ORDRE DES GRIMPEURS
Les Oiseaux de l’ordre des Grimpeurs sont fort dissemblables entre eux : tous présentent néanmoins ce caractère d’avoir le doigt externe dirigé en arrière, à côté du pouce, les deux autres doigts restant en avant (fig. 25G).
La forme et la puissance du bec sont assez variables : tantôt il est long et droit, organisé pour frapper et percer les arbres, comme chez les Pics; tantôt il 'V". 236.- ijaue do Grimpeur
est court et de force moyenne, comme
chez les Coucous; tantôt enfin, comme chez les Toucans, il
atteint des dimensions colossales et ses bords sont dentés. Les
P, BEhT ET R. BLANCHARD.
OISEAUX
ailes, ordinairement munies de dix pennes primaires, sont courtes, aussi ces Oiseaux sont-ils mauvais voiliers. La queue, en revanche, est longue, et sert quelquefois de point d’appui à l’animal, lorsque celui-ci grimpe le long des arbres. Ils habitent en général les forêts, où ils nichent dans des arbres creux, soit qu’ils creusent eux-mémes les cavités où ils se cachent, soit qu’ils prennent possession de trous formés naturellement ou creusés par d’autres animaux. La nourriture du plus grand nombre d’entre eux consiste en Insectes, mais il en est qui se nourrissent de graines, de fruits ou même de petits Oiseaux.
Les PICS grimpent avec adresse le long des arbres, non point en s’aidant du bec, comme le font les Perroquets, mais en s’accrochant avec les fortes griffes qui arment leurs pieds aux aspérités des écorces; leur queue courte et raide leur sert de point d’appui. De leur bec, long, droit et conique, ils frappent à coups redoublés les écorces, pour s’assurer s’il n’existe pas au-dessous d’elles quelque cavité qui puisse servir de refuge aux Insectes. Ont*ils découvert une cachette de ce genre, ils continuent de frapper du bec, espérant effrayer de la sorte les Insectes et les forcer à sortir : ils les happent alors au passage. Les Insectes se tiennent-ils néanmoins blottis au-dessous de l’écorce, ils attaquent résolument celle-ci et l’arrachent petit à petit, jusqu’à ce qu’ils aient mis h nu la proie qu’elle recouvre. S’ils aperçoivent quelque Insecte caché au fond d’une fente de l’arbre, ils vont le chercher du bec ou bien, si la fente est trop profonde, ils projettent leur langue qui, grâce à un mécanisme particulier, peut être tirée sur une longueur de près de 5 centimètres : cette langue est constamment enduite d’une salive visqueuse et porte à son extrémité une série de petits crochets destinés à détacher les Insectes (fig. 190).
Les Pics se rencontrent dans toutes les parties du monde. Ce sont des Oiseaux insociables ; ils se tiennent de préférence dans les forêts et méritent d’être rangés parmi les animaux utiles,
GIUMPEURS.
à cause du grand nombre d’insectes qu’ils détruisent. Ils percent des trous dans les arbres pourris, et y construisent leurs nids. Les principales espèces de nos pays sont le Pic noh\ le Pic vert, VÊpeiche (fig. 'ÎS?) ou Pic noir et blanc et VEpcichette, grosse comme im moineau.
Les coucous sont répandus sur toute l’étendue de l’ancien continent. L’Europe n’en possède qu’une espèce, le Coucou gris, Oiseau voyageur cjui passe la belle saison dans nos contrées, mais nous quitte à la fin d’août pour passer en Asie ou en Afrique.
Ces Oiseaux ont des mœurs sin^ii-
lières : la femelle pond ses œufs à Fig. 237.— Pic (Moyen Épeiche). terre, puis, les prenant dans son bec,
les porte dans le nid de quelque Oiseau du voisinage : les espèces auxquelles elle confie le soin de couver et d’élever sa progéniture sont surtout les Fauvettes, le Rouge-Gorge, le Rossignol, le Merle, la Grive, etc.
On aditque lafernelle du Coucou était une véritable marâtre, une mère dénaturée qui n’avait nul souci d’assurer le développement de ses petits. Ce jugement est assurément trop sévère; et si elle agit de la façon que nous venons d’indiquer, cela tient uniquement à ce que sa ponte est fort lente et que, si elle devait couver elle-même scs œufs, il arriverait un moment où elle devrait tout à la fois couver des œufs récemment pondus et pourvoir à l’alimentation de petits nouveau-nés, deux occupations parfaitementincompatiblcs. La mère, du reste, ne sedésintéresse point de ses œufs et va les visiter souvent, pour voir si le propriétaire du nid où elle les a disposés en a tout le soin voulu.
On rencontre dans l’intérieur de l’Afrique le Coucou indicateur, qui, très friand de larves d’Abeilles, a recours à un bien
OISEAUX
curieux manège pour se les procurer. Dès qu’il a découvert une ruche, il vole vers les cases des Hottentots et cherche par ses cris à attirer l’attention de la première personne qu’il rencontre : est-il parvenu à ses fins, il prend en voletant la direction de la ruche, suivi de l’indigène, qui sait ce que signifie ce manège. Celui-ci s’empare du miel, le Coucou assiste en spectateur à cette opération; quand elle est terminée, son tour est venu de recueillir le fruit de ses peines : il se jette alors sur les nymphes d’Abeilles et s’en repaît à loisir.
Au Paraguay, au Brésil et à la Guyane, vivent les toucans. Oiseaux munis d’un bec dentelé et d’une taille démesurée. Ce bec, malgré sa longueur et sa grosseur colossales, n’est guère utile, car il est faible est mou. Les Toucans se nourrissent des fruits du Goyavier et du Bananier; ils saisissent le fruit avec l’extrémité du bec, le font sauter en l’air, puis le reçoivent dans leur bec largement ouvert et l’avalent tout entier. Ils nichent dans des trous creusés dans les arbres par d’autres Oiseaux, notamment par les Pics. Leur plumage, des plus brillants, était autrefois fort recherché en Europe pour la fabrication des manchons.