CHEZ LES VRAIS BONS CATHOLIQUES, PAS AILLEURS
O tristesse! je vis qu'à part un petit nombre
De timides chrétiens comme vivant dans l'ombre,
Fervents adorateurs en esprit, vérité,
(Iroupés sous l'étendard du Christ ressuscité.
Prêtres, religieux, ordinaires laïques.
T'n seid corps avec Pape et i^iefs hiérarchiques,
Mais ayant l'air, hélas ! de demander pardon
Au siècle pour leur coeur et si pur et si bon . . .
Je vis, plein de stupeur, que la masse du monde
S'agitait, s'abîmait dans la matière immonde.
Les antres du plaisir ou les gouffres du jeu,
Ou les tripots de l'or, et. . . ne servait pas Dieu;
Tous ces infortunés, dans leur fatal délire.
Faisant j)rofession de jouir et de rire
Pendant qu'il en est temps. Vienne ensuite la mort;
Et qu'importe, au delà, l'énigmatique port ?
Comme si la raison n'était pas immortelle;
Comme si la souffrance ou Ja gloire éternelle
N'était pas le partage assuré des humains;
Comme si notre sort n'était pas en nos mains,
Et s'il était égal ou de sauver notre âme
Au Ciel, ou de la perdre en Fabîme de flamme.