Elisçuah
QiUeùtiqUê, dêê tnfanta d^ïtrail, ùU des étrangère qui font leur séjour parmi eux, aura offert un holocauste ou un sacrifice.
Et qui ne Vaura point amené pour le sacrifier à CBtemel, à Ventrée du ,tabemaole d^assUfnation, cet homme là sera retranche d'entre ses peuples.
LivnnQui. xvn — 8 et 9.
Des chameliers revenus de lointdnes contrées avaient annoncé dans lérouschalaïÉne l'approche du prince Elisçuah et le roi David son père et le peuple d'Israël s'en réjouissaient.
Trois étés s'étaient écoulés depuis qu'il avait pris la mer au golfe Elanitique, après avoir livré aux sacrificateurs un bœuf, une agnelle et un chevreau sans tache. Ceux qui l'avaient vu partir parbdent encore de la grande beauté de son navire. Tout le bâtiment était embelli de peintures, les voiles de pourpre se déroulaient de mâts en mâts, et
les rames i manche d'ivoire itaîent dorées.
Et les Tents faiyorables avaient dû condniie vers Ophir ce vaisseau qui portait nn cygne àlaproae.
Cette nouvelle avût rempli d'inqûiéttide H^^, la femme d'Elisçoali. C'était la fille unique de Joah, fils de Tsérujalii le chef des guerriers qui avaient passé au fil de l'^iée tous les adultes de Pldumée conquise.
Elle ébat triste, n'ayant pas su garder son âme.
AfiiB li difÊit de son èpoiix,Hegla anit vtoi aaaLkvset paiai ses lemmes et ses es-
clapet ; et Hemaa» fils île Jiabol^ q/ê^ k sagesse de ses sentences avait rendu célèbre dans toute la tribUi n'itaît parvenu 4 ctesaer ses craintea. Puis elle aurait laissé l'euMt pénétrer en elle ; de mauvais désira avaient occupé son esprit et raua|^ sa cbaûr. Elle avait le regret du beau corps d'Elisçuabt<|ue sept concubines emmenées par lui pouvaient caresser, et k souvemr de aes baisera savoureux la troublait Rangement.
Ses lamentations s'épandaient dans^ le crépuscule :
< lakvél
« Ri^arde lea esctevea qui frottent lea chars avec les branches sèches dea palaùeca l lia sont plua heurew( que ta servante.
€ Pourquoi ne sttis-}e pas cQBune les pvoa»
tituées qui marchent à petit» paa ea f aiaaat sonner lea clochettea de leurs sandales ? EUea font des sigoea avec lest yeux et ks baisera s'abattent en essaims sur leur gorge nue.
Elles ont des colliers qui brillent dana Tombre et sur kur poitrine pendent les croissants de kne qui* attisent les mâlea I
c Q^e ne suis- je pas coouae celka qui dé-
coayreat leor nudité, pour que ma chair schI raasaaiie de caresses !
« Pourquoi m'a-t-on donnie au fils de David, si je ne puis dormir entre ses bras ?
« laliTél
€ Pourquoi m'aa-tu laissée devenir grande etbeDe!
lahYélIahyél
« Mes cris roulent comme des eaux dt mon cœur est plein d'am^tume I »
Elle répandait des larmes en abondance,et les esclaves qui passaient près de ses appartements étouffaient le bruit de leurs pas.
Elle allait dans les jardins de son palais pour que Tombrage des figuiers et des troènes lui fût un baume,mais Thaleine des fleurs l'amollissait, lui faisait entr'ouyrir les lèvres, pendant que des gazelles se pressaient contre ses genoux.
Ces jardins étaient vastes. Il y avait des arbres rares de tous climats, apportés li par le hasard des conquêtes, et des plantes des pa]rs froids apprivoisées dans des endroits
clo3 OÙ s*étiolaient les esclayes chargjSea de. les soigner — des femmes, très pâles, aax grands yeux, dont les mains étaient brûlantes. Des grenadiers immenses, des sycomores dont le tronc était rugaeux,mêlaient leurs ramures sombres an feuillage tendre des tamarix. Des serrantes aux bras nus étaient grimpées sur les nopals pour prendre les cochenilles, que l'on vendait aux teinturiers de la ViUe Basse.
