PRÉFACE
Il y a plus de quarante ans que cet ouvrage a été publié pour la première fois sous le titre de Traité élémentaire de l'Histoire naturelle. Â cette époque le premier consul avait lui-môme indique quelques-unes des bases d'après lesquelles il désirait que ce livre fût conçu et rapidement composé 5 car il l'avait d'avance désigné et prescrit comme devant servir à renseignement dans les lycées nationaux. L'auteur, qui suppléait alors et depuis deux ans son ami G. Cuvier dans les écoles centrales , ainsi que M. de Lacépède au Muséum d'hisloire naturelle, fut nominativement chargé de rédiger ces éléments de la science qu'il enseignait , et Touvragc parut Tannée suivante , en 1804.
Les quatre éditions qui.se sont succédé d'abord rapidement, au nombre de douze mille exemplaires , ont nécessairement exigé beaucoup de changements et d'augmentations nécessaires pour suivre les progrès que la science faisait dans ces intervalles. Placé heureusement au centre des plus riches collections de toutes les parties de l'histoire naturelle, vivant constamment avec les hommes les plus éclairés dans les sciences d'observations, l'auteur a pu connaître les faits nouveaux les plus importants et s'initier ainsi aux découvertes successives auxquelles quelques-uns de ses propres travaux n'ont peut-être pas été étrangers.
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Cependant, eomme la dernière édition datait de 1830 , une nouvelle était réellement devenue indispensable. 11 fallait maintenir ce livre élémentaire au niveau des progrès de la science, surtout en raison des découvertes majeures obtenues à l'aide des procédés électro-dynamiques et par le perfectionnement des analyses chimiques. Des circonstances obligées de librairie , indépendantes du désir et de la volonté de l'auteur, avaient mis obstacle à cette publication , dont plusieurs des professeurs chargés de renseignement élémentaire de l'histoire naturelle avaient reconnu la nécessité. Pour y suppléer, Ils avaient composé séparément des ouvrages du même genre , qui ont été adoptés par l'Université de France.
Parmi ceux-ci , le principal et le plus complet est sans contredit celui qui a paru au commencement de Tannée 1841, sous le titre de Cours élémentaire d'Histoire naturelle. C'est un traité fort savant , mais peut-ôlre moins élémentaire dans quelques-unes de ses parties que ne semble l'indiquer son intitulé. Ce sont en effet trois ouvrages distincts, rédigés par des auteurs différents, naturalistes trèsdistingués^ membres de rAcadémie des Sciences; mais ils n'ont été réunis sous un môme titre que pour être, en apparence, conformes aux exigences d'un mode d'enseignement prescrit pour les collèges royaux, dans lesquels on ne doit cependant donner aux élèves que les premiers éléments de l'histoire naturelle. Il est évident que la marche suivie par ces auteurs a servi de base à la décision , alors toute récente, du conseil de l'instruction publique dont l'arrôlé, en date du 14 septembre 1840, n'a précédé leur publication que de quelques mois seulement.
Le programme adopté pour l'enseignement de rhisloire naturelle a été réellement conçu dans tous ses détails, excepté pour l'ordre des matières el l'exposition dans la série des leçons , sur le plan primitif du livre qui est ici pu-
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blié de nouveau. Le lecteur pourra facilement s'en convaincre en parcourant les tables méthodiques des matières qui n'ontëprouvé aucun changement, caries modidcalions nombreuses qu'il renferme n'onl jamais porté que sur les faits nouvellement acquis à la science. A la vérilé le développement successif des idées, et la marche de l'ouvrage, sont complètement inverses de Tordre suivi dans le Cours élémentaire d'Histoire naturelle-, mais Tauteur croit avoir été plus didactique en persistant dans sa première méthode , qui consiste à procéder constamment du simple au composé dans Tétude des corps de la nature.
On commence ici par présenter des notions générales et succinctes sur les lois qui régissent la matière et sur les principaux agents qui les modiûent; puis on traite des corps inertes, qu'il faut d*abord connaître pour bien concevoir le mode d'exislence des êtres organisés , végétaux et animés. Or, le programme demande en première ligne l'enseignement de la Zoologie, puis de la Botanique, et enfin de la Minéralogie.
