PRÉSENCE DE DIEU
tn de ne
O vous qui tressaillez, comme la sensitive,
Au souffle d’un mot, d'un soupir ; O vous dont l'âme tendre et timide et craintive Est plutôt fuite, pour souffrir ;
O vous qui comprenez les voix de la nature, L'esprit des fleurs et des OISeaux,
Le vo! des papillons, le mystique murmure Des vents, des bois et des ruisseaux ;
O vous qui contemplez, dans l'univers immense, Dieu tout-Puissant qui le créa,
La sagesse la gloire et la magnificenc
Que partout sa main déploya ;
O vous qui méprisez les tumultes du monde, Ses vains propos, ses vains plaisirs ;
O vous qui recherchez la retraite féconde
En doux silence, en doux loisirs,
O vous dont l'œil s'allume et dont le cœur s’en-
[tlamme
Devant un spectacle béni :
O vous qui vous plaisez à descendre en votre âme Pour remonter vers l'infini ;
Vous pouvez, transporté par
Avec moi venez done :
Môme soif nous unit, méme
Oui, vous êtes poète et vous woûtez l'iv
De l'extutique enchantement ;
Escalader le firmament.
Allons explorer l'univers
Les mêmes bonheurs nous sont chers.
Envolons-nous avec ln brise, Avec le nuage et l'oiseuu ;
Montons comme un encens d'évlise, Comme un parfum de renouveuu.
Allons parcourir les Catipagnes, Les forêts, les pres, les vallons :
Passons pardessus les montagnes,
Les pics et les nids des uiglons,
Allons voir l'irumense étendue Des grands lues et des océans,
La richesse, entin. répandue
Sur notre globe et dans ses flancs.
Allons, dès que surgit l'aurore, Adumirer le soleil levant,
Tout ce qu'il éclaire et qu'il dore De son feu magique et vivant.
Allons vers lu face arentée De l’aimable reine des nuits, Par qui la terre est enchantée, Et les voyageurs sont conduits.
l'amour qui vous presse,
envolons-nous ensemble :
faim nous rassemble
Allons plus haut, vers les étoiles Qui, dans ln profondeur des cieux Perçant des ténèbres les voiles,
Viennent scintiller à nos yeux,
Allons, au-delà des espaces, Nous nbimer dans le Saint Lieu,
Nous éterniser dans les grâces, Dans les délices du Bon Dieu !
Mais quoi ! faut-il atteindre à ces confins extrémes Pour tronver le céleste nppui ?
Le Bon Dieu n'est-il pus au-dedans de nous-mêmes ?
Ne sommes-nous pus tous en Jui ?
La mort vient nous frapper : c'est nn rideau qui tombe . Aussitôt parait notre Roi,
Nous le voyons quand même, en deçn de ln tombe, Avec les veux de notre foi,
Vivons done ici même en la douce présenre De l'adorable Majesté :
Lci-bus, corume au Ciel, dans la dix ine essence, Pongeons-nous pour l'éternité,
Une foi si profonde est-elle bien possible ?
Oui, bien possible assuré nent,
Puisque Dieu, sous les traits d’une forme sensible, Nous appelle amoureusement,
Jésus-Christ s'est levé des bas-fonds de l'étable,
Comme un soleil, sur le Thabor F3 Puis on l'a vu, sorti du tombeau redoutable, Plus grand, plus glorieux encor,
Il conserve, à l'nutel, sn grandeur et sa gloire :
Son cœur est consumé d'amour :
Sa chair est à manger et son sang est à boire : Il se donne à nous sans retour :
Et nous dit : “ Venez done embrasser votre Père Venez vous plonger dans mon cœur :
Venez boire à longs traits le nectar salutaire Qui fait germer vierge et vainqueur. ”
AU POETE FRERE ne Ge prntg ei BONHEUR DE PLEURER
te 44 ent —
Quand vous avez compris que la Benuté divine
Etincelle partout au sein de l'univers :
Dans les astres brillants dont le ciel s'illumine
Et qui sont rétlétés par le cristal des vers :
Dans les fleurs, dans les fruits ot dans les verts fouillages
De tant d'arbres gror és en forêts et boenges ;
Dans l'éclat, dans ls srâce et le vol des oiseaux ;
Dans les terrains e: apés de limpides ruisseaux :
Dans les champs ondoyants, tupissés de verdure
Dans les gais papillons qui sillonnent le pré ;
Dans l'aurore et ses feux : duns toute ln nature... Frère, frère, avez-vous pleuré ?
