‹ Éléments et théorie de l'architecture; cours professé à l'École nationale et spéciale des beaux-arts (volume 3)Chapitre 15 sur 73 · VELIE PRINCIPALE DU THEATRE D'EAU · texte numérisé non relu

VELIE PRINCIPALE DU THEATRE D'EAU

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Fis;. 1626. — Théâtre d'eau du parc de Versailles. (D'après une ancienne gravure.)

LES JARDINS 189

horizontale, bassin ou pièce d'eau; l'eau jaillissante, c'est toute la série des jets d'eau ; enfin l'eau tombante, élément des vasques, mascarons, chutes, etc., et notamment des cascades. Bien entendu, ces éléments peuvent et doivent se combiner, ainsi que nous l'avons vu avec les fontaines, sujet sur lequel je ne reviendrai pas. Cette variété, ce contraste entre les eaux jaillissantes obéissant à une propulsion forcée, et la chute paresseuse de l'eau qui s'épanche, l'opposition de ces deux mouvements avec l'immobilité du bassin où se mirent les reflets, et tout cela avec une dépense d'eau relativement minime, voilà ce qui distinguera la conception de l'artiste ; avant tout, il faut que l'eau soit bien en vue, qu'elle produise tout l'effet possible par des rebonds, des rejaillissements, des obstacles qui la feront ressauter et resplendir au soleil. Il y a là quelque analogie avec les habiletés qui sur la scène d'un théâtre augmentent l'intensité et la puissance des effets par l'ingéniosité des moyens.

Aucun exemple ne saurait mieux vous montrer les ressources et les moyens de cet art que la cascade de Saint-Cloud (fig.1627). Je ne veux pas vous la décrire, mais seulement vous signaler toutes les recherches de variété qui en font un si remarquable spectacle d'effets d'eau. La cascade se subdivise en plusieurs chutes, dont les pentes sont différentes : ici cascade en gradins, là plutôt écoulement incliné, qui lui-même se resserre dans des rétrécissements. De petits jets verticaux contrastent avec ces écoulements, des mascarons versent l'eau en chutes plus rapides et plus dessinées ; au bas enfin les longues lignes de quelques gradins d'eau s'opposent comme des horizontales du plan à la composition supérieure qui en suit les lignes de plus grande pente ; le vaste bassin du bas contraste par son calme avec tout ce mouvement.

A Versailles, les effets d'eau abondent, souvent avec la réu-

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