‹ Elévations sur les mystèresChapitre 16 sur 229 · LA TOUTE-PUISSANTE PROTECTION DE DIEU · texte numérisé non relu

LA TOUTE-PUISSANTE PROTECTION DE DIEU

« Montez à la cime d'une montagne élevée, vous qui évangélisez, vous qui annoncez à Sion la bonne nouvelle de son salut : élevez une voix puissante, vous qui annoncez à Jérusalem son bonheur : élevez votre voix, ne craignez pas. Dites aux villes de Juda : Voici votre Dieu qui vient à votre secours : c'est votre Dieu qui vient avec force et avec un bras dominant : il vient, et avec lui vient sa récompense, et son ouvrage ne manquera pas.

* Isa., XLiv, 6, 2i, 25, 2G, 28. — 2 Ibid., xlv, 1, 3, 4,5, G, 7. — ^II Paralip., xxxvi, 22, 23; I Esdr., i, 1, 2; vi, 2, 3,

10 l'LRVATIONS SUR LKS MYSTÉHKS.

Comme un pasteur paît son troupeau; comme il ramasse avec son bras pastoral ses tendres agneaux, et qu'il porte lui-môme les petits qui ne peuvent pas se soutenir : ainsi fera le Se; gneur K »

« Qui est celui qui a mesuré l'immensité des eaux par sa main, <fX qui a pesé les cieux avec son poignet, et avec trois doigts toute là masse de la terre? Qui est celui qui a mis les montagnes et les collines dans une balance ^, » et a pu faire que toute la terre se servant elle-même de contre-poids, demeurât dans l'équilibre au milieu des airs? « Qui a aidé l'esprit du Seigneur, ou qui lui a servi de conseiller et lui a montré dans ces grands ouvrages ce qu'il fallait faire 3? « S'il faut lui offrir des sacrifices selon sa grandeur, « le Liban n'aura pas assez de bois, ni la terre assez d'animaux pour son holocauste *. » C'est-à-dire que le cœur de l'homme, quoique plus grand que tout l'univers et que toute la nature corporelle, n'aura pas assez d'amour ni assez de désirs à lui immoler. Le cœur de l'homme se perd, quand il veut adorer Dieu.

<c Savez-vous bien le commencement de toutes choses? Avezvous compris les fondements de la terre, ni comme Dieu se ïepose sur son vaste tour^, » et en fait comme son siège ou comme l'escabeau de ses pieds? « Levez les yeux, et voyez qui a créé tous ces luminaires, qui les fait marcher comme en ordre de bataille, et les nomme chacun par son nom, sans en omettre un seul dans sa puissance. Jacob, » qui vous défiant de cette puissance, « dites en vous-mêmes : Mes voies sont cachées au Seigneur, il ne sait plus où je suis, et mon Dieu n'exercera pas son jugement sur moi, » pour me punir ou pour me sauver : « ignorez-vous que le Seigneur est éternel, qu'il a marqué et créé les limites de la terre? Sans défaillance, sans travail, sans lassitude, il agit sans cesse, et sa sagesse est impénétrable. Il rend la force à celui qui est épuisé, du courage et de la vertu à celui qui n'est plus. La jeunesse la plus robuste tombera en faiblesse malgré sa vigueur : mais ceux qui espèrent au Seigneur, verront leurs forces se renouveler de jour en jour : » quand ils croiront être à bout et n'en pouvoir plus, tout d'un coup « ils pousseront des aîles semblables à celles d'un aigle : ils courront et ne se

* Isa., XL, 9, 10, 11. — 2 ibid., xl, 12. — s làid., 13. — '* Ibid.. IC. — B Ibid., 21, 22.

PREMIÈRE SEMAINE. — Vl° ÉLÉVATION. n

lasseront point : ils marcheront, et ils seront infatigables'. » Marchez donc, âmes pieuses, marchez : et quand vous croirez n'en pouvoir plus, redoublez votre ardeur et votre courage.

