TRADUCTION LIBRE
Quel adieu faut-il dire au siècle dix-neuvième Qui s'en va couronné d'innombrables succès ? Mille voix chanteront sa hardiesse extrême, Dans la physique et l'art ses merveilleux progrès.
Pour moi, je suis frappé de ses fautes énormes ; Loin de chanter, je pleure en lui disant adieu : Les pleurs ne sont-ils pas mille fois plus conformes A la honte, aux horreurs que je vois en tout lieu ?
Ne gémirai-je pas sur les guerres sanglantes, Sur les peuples meurtris, sur les sceptres rompus ? Les passions, l'erreur, les sectes violentes, Ont poussé jusqu'ici leurs torrents corrompus !
Contre le Vatican, ce refuge suprême De la gloire de Rome aux yeux du monde entier, Oui, contre nous Pontife, et contre Dieu lui-même, Se dresse la licence au venin meurtrier.
Eh ! bien, malheur ! malheur !. .. voilà ce qu'il faut dire ; Malheur à tout pouvoir insurgé contre Dieu ! Que sont les attentats où la justice expire ? De la poussière au vent ou de la paille au feu !
Entendez-vous les cris de ces énergumènes Oracles fourvoyés d'un monde mi-savant ? Ils ont supprimé Dieu dans leurs sentences vaines, Et croient lé remplacer par le simple néant !
L'homme n'est plus de Dieu l'auguste et sainte image, Le souffle de son cœur et l'œuvre de ses mains : C'est la matière brute, aveugle en son ouvrage, Qui façonna la bête et les nobles humains !
Mortels, éloignez- vous de ce gouffre funeste Où s'abîme et se perd tant d'orgueil frémissant ; Suivez, suivez toujours l'attrait pur et céleste Qui vous reporte à Dieu Créateur Tout-Puissant.
Car Dieu seul est la vie et la vérité sûre Et l'infaillible voie où nous devons marcher ; Lui seul un jour, au Ciel, comblera sans mesure Les vœux de tous nos jours passés à le chercher.
N'est-ce pas Jésus-Christ qui conduisit naguère, — Elan de foi sublime, auspice consolant, — Tant de peuples pieux vers le tombeau de Pierre Objet, plus que jamais, de leur zèle brûlant ?
— là —
O Jésus, de tout siècle et le père et l'arbitre, Daignez rendre meilleur le siècle nouveau-né ; D'âge vraiment chrétien qu'il mérite le titre Qu'il soit de plus en plus vers le Ciel entraîné !
Commandez à la mer, apaisez les tempêtes, Supprimez les combats, faites fleurir la paix ; Qu'on ne désire plus les injustes conquêtes, Qu'on relègue en enfer le règne des forfaits !
Animez tous les rois d'une même pensée ;
Que vous soyez toujours leur unique flambeau ;
Donnez à votre Eglise, abondante, pressée,
Seule foi, seul bercail, seul pasteur, seul troupeau.
J'arrive plein d'espoir au terme de ma course ; Ne comblerez-vous pas mes quatre-vingt dix ans ? De vos bontés pour moi puis-je tarir la source ? Exaucez donc, Seigneur, ma prière et mes chants.