Sur les chemins,les bananiers allongeaient Tombre de leurs feuilles ; ceux qui étaient jeunes encore, quoique igtê de plus d'un an, . étaient incirconcis. Ds portaient leurs fruits que Ton ne pouvait manger sans désobéir i la loi dictée à Mosché par l'Etemel.
Hegla marchait avec lenteur, cassant dis* traitement des ramilles de ses longs doigts bagués. Et les gousses plates tombées des caroubiers craquaient sous ses pas.
Dans la partie du jardin où croissaient les arbres à essences, elle se laissait tomber sur un banc de pierre,au milieu d*un épais gazon que bordaient des buissons d'aromates. Et, oubliant qu'elle était venue demander un
apaifleottat i la câfane native, dk cédait à kir séductioa dea odeurs, sans force pear s'éehai^ar. Uae griaarie evfeloppense descendait des lauriefa aax feuilles hiiaanfeSjdes myrtes, des aUbrafievs aaaat te styrax et le bcajoto et s'épaschaît des aimoaas ef des roses oa^ertea coanse desMrres ^ un ckeew soanre de parfooia où déminait la note rMge des cinnamooiea»
H^la s'assoupissait, toute Manche.
Là4>aa, sous l'ombre de cj^près feuilhis, des esclaves battaient dea gndns ; d'autres tressaient dea couronnes en disant des chants triâtes.
Celaient des Moabites que DaTf d avak asservis et qni songeoneat à leur pays nûsea cendres. D^autres encore parcoaraient les jardins en posant des pièges pour les renards.
Hegla ne les entendait pas.
Des alouettes huppées planaient en poussant de petits cris auxquelâ répondaient les oiseaux d^une très grande rolière où les rayons du soleil basaient chatoyer leurs ailes.
Des paons, qui avaient dormi dans lespa-
lais des rois morts, venaient s'ébattre sur le gazon. Ils étaient blancs, et les chats voluptueux couchés près des massifs de cactus étaient éblouis par le lever de soleil de leurs queues.
Et Hegla sentait peu i peu la vie affluer dans ses veines. Elle se réveillait, courbée de fatigue. Et comme ta peur des guêpes la possédait, avec lennui du chant des abeilles, elie se levait, titubante comme une femme ivre. Elle descendait vers le palais, le long du large ruisseau d'eau claire qui arrosait les jardins. Là, une béatitude limpide attar* dait sa marche. Les osiers de Tautre rive avaient des ondulations vertes. Et sur son ordre des servantes venaient lui apporter des raisins, ils étaient énormes,et on les cueillait pour elle aux ceps centenaires pris aux Jébusiens, qu'on disait provenir de Nahal-Escol -^ de ces vignes fameuses d'où les envoyés de Mosché au pays de Kenâan avaient emporté sur un levier la grappe qui frappa d'étonnement les enfants d'Israël.
Et Hegla continuait sa marche, réveillant de petites tortues qui sommeillaient au bord
de Teau, parmi des lys. Parfois les épines d'un câprier lacéraient sa tunique â*or pâle à bordure d'écariate. Elle n'y prenait attention, ne se souciant plus d'être belle. Ses seins étaient toujours voilés du pectoral jaune, dont l'étoffe était faite avec le duvet d'un gros coquillage que des pêcheurs ramassaient sur les côtes de la mer Intérieure. Mais,malgré l'adresse de ses servantes, les frisures de ses cheveux tenaient mal sous la bandelette qui lui serrait les tempes et dont la plaque d*or incendiait le milieu de son front. Elle passait prés des miroirs sans y jeter les yeux ; et chaque matin ses bras étaient chargés de bracelets par ses esclaves — l'un fait de chaînons qu'elles plaçaient près du coude et l'autre près de la main — sans qu'elle témoignât un désir, ne voulant même pas être consultée sur leur choix. Et les mêmes émeraudes s'égouttaient depuis des jours à ses oreilles. Un de ses plaisirs favoris était le bain.
