Si ces AGENTS GÉNÉRAUX DE LA NATURE, Si CCS puiSSaUCCS
résidaient dans une matière, si elles avaient une substance, une étendue, du poids, on pourrait les considérer comme des corps; mais on ne connaît guère que leur mouvement; elles ne manifestent leur existence qu'au moment où elles sont arrêtées par les surfaces d'autres êtres matériels, quand elles les pénètrent en s'y unissant, ou qu'elles en sortent en s'en séparant. Quoique ces agents produisent des formes ou des apparences nouvelles dans ces corps, ce n'est que lorsqu'ils s'en dégagent qu'ils manifestent leur existence sur nos sens ou quand ils exercent leur action sur les autres corps. On n'a jamais vu ces puissances isolées, puisqu'elles ne deviennent sensibles qu'au moment où elles se combinent avec d'autres matières, ou lorsqu'elles les abandonnent. Ces forces agissent alors sur les corps en leur communiquant d'autres qualités, d'autres propriétés ; aussi les a-t-on nommées des agents. On les désigne aussi sous le nom de fluides; mais ce mot de fluide est un terme de convention pour indiquer que leurs molécules ou les particules qu'on suppose les former, sont très-peu liées entre elles; qu'elles coulent, qu'elles fluent pour ainsi dire les unes sur les autres , et qu'elles se meuvent avec une gmnde facilité. Comme on ne peut contraindre ces fluides à rester isolés dans un espace déterminé , et que dans aucun cas on ne peut
fet LOIS GÉNÉRALES. ~ AGENTS IMPONDÉRÉS.
connaître leurs poids, on les a encore nommés incoercibles , impondérables, ou mieux impondêrés.
U. Ces fluides, qu'on peut saisir ou retenir isolément, ne sont connus que par leurs propriétés ou par Faction qu'ils exercent sur nous et sur les autres corps, en produisant les modifications rapides qui , seulement alors , les rendent sensibles à la vue, à l'ouïe, au tact; aussi ces agents sont-ils essentiellement du ressort de la physique. Cependant, comme ils remplissent un très-grand rôle dans la nature, en enveloppant, en adhérant, en pénétrant plusieurs matières dont ils modifient , changent ou altèrent les formes et les autres qualités, nous jugeons indispensable de les faire connaître, au moins d'une manière générale, par leurs propriétés. On admet quatre de ces fluides, dont deux n'ont pas encore reçu de nom substantif; mais, dans rhyi)othèse que nous sommes forcés d'admettre pour leur existence réelle, au lieu d'employer les adjectifs dont on a fait usage jusqu'ici pour les désigner, et sentant le besoin d'introduire dans le langage de la science des termes simples pour indiquer ces agents, nous hasarderons de proposer deux nouveaux noms, et nous nous livrerons à leur étude dans l'ordre ci-après : Le fluide calorique, (45) ou le calore; le fluide lumineux, (55) ou la lumière; le fluide électrique, (95) ou 1'^lectron; le fluide magnétique, (70) ou Y aimant.
45. Le Calorique. — Lorsque nous exposons notre corps, ou quelques-unes de ses parties, à l'action directe du soleil, à celle du feu ou des corps qui brûlent, la sensation que nous éprouvons se nomme la chaleur. Par opposition, nous appelons froid l'impression inverse , la sensation ou la perception comparée d'une chaleur moindre, c'est-à-dire inférieure à une autre ; c'est la conscience actuelle que nous avons du défaut de chaleur, ou de la soustraction de celle que nous perdons.
46. La cause qui produit ces efl*ets peut être excitée par nous à volonté; nous pouvons la recueillir, la transmettre, la diviser, la distribuer dans d'autres corps comme un fluide qui les pénétrerait. On a réalisé ce fluide, et on l'a appelé le principe du feu, la matière du feu et de la chaleur, le calorique ou le calore. Les principaux phénomènes que présente cet agent, et que nous allons faire connaître d'une manière générale, sont