‹ Élévations poétiques (volume 3)Chapitre 112 sur 114 · REFRAIN · texte numérisé non relu

REFRAIN

Nous viendrons, aimable père, Vous présenter chaque jour, Avec notre humble prière, Le tribut de notre amour.

Ton lis qui fleurit dans le temple Te joint à la Mère de Dieu :

Vous allez vous soumettre ensemble Aux ordonnances du Saint Lieu.

A Nazareth, c'est l'innocence, Le travail, la paix, la douceur ; Et c'est aussi l'humble croyance A l'ange envoyé du Seigneur.

A Bethléem, c'est le courage, C'est l'héroïsme de la foi :

Dans son misérable entourage Tu reconnais ton Divin Roi.

Quand tu fuis en terre étrangère, Quelle aimable soumission !

Tu couvres l'Enfant et sa Mère De ta noble protection.

Revenant de la ville sainte, Tu perds, tu retrouves Jésus :

D'amour, de douleur et de crainte Mère et père sont confondus.

En quelle auguste compagnie Tu quittes ce monde mortel !

C'est entre Jésus et Marie Que tu t'élances vers le Ciel !

Là-Haut, que ta gloire est sublime, Intendant chéri du Seigneur !

Le Ciel, d'un concert unanime, Proclame à jamais ta grandeur.

Pour nous, mortels, c'est ta puissance Qui nous offre le plus d'attraits :

Réponds à notre confiance, Et comble-nous de tes bienfaits.

Hymne à, Sainte ^rjrçe, patrorçqê do Canada.

Nos ancêtres fameux, poussés par leur vaillance,

Par la vertu de leur grand cœur, Quittèrent sans faiblir le beau pays de France,

Bravant la mer et sa fureur :

Et dans ce nouveau monde, à la rive sauvage,

On les* vit aborder un jour,

Leurs navires portant de Sainte Anne l'image, Leur âme portant son amour !

Ah ! c'est que maintes fois, dans son humble chapelle, Priant et pleurant à ses pieds,

Ils avaient reconnu la bonté maternelle

De la Reine des nautonniers :

Cette admirable foi les inspirait encore

Dans leurs élans vers d'autres cieux, Tant ils voulaient, chrétiens, voir se lever l'aurore

De l'ère chrétienne en ces lieux.

Ils voulaient, en fondant cette noble patrie

Sur leur chère dévotion, En faire pour toujours une terre pétrie

De pieuse religion ....

Sainte Anne à l'avant-garcle ! —Et leur âme héroïque

Se retrempant dans cet espoir, Le Canada, pour eux, remplaça l'Armorique

Qu'ils ne devaient jamais revoir.

Ils ne perdirent point, ces croyants des Bretagnes

Leur douce Patronne d'Auray :

Ils la virent encor dominer leurs campagnes,

Au sanctuaire de Beaupré, . . .

Nous, fils de ces dévots, de ces preux d'un autre âge

Soyons maintenant généreux :

Gardons avec fierté cet antique héritage :

Ce culte saint et glorieux.

Héritiers de leur foi comme de leur mémoire,

Ayons leur esprit ^et leur cœur; Aimons Dame Sainte Anne et proclamons sa gloire

Avec tendresse, avec bonheur.

L'éclat de son amour en notre âme fervente

Sera toujours un feu d'espoir ; Et son nom, pour nos yeux, comme une étoile ardente

Brillant, la nuit, dans un ciel noir.

Quand nous invoquerons cette mère chérie

Pour le salut de nos esquifs, La mer apaisera sa houle et sa furie ;

Elle aplanira ses récifs.

Et quand nous toucherons à la plage bénie

Où nous attendent nos aïeux, Notre bonne Sainte Anne et la Vierge Marie

Nous introduiront dans les Cieux !

Page 1