Elle entrait avec bonheur dans la grande pièce nue, très fraîche. Le pavage en était transparent, et au-dessous nageaient des poissons roses qu'elle se plaisait à regarder. Ses
femmes la plongeaient dans l'eau parfumée, et un bien-être renvahissait. Elles la lavaient avec du nitre, Toigoaient d'huile odorante et finissaient par la frotter avec le baume précieux que les parfumeurs faisaient avec les grains du myrobalan. Elle sortait de la salle de bains — toute calmée. La tiédeur de Teau et les mains moites des servantes avaient apaisé les tourments de sa chair.
Alors, comme elle craignait la traîtrise de sa couche trop moelleuse où des songes pervers étaient blottis, elle disait sa volonté de sortir du palais.
Des esclaves portaient sa litière tapissée d'étoffes velues, et dans lérouschalaïme, elle s'abandonnait à elle-même, les rideaux clos, toute frémissante parmi Todeur de vice qui imprégnait la ville. Durant sa promenade, elle était poursuivie par les parfums des filles et les rires sensuels des hommes,et elle rentrait dans ses appartement8,le corps altéré de baisers.
— Hegla, pourquoi ton cœur est-il si triste ?
C'était Heman qui l'interrogeait. Il habitait devant le palais et il y venait souvent,en
— ao —
ayant pris la coutame alors qu'Elisçmk FaTait tiu parmi ses familiers. Il l'attendait dans la grande salle tapissée de bondiers d'argent, où se dressait le siège du maître aTec les accoudoirs à face de taureaa ; et ses doigts Paient agiles sur les dix cordes du nabel. Les sons tendres semblaient courir le long do corps d'Hegla. Une ineffable lassitude la possédait et une singulière fraîcbeur Imbibait ses yeux.
Pour ne plus songer aux bras forts des mâles, elle osa s'enivrer, et parfois die se mettait à une fenêtre pour sentir la caresse des brises sur son visage rougi et sur sa gorge dont le voile était déchiré. Les servantes qui traversaient la cour en portant sur leur tête des corbeilles de dattes ou d'olives fsiaaient semblant de ne pas la voir.
Et, un matin, elle s'écroula, tremblante et les bras tendus,au bas de son siège de pourpre. Et sa bouche se ferma sur la bouche d'Heman !
— ai —
La ^ute Itti fit horreur. Ub mépritf prototid entra dans son cœur pour elle-même et pour soti compUce.
Tout le reste du jour eUe ccra dans le palais, au hasard de ses pas. Près des écartes, des âaes et des mulets brujrèreot i son passage. Des esclaves brossaient des chameaux siqperbes qui .portaient des coUiem. Ibavaient été donnés à Elisçuah par David, son ptee, le jour de son mariage ; et ils appujnèrent sur Hegla leurs regards très doux.
EUe rentra dans sa diiambre^ Fâme à la dérive, et des coussins la reçurent sanglotante.
Le soir, elle ne toucha pas atix quartiers de oerf et de buffle,ni aux grenades qu'avaient apportés les servantes. Et ses gémisse m ents rampèrent par la pièce sombre :
« lahvéljahvé!
€ Que ce [our ne soit que ténèbres ! Qse 4'Qbscttrité demeure sur lui et qu'on Tait en abomination comme un jour d'amertuaie I Qu'il ne soit pas compté parmi les jours de l'année, qu'il ne soit pas compté parmi les
mois ! qae s*éteignent les astres de son crépttscttle !
€ Pourquoi ma mère m*a*t«eUe accueiUie sur ses genoux et m*a-t-eUe présenté ses mamelles?
