A LA MEME QUE CI-DESSUS
Ephémère paraît la vie, Ephémère paraît la fleur :
Chacune, hélas ! nous est ravie Si tôt. . . qu'on se dit : quel malheur !
Mais la plante, au sein de la terre, Jouit de sa fécondité; Et, par son germe salutaire, Arrive à l'immortalité.
C'est peu de chose à la nature Que la fin des fleui-s et des fruits : La mort serait que, d'aventure.
Tous les germes fussent détruits.
Plus vivace et plus immortelle Est notre âme, fleuron de Dieu; A. l'existence il dépend d'elle De ne dire jamais adieu.
Que lui faut-il? la certitude Que l'élu de Dieu ne meurt pas.
Que Dieu pour la béatitude Eprouve le monde ici-l)as.
Vienne l'assaut, vienne la crise, Vienne l'orage autour de nous; Que tout croule, que tout se brise, Nous résistons à tous les coups.
Humbles, nous n'avons qu'à nous dire; Dieu notre Père ainsi le vent; Aussitôt se change en sourire La tempête qui nous émeut.
Voyez:... Epreuve passagère Et prompte consolation; Course pénible en la carrière, Et là-haut jubilation !
Toujoui-s. en ce pèlerinage, Regardez l'éternel bonheur :
Soleil derrière le nuage, Et Ciel derrière la douleur !
La mort unique et véritable.
En ce monde, c'est le péché; Dans l'autre, c'est l'épouvantable Anathème d'un Dieu fâché.
Reste-t-elle en état de grâce, Germe de l'état glorieux.
L'âme est sûre, quoi ({u'elle fasse, ^De vivre à jamais dans les cieux !
Ainsi dans la «{^râce divine Se troiivent la tranquilité.
La foi. l'amour qui prédestine A la joyeuse éternité.
Et donc par vigilance extrême.
Sacrifice et zèle de feu.
Assurons-nous ce bien suprême :
La grâce et l'amitié de Dieu. '
Alors, ni la fleur ni la vie, X'auront trop de brièveté :
Que l'une on l'autre soit ravie.
Le cœur n'en est pas affecté.
Nous ne perdons plus de chimères.
Nos chimères n'existant plus T . . .
Périssent les biens biens éphémères Puisqu'ils sont vils et superflus !
Vous dites: Mais les chères âmes De nos proches, de nos amis.
Objets de nos plus tendres flammes.
Leur souvenir est-il omis ? ,
Non ! De la grâce, à votre exemple.
Qu'elles aient le germe immortel.
Et vous pourrez jouir ensemble De la félicité du ciel.
Ces âmes qui vous sont si chères, Entraînez-les ! Qu'il vous soit doux De les aider, par vos' prières, A monter au ciel avec vous !
Il reparaît aA^ec l'aurore L'astre qui s'est couché le soir Ainsi le décès qu'on déplore Doit être un suave au-revoir.