« Je vous tirerai, dit le Seigneur 2, des extrémités de la terre. Je vous ai pris par la main, et je vous ferai revenir du bout du monde : je vous ai dit : Vous êtes mon serviteur, je vous ai choisi et ne vous ai pas rejeté. Ne craignez donc rien, puisque je suis avec vous : ne vous laissez point affaiblir, puisque je suis votre Dieu. Je vous ai fortifié : je vous ai secouru, et la droite de mon Juste, » de mon Christ, a été votre soutien. Tous vos ennemis seront confondus, et seront comme n'étant pas : vous demanderez où ils sont, et vous les verrez disparus : vos rebelles qui vous livraient de continuels assauts, seront comme n'étant pas : tous leurs efforts seront vains et comme un néant, parce que moi qui suis le Seigneur, je vous ai pris par la main et je vous ai dit » dans le fond du cœur : « Ne craignez point, je vous ai aidé. Jacob qui était » petit et faible comme « un vermisseau, » qui à peine se peut traîner : « Israélites qui étiez » languissants, abattus et réduits au rang des « morts, je vous ai ressuscites, moi le Seigneur, par mon secours tout-puissant, et je suis votre rédempteur, moi le Saint d'Israël. Vous mettrez vos ennemis en fuite : vous serez sur eux comme un chariot neuf armé de tranchants de fer : vous détruirez leurs armées; et « leurs forteresses fussent-elles élevées comme des montagnes, « vous les réduirez en poudre : vous pousserez devant vous vos ennemis comme un tourbillon fait la poussière : et vous vous réjouirez dans le Seigneur, et votre cœur transporté d'aise triomphera dans le Saint d'Israël. »

Il ne faut pas dire que ce soient ici des miracles, des effets extraordinaires de la toute-puissance de Dieu. Dieu ne montre des effets sensibles de cette puissance, que pour nous convaincre de ce qu'il fait en toute occasion plus secrètement. Son bras n'est pas moins fort quand il se cache que quand il se déclare: il est toujours et partout le tout-puissant, k le triomphateur en Israël^ » comme il s'appelle lui-môme, le protecteur invincible et toujours présent de ses amis.

« Écoute donc, Jacob mon serviteur, Israël que j'ai élu : Voici

1 Isa., 26, 27, 28, 29, 30, 31. — 2 lôid., xli, 9, 10 et seq. — 3 i Reg. XV, 29.

12 ÉLÉVATIONS SUH LES MYSTÉHES.

ce que dit le Seigneur : Moi qui te forme, moi qui te crée, qui te tire du néant à chaque moment, qui suis ton secours dès le ventre de la mère *, » dès le coriimeticement de tu vie, dans ta plus grande faiblesse et parmi les plus impéiiélrables ténèbres : Mon serviteur, que j'ai aimé, homme droit que j'ai choisi, » je t'enverrai du ciel mes consolations ; « j'épancherai des eaux abondantes sur celui qui aura soif : je verserai des torrents sur cette terre desséchée : je répandrai mon esprit sur toi : » je le rendrai féconde en bonnes œuvres, et « je bénirai tes productions. » Écoutez ces paroles, âmes désolées, que Uieu semble avoir délaissées dans son courroux, mais que son amour cependant met à l'épreuve. Vous vivrez, c'est moi qui le promets, moi qui suis le véritable et le saint, le fidèle et le tout-puissant : je fais tout ce que je veux : le Seigneur a juré et il a dit : Si ce que je pense n'arrive pas, si ce que je résous ne s'accomplit point, je ne suis pas Dieu : mais je suis Dieu, je suis le Dieu des armées, le Dieu qui fait tout ce qui lui plaît dans le ciel et dans la terre. Le Seigneur a prononcé, « et qui pourra anéantir son jugement 2? » Le Seigneur a étendu son bras, et qui en pourra éviter les coups ou en détourner l'effet?

Vil* ÉLÉVATION.

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