€ Pourquoi ne suis-je pas comme les en* fants qui n'ont jamais vu la lumitoe et dont les yeux ne s'ouvriront jamais. Us mangent dans des écuelles de buis et ils ont peur des gémissements du chacal — mais ib reposent dans la paix du Dieu d'Israël !
€ Oh, Heman ! qu'il soit envoyé dans les villes détruites ; que les ronces poussées entre les pierres déchirent son corps, et qu'il soit la pâture des aigles !
€ Car ce que je craignais le plus est tombé sur moi et mon angoisse a été exaucée 1
« lahvé I
« Pourquoi ne m'as-tu fait mourir au sortir du ventre de ma mère. Je dormirais maintenant dans le sépulcre, et les vers ne couvriraient pas ma chair vivante I
€ lahvé! lahvé!
€ Ma vie est comme une maison d*araignée contre ta colère I »
Ainsi elle cria, toute la nuit. Elle se leva, dès Taube, songeant à d'horribles châtiments pour Heman. Ses paupières étaient gonflées, parce qu'elle avait pleuré abondamment.
Et lorsque le fils de Mahol revint, les yeux pensifs, les draps de sa couche s'ouvrirent pour le recevoir.
Alors elle comprit qu'elle ne pouvait plus espérer le pardon de son crime. Les nuits suivantes elle se coucha pleine de terreur et des cauchemars assaillirent son sommeil. En elle germait la résolution de s'affranchir du contact impur, mais à la lumière du jour la faiblesse de sa chair était plus forte que son âme.
Heman aussi aurait voulu s'éloigner, détruire en son cœur le souvenir d'Hegla. Il s'était plongé dans de Teau d'aspersion du sanctuaire et ses vêtements avaient été lavés trois fois ; mais la mauvaise passion réunissait leurs souffles.
Et, sourds à toulrMioKds,Us s'enCùooteent dans kar pi^é.
H^la redevint gaie ; et elle fut cruelle.
Des rires s*éveillaient sur ses lèvres pendant que Ton bâtonnait des esclaves.
Un oqrueil d'être follement aimée Tavait conquise» qui avait achevé de déraciner ses derniers penchants vers le bien.
Elle vécut dans cet amour» avec le seul désir de posséder Heman, davantage chaque jour. Et Tenvie crût en elle des courtisanes i la marche nonchalante, dont les hanches ondulaient^ et qui savaient faire tressaillir leur gorge. Elle remua ses colliers dans les coffrets de cèdre et suspendit i ses oreilles des anneaux de métal ornés de piorres précieuses. Son cou s'embellit de longues chaînes faites de fils d'or et des perles d*où pendait une amulette qui brillait sur sa poitrine.
Et même pour empêcher ses seins de grossir, elle les enferma dans des étuis dorés»
4'un bois très léger. Ces étuis, réunis par
tkie agrafe d'àl'genÉ, étaient 4'«m ioiiplèssè telle qu'Us ne pouvaient la Ueatar^ lortqpie 80Q corps se courbait oa qtie set bras se rap- {yrodiaient anlour de la tête d'Hémaii.
Une robe de lim fin, bordée de brederieSi la couvrait jusqu'aux chevilles, mai cachée par ane tunique bleue, souvent entr'ouvertis. Ses cheveux, dont elie avait donné tine boucle à sM amant, s'émancipèrent en longues tresses sur ses épaules, et des dochettes d?arg^t retentirent i seb sandaleà.
Tous les matinS', deuxaervaates pèq;natcat ses cils avec une aiguille dlvoire.
Et maintenant jelle allait dansfes jaltKaii, joyeuse, toujours fardée, et tivp belle, xlaslB la caresse des éventails de plumes balancés par des gens du pays de Moab. Et les bommes penchés sur les gommiers dont ils eittrayaient l'essence la saivaîent d\m tjeil jaloux. Elle cueillait ellei- même des hiisins aUc vignes plus célèbres que celles de HenguédI, et elle s'amusAit sods les asclepias à toocèedir les oranges de Sedbm qui soits iès do^ffes s^évanotttssaient en femée.
