout en étant appropriés aux mêmes conditions d existence,
sont comparables à des ongulés qui auraient été modifiés pour vivre aussi dans l’eau ; ils rappellent par la forme de leurs molaires certaines espèces de porcins et par la position pectorale de leurs mamelles les éléphants. Les derniers réunissent à différents traits propres aux édentés d’autres caractères tout à fait particuliers : ce sont les cétacés proprement dits. Toutefois de Blainville considérait les cétacés comme plus voisins des édentés que des autres mammifères, et, suivant lui, ils les représenteraient au sein des eaux, grâce à une modification profonde de leurs organes locomoteurs, en rapport avec les conditions particulières du séjour auquel la nature les a destinés. Dans la manière de voir de cet auteur, les phoques devraient suivre immédiatement les carnivores terrestres dans la classification, les sirénides seraient placés auprès des proboscidiens, et les cétacés prendraient rang à coté des édentés.
Après avoir résumé l’histoire des principales divisions de la sousclasse des monodelphes et fait connaître les groupes secondaires danslesquels chacune d’elles se partage, nous parlerons des didelphes ou marsupiaux, et nous terminerons par les monolrèmes, qui, comme nous l’avons déjà dit, sont de tous les mammifères ceux qui se rapprochent le plus des ovipares.
Le tableau qui suit rend l’ensemble de celte classification plus facile à apprécier; il nous permettra de faire ressortir le caractèreprincipal de chacun des groupes dont il vient d’être question.
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