‹ Élévations poétiques [microforme]Chapitre 52 sur 63 · DÉMENCE DE LA JALOUSIE · texte numérisé non relu

DÉMENCE DE LA JALOUSIE

à —— 92, —— ss

Un renard, pieux personnige, Tout au service du Seigneur,

Faisant ouvrage sur ouvrarre

Avec une indicible ardeur,

Un jour, parmi les siens, fut en grande détresse : Car il fallait bâtir temple, autel et mnison : Et lui, voyait avec tristesse

Que les hères de son canton Ne pouvaient aussitôt lui fournir la richesse,

L'argent iudispensuble en telle occasion.

Que faire ? se dit-il: enr ma vocation Me défend toute œuvre servile, Eh ! bien, j'irai d’un pas agile, J'irai résolûment Parcourir tous ces bois, Où paysans et villageois, Connaissant la terre fertile, Sont venus fixer domicile, Par centaines, de tous les lieux, Et s'engraisser À qui mieux mieux.

J'irai leur demander l'obole d'assistance, Leur ferai mettre dans ma main La pieuse part de leur gain Qu'un motif de reconnaissance Doit réclamer pour Dieu, le maître souverain !

Assitôt fait que dit, et renard en campagne, Un autre renard l'accompagne :

Tous deux fort adroits et prudents,

Rusés, subtils, insinuants,

Ayant manières engageantes Et discours des plus éloquents, Racontant histoires Plaisantes, Chantant des chansons ravissantes, Bref, ayant toutes qualités Pour réussir en cette affaire.

Avec un tel talent pour charmer et pour plaire, Ce fut fête, succès, gloire de tous côtés,

Pour le renard et son compère.

Léopards, éléphants, lions, loups, cerfs et daims. Emerveillés de tant d'adresse,

Riaient, se pâmaient d'allégresse, Et venaient à l’envi déposer dans leurs mains Des otfrandes de toute espèce...

Ils remportèrent donc un immense butin !

Or, dans le méme temps, on vit maitre Martin, Nécessiteux d'une autre sorte,

Ours des plus mal léchés comme chacun rapporte, Se mettre au si sur le chemit,

Il s'en allait sentir, gratter de porte en porte,

Croyant, duns sn simplicité, Ou mieux, dans sa stupulité, Qu'il aurait le même avantage Que le précédent personnage, Sans en avoir, hélas ! ln moindre qualité, Il était lourd, badaud, sans esprit, sans ressource, Allait tête basse en sa course, Ne savait rime pour chanter, Aucune histoire À raconter, Bref, rien pour amuser et plaire Et que dire de son compère !

Un autre ours était avec Ini, Pareille horreur, pareil ennui.

Il arriva ce qu'on en pense:

Le couple hargneux fut écondnit, “ Arrière cette affreuse enseance !

Faro sur les oursons !” fut le cri général, On se crut en plein carnaval!

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Nos deux penauds, alors, d'une allure comique,

Saisis d'une frayeur panique,

Plus vite qu'ils n'étaien: venus,

Se sauvèrent, tout dépourvus :

Et, pour exercer sn vengeance,

Maitre Martin, fort irrité

De cette impardonnable offense

Faite à l'oursonne majesté,

Tint ce discours : “ Non pas si bête !

On ne me verra plus en telle mission...

Mourir plutôt que je ne quête

En si détestable canton !

Ils veulent histoire et chanson.

Que ce soit jour de grande fête ,

Eh ! bien, j'en jure par ma tête, —

Ce serait trop indigne, —non,

Je ne veux pas, je le répète,

M'abaisser de telle facon.

Moi donc ! entreprendre de plaire !

Quelle besogne ! quelle affaire !

C'est une abomination.

[ faut vraiment être sordide,

Comme cette indigne renard,

Flatteur, filou, traître, bavard,

Pour remplir escarcelle vide

À force d'esprit et d'égard.

Poli, dit-on... Quelledisgrâce !

C'est bien plutôt se dégrader.

Aller, trainant une besace,

Au milieu de la populace,

Et rire, chanter, gambader,

Quelle épouvantable bassesse !”

L'ours, en besoin de s'exeuser

Sur son manque de gentillesse,

És Préférait bliumer ba sniosse î Dont il ne pouvait noint user ;

N'en ayant pas à pre noer, “ C'est ninsi qu'a travers le monde, f Les jaloux et les malotrus, ; Dans leur ignorance profonde ï

Et leur malice furibonde,

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Maudissent l'esprit, les vertus, +£

Dont ils se savent dépourvus,

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‘Portue et sa complice

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