Quand vous avez Compris que In Ponté divine Rayonne à l'infini sur tout le genre humain : Duns les Pumpres Vermeils qui couvrent lu colline ; Dans les épis dorés qui nous donnent le pain ; Dans les bêtes des bois et des mers généreuses, Offrunt à nos festins leurs chnirs délicieuses ; Dans le Init st le miel : dans les fruits savoureux Aussi doux nu palais qu'attrayants pour les yeux ; Dans les trésors du sol, dans les sources d'eau pure ; Dans les corps lumineux dont l'œil est éclairé ; Dans l'air et la chaleur ; dans toute ln nature. .,, Frère, frère, avez-vous pleuré ?
Quand vous avez compris la charité divine
Sans cesse en action pour les lismmes pécheurs : Au jardin regretté qui fut notre origine ; Au Sinaï tonnant, fulgurant de splendeurs :
À Bethléem où vint parmi nous le Messie ;
Au Calvaire où Jésus sacritin sa Vie ;
À Rome où Pierre règne, ici-bns immortel
Au temple où toujours Dieu s'immole sur l'autel ; Au guichet du pardon pour l'hamble pénitence ; Au baptême d'où sort l'enfant régénéré ;
Sur la tombe où ln Croix nous prêche l'espéi ince, , Frère, frère, avez-vons pleuré ?
Quand vous avez compris que ln grâce divine,
Comme un flot de lumière nu sein du diamant,
Une sève que l'arbre aspire À sa racine,
Un feu dans le fer rouge, un principe animant, Rend notre âme si belle et si n
+ et si pure Que Dieu la fait jouir de sa propre nature, Qu'il la remplit de foi, d'espérance et d'amour, Qu'il en veut mème faire au céleste séjour, Une étoile vivante, à Jumais gloricuse,
Luisant, parmi les saints, devant l'Etre adoré, En extase toujours et toujours bie
nheureuse, ...
Frère, fière, avez-vous pleuré ?
Quand Vous avez Cotnpris la parole dis ine Qui retentit toujours dans lex Livres SaCres, Laissant couler à flots la sublime doctrine De Jéhova, du Christ dos Auteurs inspirés ; Quand vous avez senti le frisson «| elouquence Vibrant de l'orateur à l'a Llitonre bin none :
Quand vous avez trouvé le Vrai, le Benn, le Bien,
Dans les produe: is de l'Art chaste et chrétien : Quand vous avez impris les grandeurs de l'Eglise, La gloire des martyrs et le ar sang vénéré, L'héroisme des saints et leur tendresse exquise
Frère, frère, AVez-Vous pleuré ?
Frère, avez-vous pleuré quand votre âme trop pleine, Pour sortir d'elle-même éclatait en efforts 7... Quand un infortuné vons racontait sn peine ?
Quand la harpe exhalnit ses plus touchants accords 7...
À l'apparition de sublimes pensées,
Telles, dans votre esprit, que des vagnes pressées ; Quand des regrets amers déchiraient votre cœur ; Quand le Banquet divin vous comblait de bonheur : Quand l'amour du Bon Dieu Semparait de votre âme : Quand vous jetiez au Ciel un regard éploré ; Quand la douleur, en vous, brülait comme une tlamine,.. Frère, frère, avez-vous pleuré ?
Si vous avez pleuré; si vous pleurez encore, Transporté, tonr à tour, de joie ou de douleur : Oh ! venez avec moi, cher ami que j'implore, Et nous n'aurons tous deux qu'un seul et même cœur Ensembie vers le Ciel, d'un élan salutaire, Nous nous élèverons, loin des bruits de la terre
CRC]
Voguant dans l'idéal, comme en un char de feu,
Len] Nous goûterons Dieu seul et les choses de Dieu...
Nous unirons toujours nos songlots et nos larmes, Nous enivrant déjà d'un bonheur assuré, Nous lisant l'un à l'autre : “ Est-il de plus doux charmes Que le bonheur d'avoir pleurc ?”