LA PROPHÉTIE DE DAVID
« Béni soit le nom et le règne de notre père David ^ : Béni soit le fils de ce » saint « roi ^, » par qui nous vient la vie et le salut. Les Psaumes de David sont un évangile de Jésus-Christ tourné en chant, en affections, en actions de grâces, en pieux désirs.
1 Deuter., xxxiv, 10. — 2 Ihid., 9. — 3 Matth., xvii, 15. — * Hebr., m, 3, 5,6.-8 Marc, xi, 10. —>^Matth., xxi, 9; Psal. cxvn, 25.
X' SEMAINE. — IIl" ÉLÉVATION. 167
« C'est ici, disait Jésus-Christ, la vie éternelle de vous connaître, ô père céleste qui êtes le vrai Dieu, et Jésus-Christ que vous avez envoyé *. » C'est par où commencent les Psaumes. Le premier montre la félicité de celui qui garde la loi de Dieu - : et ensuite dès le second on voit paraître Jésus-Christ : toutes les puissances du monde conjurées contre lui : Dieu qui s'en rit du plus haut des cieux, et qui adressant la parole à Jésus-Christ môme, le déclare « son fils qu'il engendre dans l'éternité ^. » C'est dès le commencement l'argument de tous les psaumes.
David l'a vu « dans le sein de son Père engendré avant l'aurore, » avant tous les temps : il a vu qu'il serait « son fils » et en môme temps « son Seigneur *. » 11 l'a vu roi souverain, « régnant par sa heauté, par sa bonne grâce, par sa douceur et par sa justice : perçant le cœur de ses ennemis » par une juste vengeance, ou celui de ses amis par un saint amour. Il l'a- adoré dans « son trône éternel, comme un Dieu que son Dieu a sacré par une divine onction ^ : » père et protecteur des pauvres, « dont le nom sera honorable devant lui : » puissant auteur « de la bénédiction des gentils consacrés et sanctifiés en son nom * : prédicateur d'un » nouveau « précepte dans la sainte montagne de Sion "'. » Il a vu toutes les merveilles de sa vie et toutes les circonstances de sa mort: il en a médité tout le mystère ^ : ila maudit en esprit son disciple qui le devait vendre, et il en a vu « l'apostolat passé en d'autres mains ^ : ses pieds et ses mains percés, » avec son corps violemment étendu et suspendu, ont été le cher objet de sa tendresse ^® : il s'est jeté par la foi entre ses bras amoureusement étendus à un peuple contredisant : « il a goûté le fiel et le vinaigre ^^ » qu'on lui a donné dans sa soif: il voit tout jusqu'à l'histoire « de ses habits divisés et de sa robe jetée au sort ^^ ; » il est touché des moindres circonstances de sa mort, et n'en peut oublier aucune : il se réjouit en esprit de lui voir après sa mort « annoncer la vérité aux gentils dans la grande Église *^, » où tous les peuples de l'univers devaient se réunir, où les pauvres comme les riches devaient être assis a sa
^Joan., xvn, S. — 2 PsaL i, 1 et seq. — 3 Psal. h, 7. — * PsaL eut, 1, 3, 4, 6, 7; Matt/i. xxii, 44, 45. — » PsaL xliv, 3-8. — 6 Psal. lxxi, 1, 4, 14, 19. — 7 Psal. II, 6. — 8 PsaL xxi et lxvhi. — » PsaL cvin, 8; Joan., XIII, 18; AcL, i, 16, 20. — 10 PsaL xxi, 16-19. — ^ PsaL lxviii. 22; Joun., xix, 28-30. — ^^ PsaL xxj, 19 et seq. — " Ibid., 32.
table. Enfin il l'a suivi « au plus haut des cieux avec les capliCs attachés à son char victorieux ^ : » il l'a adoré « assis à la droite du Seigneur 2, » où il a été prendre sa place.
0 Jésus, les chères délices, l'unique espérance et l'amour de notre père David, c'est principalement par cet endroit-là qu'il a été « l'homme selon le cœur de Dieu ^. « Sa tendresse pour ce cher fils, qui est le Fils de Dieu comme le sien, lui a gagné le cœur du Père éternel. S'il a tant pensé à Jésus souffrant dans toute sa vie, à plus forte raison y a-t-il pensé lorsqu'il a été sa figure en souffrant lui-môme? S'il est si doux à ceux qui l'outragent, s'il est muet, sans réplique et sans défense; si, loin de rendre le mal pour le mal, il rend à ses ennemis des prières pour leurs imprécations; si ce bon roi s'offre à être la seule victime pour tout son peuple désolé par la main d'un ange, il en voyait l'exemple en Jésus. Faut-il s'étonner s'il a été si humble et si patient dans sa fuite devant Absalon? Ce fils obéissant le consolait des emportements et des fureurs de son fils ingrat et rebelle.
0 Jésus, je viens avec David m'unir à vos plaies, vous rendre hommage dans le trône de votre gloire, me soumettre à votre puissance. Je me réjouis. Fils de David, de toute votre grandeur. Non : « vous n'avez point connu la corruption *, » vous qui étiez par excellence « le saint du Seigneur ^ : vous avez su le chemin de la vie : la gloire et la joie vous accompagnent ^ : vous régnez aux siècles des siècles "'j et votre empire n'aura point de fin ^ »
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