‹ Élévations poétiques [microforme]Chapitre 47 sur 63 · DANGER DES COMPLIMENTS · texte numérisé non relu

DANGER DES COMPLIMENTS

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Un bon jour, les ciseaux, entendant une poule | à iqueter Cnqueter, Crurent qu'elle savait chanter ; lis s'en vinrent en foule, La louer, la complimenter, Et l'inviter A se révéler davanta re,

Le rossignol lui dit : “ Quel superbe ramage ! Des oiseaux chanteurs je suis roi :

Vous viendrez chanter avec moi ! ”

L'aigle dit à son tour : “ Mu mie, .

De grâce, honorez-nous de votre Compagnie :

Des oiseaux volants je suis roi :

Vous viendrez voler avec moi.”

Un œil sur sos tlatteurs ot l'autre dans ln nue

La poule, à ce discours, est toute confondue, [ls étaient sincères vraiment, Mais ils se trompuient grandement :

Et ln cause de leur bévue

À tous les deux, An sujet de }a mère aux œufs, Est qu'ils ne l'avaient entendue.

Ne l'avaient vue,

Que de fort loin, du haut des airs,

La louange peut tout su

rune ne ingénue, La poule se rentlu, dé

ploya de grands airs :

Puis, de sa voix la plus émue, Fit entendre ses plus beaux airs,

Et crut donner enfin le plus beau des concerts,

Prenant aussitôt su volée,

Et s'élevant d'une coudée,

Eile s'abat un peu plus loin,

Au plus grand effort de son aile,

Parmi le foin,

Regardant alors autour d'elle, Ses yeux, désappointés, ne rencontrent plus rien. L'aigle et Je rossigno}, comme on le pense bien,

Désoûtés de ce voletage,

Ecævrés de

S'étaient e Et tous, jusqu’

ce Caquetage, squivés au plus dru,

au dernier, tous aVaient disparu !

La pauvre volatile, honteuse et déconfite.

Reconnut, d'une âme contrite, Et su folie et son erreur,

Et s'écrin, dans son tunlheur

" (Qui me délivrern de ma sottise extreme ?

Je vois bien maintenant, { cette heure suprême, Qu'il faut ôtre aigle pour voler

Fort haut —et rossignol, aussi, pour guzouiller,"”

Cette histoire est un stratagème L'auteur, s'appliquant à lui-méme Ce que le contraste a de bon, Dit à ses flatteurs : “ Messieurs, non !

Vous ne me tournez pas ln tête Avec vos jolis compliments, Je ne suis pas assez poète Pour vous suivre là-haut dans vos envolements, Et pour mêler ma voix à votre voix charmante. Oh! ne dites pas que je chante.

Hélas! je ne fais que voleter, cnqneter, Bien sûr, si Jessayais, Comme vous, à chanter, Je remplirais vos cœurs de pitié, de surprise ; Vous me laisseriez là comme In poule wrise Dont le sort est À méditer, Je n'attends pas qu'on me le dise :

Il vaut mieux prévenir qu'avoir à regretter Une sottise, Je vous adimirerai, j'applaudirai de loin :

Vous ne me verrez pas, soit dit avec franchise, Hors de mon petit coin.”

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