Une fiottveDe vie la possédait Tout étie en joie exaltait la beauté de la fvite.
Parfois cependant des remords mordaient son âme« Les rumeurs de la foule courant i quelque exécution traversaient les mnratOes et lui apportaient de longs frissons. Non l<Mn d'elle, souvent, des esclaves s'entretenaient des tortures endurées par leurs frères qui n'avaient eu comme eux la chance d'être enlevés en esdavi^. Ils disaient leurs yeux troués et l^irs ongles arrachés, les femmes san^^antes parmi les mules et les bœufs au ventre ouvert et l'écrasement contre le sol des tout petits qui tétaient. Les Hammoai* tes racontaient les tourments qu'avaient subis les hatntants de Rabba que le roi David avait fait passer sous des sdes, que des herses de fer avaient labourés ou qui avaient été émiettés sous les haches I Et ils trem* Uaient d'effroi au penser des souffrances éprouvées par ceux que l'on avait cuits dans lesfoumeauxaux briques ! Un trouble profond prenait Hegla à entendre narrer ces suf^ces qu'elle méritait peut«ètre à cause de son ignominie.
lin soir, étant assise sur la ferrasse dil palais, elle aperçut une haute flamme au loin, près du campement des lépreux. C'était la mise à mort de la fille d*un sacrificateur, qui avait commis fornication. Toute la nuit elle fut agitée, et un grand froid courut par tous ses membres.
Mais ensuite les plaiâirs la reconquéraient plus violemment. Elle voulut prendre des bains de lait pour entretenir la saveur de sa peau, que des onguents^ mousseux sous les doigts des servantes, adoucissaient encore.
Et comme ses ânesses n'étaient pas assez nombreuses on en acheta d'autres qui étaient grandes et fort blanches aux marchands venus. de Gabaon.
Et elle venait vers Heman que ravissait le tintement argentin de ses sandales. Son corps était une longue fleur épanouie et chaude d'arômes qu'il ployait sous la rafale de ses désirs. Et sur les tapis épais aux teintes brutales, tous deux s'abandonnaient à la cruauté de leur amour.
Ce fut par un jour d'orage où les chansons des fileuses s'étaient tues et où les chèvres bêlaient longuement dans les étables.
Et dans sa folie elle ne youlut pas que le sage Heman mit son fils à mort ; mais elle le confia i une servante qui était très âgée et qui habitait dans un endroit sombre, sous le palais. C'était une Héthienne qui était possédée de Tesprit de python et qui lui avait donné autrefois un remède qui chassait les regrets douloureux.
L'enfant était beau, et ne voulut jamais sourire.
Le huitième jour elle le fit circoncire, mais le temps de sa purification terminé, elle n'osa aller devant le tabernacle d'assignation et donner au sacrificateur, eu offrande pour le péché, un agneau et une colombe, ainsi que l'ordonnait la Loi. Un nouveau crime chargeait son âme ; et elle versa des larmes.
L'annonce de retour d'Elisçuah la troubla profondément. Elle se rua dans son amour
comme s! U mort était proche. Et des feevH res de furfe Ift ployèrent, Uè ongles cassés dans les draps de sa couche.
Le jour de l'arrivée du Prince, HeglaSt jeter dans des citernes profondes et depuis longtemps à sec, celles qui Pavaient aidée dans la délivrance de son ventre — pour que leurs langues ne fussent dénonciatrices.
Car une terreur l'étreig^nait, à cause de pré* sages défavorables : l'enfant était toujours triste et dans le jardin une petite alouette à huppe jaune était venue mourir à ses pieds. Et la nuit précédente, les oiseaux apportés par Joab de Berothaî, ville de Hadadhezer, le roi de Tsoba qu'il avait battu, les cigognes ordinairement graves sur le toit des haras avaient fait un grand bruit d'ailes et poussé de longs cris vers les étoiles.
