‹ Élévations poétiques (volume 3)Chapitre 12 sur 114 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Deus novissimè. in diébas istis, locutus est nobis in Filio. Hebr. I. 1.

Il est donc apparu, parmi nous sur la terre,

Celui que Dieu promit à notre premier père,

Pour sauver Israël et toute nation. . . .

Tressaillez, Abraham, David et Salomon ;

Tressaillez d'aise et d'allégresse ;

Car Dieu, fidèle à sa promesse,

Vous l'a donné pour rejeton !

Un jour, à Bethléem, naquit dans une étable, D'une vierge sans tache, un enfant adorable Que l'Esprit Saint lui-même avait mis dans ses flancs. Du coup le Ciel s'ouvrit ; des angéliques chants Portèrent la bonne nouvelle, Tout agréable et toute belle, Aux humbles bergers dans les champs !

L'Archange Gabriel avait dit à Marie :

" Votre virginité ne sera point flétrie :

Par acte du Très Haut, seul ampur en ce lieu,

Vous concevrez Jésus en gardant votre vœu !"....

La Vierge, à ces mots, rassurée,

Avait dit, de bouche inspirée :

" Me voici prête à servir Dieu."

Du fond de l'Orient accourent les rois mages : Us viennent présenter à l'Enfant leurs hommages, Et d'un cœur généreux, offrir en même temps, A ce Dieu nouveau né, leurs plus riches présents . . .

Avec les ardeurs de leur âme,

Leur foi, leur prière de flamme,

Voici l'or, la myrrhe et l'encens !

L'Enfant grandit en âge; il grandit en sagesse ;

Il a pour ses parents la plus vive tendresse ;

Il est humble et soumis, l'égal des serviteurs ....

On le trouve, à douze ans, au milieu des docteurs Il leur répond, les questionne:

L'assemblée entière s'étonne Devant ses discours enchanteurs!

Il commence à trente ans sa mission publique :

A guérir il travaille, à sauver il s'applique :

" Venez à moi, dit-il, vous tous qui gémissez,

Vous tous esprits soutirants, vous tous cœurs oppressés,

Vous tous accablés par les peines ;

Et je ferai tomber les chaînes

Dans lesquelles vous périssez !

Je suis la liberté de toute âme asservie La vérité, l'amour, et la source de vie ; Je ranime les cœurs ; je montre le chemin Qui seul peut vous conduire au royaume divin ; Du monde je suis la lumière ; Et je puis seul, dans sa carrière, Illuminer le genre humain !

Je suis l'Agneau céleste immolé pour vos crimes : Au lieu d'être à jamais de Satan les victimes, Vous serez, — à côté des anges glorieux, — Les héritiers bénis du royaume des Cieux : Je vous rends mon Père propice Et j'apaise enfin sa justice En versant mon Sang Précieux.

Fils et Verbe de Dieu : telle est mon origine : En tant qu'issu du Ciel, ma nature est divine, Car je suis en mon Père et mon Père est en moi Je suis votre Sauveur, votre Dieu, votre Roi :

Venez donc, pleins de confiance,

Placer en moi votre espérance

Et votre amour et votre foi.

Tout homme qui croira recevant le baptême, Obtiendra ma clémence et le pardon suprême : Je ne veux point la mort des pécheurs ici- bas : Je suis le Bon Pasteur ; je vous ouvre mes bras :

Je ne perdrai les infidèles,

Au sein ^es flammes éternelles,

Que b'iis ne m'obéissent pas.

Je vous oflre la vie avec pleine abondance : Convertissez-vous donc et faites pénitence. . . . Mes prêtres jugeront tout pécheur qui revient : Je retiens les péchés que l'Eglise retient ; Mais sont-ils remis par l'Eglise, J'en fais moi-même la remise, Au même instant, comme il convient.

Vous aurez pour motif de force et de courage Ma chair en nourriture et mon sang en breuvage ; Qui mangera ma chair et qui boira mon sang, Aura contre la mort un gage tout-puissant ;

Résurrection solennelle,

Allégresse et vie éternelle,

Il s'incorpore en m'embrassant !

