‹ Elévations poétiques (volume 2)Chapitre 45 sur 80 · QUI AIDA L'AUTEUR A TERMINER SON COURS D'ETUDES · texte numérisé non relu

QUI AIDA L'AUTEUR A TERMINER SON COURS D'ETUDES

A Page de vingt ans que la vie est ardente ! L'âme, encor dans sa fleur, l'âme que tout enchante.

Aime à vivre d'émotion.

Je suis comme l'oiseau de la saison nouvelle : Comme ce rossignol, comme cette hirondelle

Gazouillant sa douce chanson,

Et laissant tomber de son aile Quelques plumes sur le gazon.

Des sentiments divers ont bercé ma jeunesse : Tour à tour le chagrin, la joie et la tristesse

Ont frappé leurs coups sur mon cœur; Et mon cœur, trop sensible, en a gardé la trace G les chers souvenirs que jamais rien n'efface

Telle on voit l'épine et la fleur

Que Tonde emporte à sa surface

Avec une éwale douceur !

I^li ! bien. vt)ilà p()ui'<|ii()i mon cœur est une lyre. Tne lyre qui chante, ou murmure, ou soupire

Des airs de tendresse et d'amour.

Voilà pourquoi, la nuit, lorsque tout fait silence. Je dispose des mots avec ordre et cadence.

Pour exprimer, suivant le jour.

Ma douleur ou mon espérance.

Chanter et ,])leurer tour à tour.

Mais ces chants de mon (-(eur. seul je puis les co-mpren- Et dégoûté bientôt, sans pouvoir m'en défendre, fdre

Je les éparpille soudain.

Je ne regarde pas si quelqu'un les accueille : Je les laisse, pareils à la rose qu'on cueille.

Tomber lentement de ma main.

Et se répandre, feuille. à feuille.

A tous les buissons du chemin.

Il est vrai (|ue j'ai vu des âmes généreuses M'honof^r quelcjnefois de louanges flatteuses

Et se plaire à lire mes vere.

() noble sympathie ! O charité suprême ! Il fait bon quand on souffre, il fait bon quand on aime.

Dans les .succès, dans les revers.

Que la bonté, la pitié même,

Xous présente ses bras ouverts.

Telle, naguère encor. telle je vous i}\ vue

Ame compatissante, heureusement connue Longtemps avant ces derniers jours.

Vous fîtes refleurir l'ancienne connaissance....

Que je vous dois de grâce et de reconnaissance Pour vos bienfaits, pour vos discours.

Pour votre aimable bienveillance

Dont je me souviendî'ai toujours ! '

Votre don jDrécienx m'est un gage d'estime : Souffrez donc que mon cœur, à son tour vous exprime

Quelques mots de remerciements.

Aux plus himibles accords de la plus humble lyre Vous daignerez, belle âme, accorder un sourire :

Ils n'ont point d'autres agréments

Que le mérite de a'ous dire

Quels sont pour vous mes sentiments.

Vous n'avez pas qu'un titre aux efforts de ma muse Entre tous, cependant, faut-il que je m'excuse ? —

Votre âme bonne est le meilleur.

Kien n'égale, ici-bas, l'empire irrésistible, Le charme tout divin, d'un cœur tendre et sensible

Qui console dans le malheur,

Et qui, toujours, est accessible

Aux angoisses de la douleur.

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