Des servantes frottèrent sa chair avec de l'amome d'Assyrie, répandirent de la poudre orangée sur ses ongles et sa chevelure, et la revêtirent d'un pallium à rayures rouges et d'une large tunique blanche, sans manches.
Ua escUm lui ^ppùttk un flacon de grès pkin d'un liquide Terdâtre. C'était un philtre qui rendait le teint pile. Elle le but Puis elle encadra ses joues de perles fines, et couyerte d'un long yoile embrasé d*escarboudes, elle attendit.. ..
Seul, sur le mont des Oliviers, en sa robe jaune étoilée de fragments de métaux,r Avertisseur rq^ardait le blanchoiement de la route d'Hebron qui s'effaçait i l'ouest, vers les montagnes.
Pour célébrer le retour de son fils Elisçuah qu'il aimait beaucoup, bien qu'il lui préférât le jeune Schelomo, fils de Bath-Scebah, le roi David fit faire de grands sacrifices en actions de grâce vers le Seigneur. Des chèvres
et des brebis, des taureaux sans défaut et des bœufs qui n'aYaient point porté le joog furent ^rorgés dans le sanctuaire. Les sacri* ficateurs avaient yètu la chemise et la ceinture de lin. Et Abiathar, leur chef, de la maison d'Heli, faisait les gestes sacrés, pen* dant que la triple couronne d*or de sa tiare étincdait i la lueur du foyer, où les flammes mangeaient la graisse des bêtes.
Le peuple fut nourri de la chair des victimes, et le sang répandu jusqu'à Bethlehem, sur le chemin que devait suivre le prince.
Un grondement de joie courait sur la foule qui depuis le matin attendait le fils de David. Les uns dansaient, et d'autres faisaient claquer, en disant des cantiques, des instruments en bois de sapin. Des conversations s'échangeaient sur les richesses obtenues par Elisçuah. Il avait rapporté de la Terre d'Or, affirmait-on, de Tivoire, des métaux bizarres, des singes cynocéphales, des bois éclatants et des esclaves. D'étranges commentaires sur cette lointaine contrée écartaient les lèvres des hommes. On y adorait des dieux horribles, à la taille entourée de serpents,
dont les gencives étaient années de dents aiguës, et qui chantaient comme des coqs.
Il y arait des f^-êts dont on ne connaissait la profondeur et où on n'osait s'égarer. Et dans ces forêts croissaient des arbres d'une essence inconnue aux pilotes de T]rr, des fleurs aux propriétés merveilleuses, dont une,très rouge, qui faisait frissonner d'amour. Et les femmes pensaient à cette fieur et leurs regards s'allumaient.
Les affaires stagnaient par Tenfiévrement de tous. Les demeures étaient closes. Le long des teintureries des peaux de bélier, fraîchement routes, séchaient sur des morceaux de bois appuyés contre le mur, et au-dessous se formaient de petites mares où des enfants trempaient leurs mains.
Sur la Place du Marché, les vendeurs de poissons avaient lavé les tables de pierre.
Des paniers vides s'amoncelaient, sur les côtés desquels on voyait encore luire des écaiUes. Les cris inviteurs ne se croisaient plus avec les ahannements des portefaix courbés sous les sacs d'orge ou les vases d'huile. Deux caravanes s'étaient arrêtées au
milieu de la place; les hommes au visage bronzé et dur travaillaient avec lenteur. Les chameaux et les dromadaires étaient couchés, la langue pendante, et le soleil, si violent en ce mois de ziou, chauffait encore leur corps depuis longtemps pelé par la lourdeur des charges et les coups de fouet des sables.
Au coin de cette place et de la Rue-aux- Herbes les passants s'écartaient,car une maison avait la lèpre, et on la démolissait A mesure que les pierres et les bois croulaient en décombres, des étrangers les transportaient rapidement hors la ville, dans un lieu morne où les Souillés faisaient du feu avec des racines de genièvre.