Puis je vous enverrai la céleste lumière. . . . Le Divin Paraclet viendra sur ma prière, Purifier vos cœurs, éclairer vos esprits : Tous mes enseignements sont encore incompris ; Mais dès que l'Esprit, par ses flammes, Aura régénéré vos âmes, Ils deviendront clairs et précis.

Mon Père, par trois fois, m'a rendu témoignage ;

Pour être convaincus, vous faut-il davantage ? . .

Croyez donc maintenant aux œuvres que je fais.

Ne comprenez-vous pas que si je vous mentais, Mes titres seraient des rapines, Et faire des œuvres divines Vos yeux ne me verraient jamais ? "

Un homme ainsi parla. . . Mais n'était-il qu'un homme ? Jésus ! . . . . vous qu'à genoux l'on adore et l'on nomme, Vous avez bien prouvé votre divinité. . . . Mille fois sans excuse est la fatuité

De tant d'aveugles ridicules

Se disant encore incrédules

A votre auguste Majesté !

Vous commandez en maître à l'entière nature : Aux noces de Cana, vous changeâtes l'eau pure, De six grands vases pleins, en vin délicieux ; Vous chassez les démons ; guérissez les lépreux ; Vous calmez sur mer les tempêtes; Vous marchez même sur les crêtes Des flots pour vous respectueux !

Dans cinq pains, deux poissons, la multitude immense Jusqu'à satiété trouve sa subsistance ; Les aveugles voient clair; les boiteux marchent droit ; Quand ils sont à vos pieds, descendus par le toit,

Les infirmes laissent leur couche;

Qu'une main seulement vous touche,

Vous exaucez quiconque croit !

On voit se redresser tous les paralytiques ;

S'apaiser tout-à-coup les pauvres lunatiques ;

D'un seul mot vous rendez la parole aux muets ;

L'entendement aux sourds ; et nul n'a de secrets Au plus intime de son âme, Que vous ne connaissiez la trame De ses pensers, de ses projets !

Jeune homme de Naïm ; toi, tille de Jaïre ; Toi, Lazare, pour qui Jésus pleure et soupire ; Ecartez vos linceuls; sortez de vos tombeaux ; Revenez à la vie, à vos anciens travaux :

C'est le Maître qui vous l'ordonne ! . . . . ' La mort, quand cet ordre résonne,

N'a qu'à déchirer ses bandeaux!

Pierre frappe Malchus et lui coupe l'oreille ; Mais Jésus la lni rend, — charitable merveille ! — Il demande aux soldats : " Qui cherchez-vous ici ?.. . C'est moi ! . . Ne faites donc aucun mal à ceux-ci !" . .

Chaque soldat, plein d'épouvante,

Eprouve une chute effrayante,

Mais reste le cœur endurci.

Dès que Jésus expire en croix sur le calvaire, L'univers consterné gémit à sa manière : C'est la terre qni tremble ; et le roc est fendu ; Le voile est déchiré ; le soleil confondu

Refuse au monde sa lumière ;

Les morts sortant de la poussière,

Se montrent d'un air éperdu !

Or le troisième jour, aux premiers feux d'aurore — Cette fois de bonheur,— la terre tremble encore ; Un ange ôte la pierre; et sorti du tombeau, Jésus ressuscité, plus vivant et plus beau,

Dompte la mort par sa victoire

Et parait enfin dans sa gloire,

Commençant un règne nouveau !

Ses amis le pleurant, tristes, sombres, moroses, Le voient soudain paraître à travers portes closes . Disparaître de même! . . Ils le voient de leurs yeux Quand sa bouche leur parle, ils l'entendent joyeux Ils sont forcés de reconnaître Que c'est bien là le Divin Maître Conversant encore avec eux ! —

" Tel je suis envoyé, tels vous l'êtes vous-mêmes, Témoins de moi jusqu'aux pays les plus extrêmes Allez donc baptiser toutes les nations, Leur porter ma lumière et mes instructions,

Rendre leur cœur humble et docile,

Leur faire accepter l'Evangile

Avec mes bénédictions ! " —

Tels furent ses adieux, sa dernière parole; Et tout-à-coup semblable à l'aigle qui s'envole, Il s'élança dans l'air et monta vers le Ciel, Allant s'asseoir Là Haut sur le trône éternel,

A la droite de Dieu son Père,

Où son incessante prière

Est notre aide perpétuel !

