MESURE DE L ENERGIE ELECTRIQUE 17K
On distingue toujours, dans les compteurs d'énergie pour courants alternatifs simples ou monophasés, de même que dans les jouleraètres pour courants continus, deux enroulements, l'un à gros fil intercalé dans le circuit d'utilisation, à la façon d'un ampèremètre, l'autre en fil fin dérivé, comme un voltmètre, sur les bornes de ce circuit.
Quelquefois ces enroulements constituent, avec une résistance additionnelle non inductive, un wattmètre mesurant constamment la puissance électrique moyenne, et un mécanisme spécial fait avancer périodiquement d'un angle proportionnel à cette puissance les aiguilles des cadrans totalisateurs.
L'enroulement à gros fil est souvent l'inducteur et l'enroulement à fil fin l'armature d'un petit moteur électrique entraînant le premier rouage du mécanisme totalisateur et pourvu d'un frein développant un couple résistant qui varie comme la vitesse de rotation de la machine. Abstraction faite des frottements, réduits et compensés autant que possible, la vitesse angulaire moyenne du moteur est alors proportionnelle, en régime, au produit moyen des valeurs instantanées que lescouranls possèdent simultanément dans l'inducteur et dans l'induit. L'intensité du courant traversant ce dernier organe varie d'ailleurs proportionnellement à la différence de potentiel des points auxquels l'induit est raccordé par l'intermédiaire d'une grande résistance non inductive, si celle-ci est suffisante pour qu'on puisse négliger devant la tension qu'elle absorbe la force électromotrice induite dans l'armature. C'est ainsi qu'est combiné le compteur Elihu Thomson, un des plus employés dans les distributions à courants continus. Le frein de cet appareil consiste en un disque mi-tal-
liquG monté sur l'artire du moteur et tournant entre les pôles d'aimants permanents.
M. Aron utilise aussi avec les courants alternatifs des compteurs semblables h ses joulemètres pour courants continus. Au-dessus d'une bobine fixe, parcourue par le courant fourni à l'installation desservie, oscille une bobine remplaçant la lentille d'un pendule et dérivée, en série avec une forte résistance additionnelle dépourvue de self-induction, entre les conducteurs d'alimentation, de manière k être traversée par un courant faible dont l'intensité demeure sensiblement proportionnelle au voltage de service. Dans ces conditions, suivant que les enroulements sont connectés au circuit dans un sens relatif ou dans l'autre, la durée des battements du pendule, beaucoup plus grande que la période des courants, est allongée ou raccourcie proportionnellement à la puissance électrique moyenne transmise aux récepteurs. Le pendule influencé et un pendule ordinaire oscillant synchroniquement avec le premier quand le compteur est inactif, agissent simultanément sur un mécanisme d'horlogerie différentiel qui totalise sur un système de cadrans la différence des nombres d'oscillations accomplies par les deux pendules, laquelle peut servir de mesure à l'énergie électrique consommée par l'installation que le compteur contrôle.
Dans certains joulemètres pour courants alternatifs, c'est la réaction de courants induits dans un mobile métallique qui fait effectuer à celui-ci un nombre de révolutions croissant dans le même rapport que l'énergie électrique à évaluer.
Le compteur de la General Electric Company appartient à cette catégorie d'appareils {fig. 74). Les varia-