CHAPITRE IV
ÉLIMINATION DU SALICYLATE DE SOUDE SON ROLE DE MODIFICATEUR DE L'EXCRÉTION URINAIRE
Dans toutes nos analyses, nous nous sommes préoccupés des modifications que pouvait faire subir aux excréta urinaires, l'élimination de l'acide salicyque.
1° Nous n’axons jamais constaté de modifications dans la diurèse ;
» L’urée ne semble pas nun plus être influencée par le passage de l'acide salicylique et la quantité excrétée reste sensiblement parallèle à la densité de l'urine. À
Dans les cas de néphrite, l’albumine, par sa constance,n’a pas manifesté une fatigue ni un trouble de l'appareil urinaire.
Mais, il est un fait qui s'impose, un fait brutal, si on veut bien examiner la série de nos observations. Dans tousles cas, qu’il s'agisse de sujets à émonctoires rénaux fonctionnant bien, ou de sujets chez qui la fonction urinaire est troublée, le passage de l'acide salicylique amène une diminution dans la
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quantité de chlorure excrétée. C'est-à-dire, dès que l'acide salicylique franchit la barrière rénale, le taux des chlorures éliminés s’abaisse.
Cette diminution des chloruresne se maintient pas longtemps, et avant même que l’acide salicytique ait achevé son mouvenent de descente les chlorures reprennent leur élimination ascensionnelle.
Comment interpréter cette action hydropigène du salicylate de soude, action bien nette puisque chez deux de nos observés (obs. XII et XVI), elle s'est traduite d'une façon tangible, non par des œdèmes appréciables mais par une augmentation de poids de 1 kilogramme. Nous avions donc constitué de toutes pièces cette période de pré-æœdème décrite par M. le professeur Widal (1). Peut-on considérer le salicylate de soude commeun corps qui,favorisant la rétention des chlorures, provoquerait l’'hydratation des lissus ? Nous pourrions l’admettre. Mais il nous faudrait avouer que cette action hydropigène du salicylate serait de courte durée. De plus,elle aménerait fatalement comme conséquence une diminution dans la quantité d'urine émise. Or, sur nos vingt observalions, nous n'avons remarqué qu'une seule fois (observ. XIII) cette modification dans la diurèse.
Une autre explication nous est donnée pat M. le professeur agrégé Achard (2). Cet auteur a démon-
1. Widal, Bulletin et mémoire de la Société médicale des Hopitaux de Paris. Juin 1903.
2. Ch. Achard, le Mécanisme régulateur de la composition du sang (Presse médicale, 1901).
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