Vive Jésus-Christ Dieu ! ... Ce n'est pas tout encore. Il avait dit à Pierre : " Un zèle me dévore : C'est de ne pas laisser orphelins mes enfants : Et pour être avec eux jusqu'à la fin des temps, Je fonde sur toi mon Eglise :

Je veux que sur ce roc assise, Elle ait des triomphes constants !

Le disciple n'est pas supérieur au maître : Vous devrez, bien souvent, comme moi, vous repaître De troubles, de chagrins, de persécutions : Mais vous triompherez contre les nations, Contre les portes infernales, Les attaques les plus brutales, Les plus dures oppressions ! " —

Eh ! bien, cette promesse est encore accomplie : L'Eglise catholique à son Dieu se relie Par un chef infaillible, immuable, honoré. - . . Vicaire de Jésus .... oh ! quel titre sacré ! . . . . Et puisqu'en lui Jésus demeure, Pour être sa force à toute heure, De Dieu n'est-il pas inspiré ?

Jésus-Christ lui transmet, divine et solennelle, Sa parole de grâce et de vie éternelle, Pour enseigner le monde et sauver les pécheurs, Saint Pierre, le premier de ces Papes prêcheurs.

Avec une vertu céleste,

Exerce le droit sans conteste

De régir troupeaux et pasteurs.

Un Pape s'enva-t-il, un autre le remplace : De Pierre à Pius dix on peut suivre à la trace La grande Papauté qui ne s'éteint jamais. Le vaisseau de l'Eglise est conduit désormais,

Malgré le vent, l'écueil, l'orage,

Tout droit au céleste rivage,

Au port de salut et de paix.

Millions d'ennemis ont voulu le détruire : Millions de chrétiens ont souffert le martyre Pour rendre témoignage à cette œuvre de Dieu. On sait bien aujourd'hui que ni glaive, ni feu, Ni gibets, ni bêtes féroces, Ni les prisons les plus atroces N'exercent d'empire en ce lieu !

Toujours victorieuse à travers les épreuves, L'Eglise constamment, par d'éclatantes preuves, Démontre son pouvoir et sa divinité.

Aurait-elle obtenu tant de prospérité,

Aurait-elle été si féconde, • Aurait-elle conquis le monde,

Sans cette auguste autorité ?

Elle brille à nos yeux d'un éclat, indicible : Elle est une, elle est pure, elle est indéfectible. . . . A quoi s'éclaire-t-elle ? Aux feux du Saint-Esprit! Quelle est sa sainteté ? Celle de Jésus-Christ!

Sa puissance ?. . . . Celle du Père !

Elle-même a son nom de Mère

Universellement inscrit !

Dieu commande par elle ; arrière votre doute ! Jésus-Christ lui disait : " Quiconque vous écoute M'écoutera moi-même ; et c'est moi-même aussi Qui serai méprisé par tout homme endurci

Dont le cœur de bronze ou de glace

Aura me pi [se votre face,

N'inipluiaiit pas votre merci! "

La parole du Père au peuple Israélite ;

La parole du Christ, encor plus explicite,

Pour soustraire le monde aux empires payens ;

La parole de Pierre aux primitifs chrétiens : Voilà donc la parole sage Dont tous les Papes, d'âge en âge, Sont dispensateurs et gardiens.

Le Pape n'a qu'un cri : c'est le cri de l'Eglise, Le cri même de Dieu, le cri qui s'éternise : " Hommes, venez à moi : je puis seul vous sauver ! Vous avez soif du Ciel : venez vous abreuver

A ma fontaine salutaire,

La seule que Dieu sur la terre,

A voulu par moi préserver !

Voilà le cri divin qui retentit sans cesse,

D'un bout du monde à l'autre, avec force et tendresse

Incrédules, si vous n'entendez pas ce cri,

Alors qu'un rocher même en serait attendri,

Oh ! c'est que votre oreille est sourde, C'est que votre chair est trop lourde, C'est que votre cœur est flétri !

SYMBOLISME de la NATURE

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i7œc autem in figura facto, sunt nostri.

Ire Cor. X, 6.,

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