L'auteur n'a pas cru devoir changer la méthode d étude qu'il avait employée d'abord et qu'il soumet de nouveau au jugement des professeurs chargés de cette partie de l'enseignement , la plupart ayant sans doute commencé à s'en servir pour leur première instruction. C'était d'ailleurs la marche suivie par Cuvier, et l'auteur lui-même en a fait une longue et heureuse expérience depuis près de cinquante années. En effet, il s'est constamment servi de ce procédé dans ses leçons sur presque toutes les parties de l'histoire naturelle , qu'il a successivement professées , et dont il a posé les fondements dans quelques-uns de ses autres ouvrages.
Celte cinquième édition des Éléments des sciences naturelles^ quoique d'un plus petit format que les précédentes , est cependant considérablement augmentée-, la disposition
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typographique ayant permis de faire entrer plus de lignes dans chaque page et quelques caractères de plus dans la ligne; cet avantage a été obtenu principalement par le transport que Ton a fait dans le texte, des numéros qui indiquaient les paragraphes dont ils étaient auparavant complètement détachés. L'exécution de Touvrage étant d'ailleurs très-nette, la lecture n'en sera pas fatigante.
Les vingt-huit planches, gravées au trait , qui remplacent celles des éditions antérieures , contiennent un très-grand nombre de dessins. Des numéros correspondent à ceux des paragraphes dans lesquels les objets représentés se trouvent assez bien expliqués pour qu'il n'ait pas été nécessaire de donner d'autres indications. Ces figures ont été, pour la plupart, dessinées de nouveau par M. ChazaI , peintre habile et instruit, qui les a disposées dans un ordre plus méthodique que celui des planches précédentes.
11 est important de répéier que ce livre ne renferme réellement que les premiers éléments des sciences d'observation ; c'est-à-dire les principes de la physique , de la chimie, de l'anatomie et de la physiologie des végétaux et des animaux ; en particulier et essentiellement les plus simples notions de la minéralogie et des sciences qui en sont les accessoires , telles que la docimasie , la cristallo-^ graphie, la métallurgie et la géognosie ; de même que les principaux faits de la botanique et delà zoologie.
On conçoit que ce traité a dû être extrêmement abrégé pour donner des idées claires et concises des faits nombreux qu'il renferme. Ceux-ci n'ont pu être qu'indiqués , il est vrai , mais ils l'ont été dans un ordre tel que les principaux êtres de la nature et les circonstances les plus curieuses ou les plus intéressantes de leur mode d'existence y sont relatés et appelés ainsi à augmenter la masse des connaissances utiles que la jeunesse avide d'instruction pourra y recueillir avec fruit.
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H a fallu mettre un grand ordre et beaucoup de pr^oisioQ pour faire connaître tant d'objets divers; et, pour ne pas trop augmenter le volume de l'ouvrage , le subordonner k un arrangement tel que la déOnition d une expression ou d'un terme employé pour la première fois n'eût plus besoifi d*élre reproduite. C'est le résultat avantageux des métbodei introduites en histoire naturelle. Le soin que l'on a pris d'in^ diquer dans le texte par des caractères italiques les mpts dont le sens ou la valeur ont été déterminés dans cette pre^ mière occasion , a permis de les relever dans une tabl^ alphabétique très-étendue qui a été placée à la fin de oif^n cun des deux volumes. A laide de ces vocabi|l<)ires qui contiennent plus de cinq mille mots dont la significatien § été fixée rigoureusement, on peut à l'instant, et sous le ou» méro du paragraphe qu'il indi([ue, retrouver Taeceptioi) dvi terme, ainsi que la défiuition particulière qui en ^ étf donnée (i).
La première partie de l'ouvrage est celle qui a dû eicig^p le plus grand nombre de changements et même do cprree^ tiens. Les notions nouvelles acquises sur la théorie et les différents modes de rélectriciié, les nombreuses découvertes opérées dans ces derniers temps sur la nature et la véritable composition de certains corps inertes ou non organisés, ont exigé beaucoup de roctiQeations pour suivpe les progrès de la science. Profilant des travaux récents des physiciens, des chimistes, des minéralogistes et des géologues, l'auteur a recueilli tous les faits importants et curieux dont la connaissance était devenue indispensable.
La botanique n'a pas eu autant de modifications i subir dans cet ouvrage; De Gandolle, ami de l'auteur,
(i) Un grand nombre de ces déOnitions nouvelles ont para assez claires et assez précises à plusieurs lexicographes pour qu'ils les aient empruntées et qu'ils aient adopié ainsi l'explication du sens attribué aux termes qu'ils ont introduits dans leurs Dictionnaires.