Un brouhaha, percé des gueulements de rouges querelles, montait encore de la Place des Fripiers. Là, aux étalages des marchands, s'encrassant les ongles dans leur barbe en un auguste geste, les chlamydes à franges d'or, les ceintures pourprées, les palliums griffés encore d'agrafes de cornaline raccrochaient l'œil par la lueur de leurs cassures. Autour, des enfants enguenillés dans de disparates morceaux d'étoffes se ti-
raient les cheveux en faisant du choc de leur dos trembler sur les planches vertes de térébinthe les babouches ornées de verroteries.
Et les mères ne s'interposaient pas ; mivoilées, écartant leurs lèvres humides comme pour aimanter les baisers, elles demeuraient graves, appuyées à quelque pilier, dans la gloire de leurs hanches rebondies comme des jarres de résine.
Mais, insensibles aux appels mercantiles, allaient dans la polychromie de leurs tuniques : les hommes de loi dont le pas rhythmait le tintinnabul des chaînons retenant sur leur poitrine leur anneau à cacheter ; les docteurs insignes par leur bâton de jaspe ; et les centeniers hautains dont les glaives heurtaient les jambières. Parmi eux des pauvres mal vêtus voulaient par des paroles languissantes inciter à Tachât des amandes ou des gâteaux de maïs quHls promenaient dans des corbeilles.
Le peuple, pour apercevoir plus tôt le cortège magnifique, s^était massé sur les collines. Mais le Moriah était défendu aux curieux parce que, depuis une année, s'y
amassaient les ms^ériaux que David poréparait i son héritier pour Tédification du Teoipie. Il y avait du bois de cèdre et du fer en abondance. Des milliers d'étrangers sciaient des pierres blanches, cassaient des blocs de marbre, fabriquaient des clous. Quelquesuns, dans de petites cabanes, taillaient des onyx. Mais ce jour, malgré les coups de verge de leurs surveillants, ils étaient peu attentifs à leur besogne, en l'attente du radieux spectacle.
Sur les flancs du Tsione, des chansons s'envolaient parmi le bourdonnement des insectes. Des enfants couraient^ se lançant les uns aux autres des poignées de fleurs sauvages. Et les regards dégringolaient par-dessus les blondeurs des nombreux jardins semblant suspendus jusqu'au val du Kidron. Sur le bord du torrent des saules s'éploraient.
Et les environs de lérouschalaïme décelaient leur aridité. Au loin des vaguettes de poussière se levaient sous le trot de petits ânes que piquait l'aiguillon du muletier. Des bois de joncs s'agitaient du passage des cormorans. Dans la campagne des filles s'aperce-
Vaient, qui portaient sur la hanche droite des paniers de figfues,et d'autres qui descendaient vers la fontaine de Siloë, les bras arrondis autour de leur tête où posaient les outres d'argile. A gauche, dans la plaine, fumaient de grandes cuves remplies de bitume que des vaisseaux devaient emporter au pays d'Egypte.
Dans l'appâlissement du jour les brises évaguaient Todeur de baume des chairs alanguies et les vapeurs des encens brûlant sur les trépieds de fer au coin des carrefours de lérouschalaïme. Les femmes processionnant dans leurs vêtements légers, plissés à la taille pour la plupart, ouvraient aux tièdes effluves leurs narines, dont les anneaux battaient le sang de leurs lèvres. Et leurs yeux avaient derrière le voile des caresses douces, à l'ombre de leurs cils teintés.
Parfois des bousculements faisaient houler la foule au passage d'un char piqué de gemmes où quelque dignitaire, la |chaîne d'or au cou, s'apparessait sur des étoffes fleuries de monstrueuses corolles d'un jaune d'ocre.
Des accords de guitares descendaient des terrasses de maisons marquetées d*ivoire où des jeunes gens, aux oreilles trouées d'anneaux, abritaient sous des parasols de joncs la frisure de leurs cheveux enduits de nard persique. Ils buvaient dans des calices d'albâtre des vins parfumés d'aromates, effeuillant des roses ; et c'était, par les rues, un papillonnement de pétales sur la tunique et les tresses des filles qui, sourieuses, se secouaient dans un frisson, en levant vers eux en signe de reconnaissance leurs flacons d'essence aux arabesques de nacre.
Des draperies d'un jaune doré couraient le long des riches demeures. Les plates-formes étaient chargées de spectateurs, de soldats surtout, et les turbans saignaient dans le reflet des casques.
Pourtant on ne voyait personne sur la terrasse de la maison d'Heman, car les servantes n'avaient osé y monter, à cause de la tristesse du maître. Enfermé dans ses appartements, il avait déchiré ses vêtements et il s'était couché sur les tapis, la tête couverte et les pieds nus. Toutes avaient le cœur
serré i Cause de ses lamentations ; et elles écoutaient avec regret les Lévites qui jouaient des cymbales devant l'autel en faisant retentir leur voix, et la rumeur de la foule toujours plus épaisse qui battait les murailles.
A l'Occident, le soleil mourait dans un vomissement de flammes où flottaient comme d'énormes flocons de neige.
lérouschalaïme éclatait, splendide par l'incendie de ses fontaines de bronze, de ses palais lamés d'argent, de ses temples tuiles d'or. Sur le Tsione tout rouge était le dévalement des têtes anxieusement tournées vers la Plaine, sous le branchage cuivré des cyprès.
Au loin, un nimbe de vapeurs, violettes intensément, aux sommets des monts.....
Et tout«ArCOUpy alors que le soleil croulait derrière Thorizon en feu, un grand bnût de trompette, yenu du mont des Olmers, s'abattit sur la multitude.
En un arroi somptueux tout le cortège s'é-* tait arrêté devant le palais royal, où des enfants caressaient les singes et donnaient du pain aux esclaves. C'était sur les flancs des mules un amoncellement de choses cachées sous des voiles, et que Ton apercevait à peine i cause de la vivacité que mettaient i les décharger les serviteurs robustes de David.
Le roi avait pressé dans ses bras Elisçuah ; et celui-ci, après avoir baisé le bas de sa tunique, avait voulu regagner sa demeure, étant fort las.
Le galop de Tétalon se cassa devant le haut portique du palais. Par trois fois humectant de l'écume de sa bouche le peuple éperdu en clameurs, Tanimal secoua sa tête lourde sous l'éparpillement de sa crini^^ dont des poils Toilettaient son rq^ard luisant de larmes, et par trois fois le grelot pendu i son col argentinement tinta.
Elisçuah, emmantelé d'écarlate, glissa sur la housse poilue dont les cordelettes abaissées se tordirent sur le sol, pendant que les habitants les plus proches, la face chiffonnée de joie, vociférùent dans le grouillement de la foule.
Et du palais dont les murs plaqués d'argent semblaient en fusion sous la brûlure du soleil, des esclaves au visage couleur de bronze accoururent — et lorsque le cavalier s'avança avec une lenteur lasse sous les colonnades de granit, ils raccompagnèrent en balançant au-dessus de son front des plumes de paon qui semblaient des yeux.
Et de hauts Ethiopiens vinrent, dans la lueur des anneaux de leurs jambes nues ; et ils conduisirent l'étalon dans le haras princi-
pal qui, non loin, abritait sons des imbriqué* ments d'écaillés les bâtes dievalines de sang pur.
Elisçuah pénétra seul sàxa, le l^i^e vesti* bule où les lambris de bois de santal étaient incrustés de pierres rares ; et son glaive à la poignée fleurie heurta une boule dé cmvre qui vibra longuement. Hegla s'avança vers lui, et, baissant le front, lui offrit sur un plateau d'or un pain pétri avec de la fleur de farine. Elisçuah ne toucha pas au pain. Et Hegla lui tendit une coupe claire où riait du vin. Elisçuah ne prit point là coupe.
Alors une épouvante la saisit. Elle trébucha. Allait-il donc la conduire devant le Ta* bernacle, femme adultère portant le gâteau de jalousie ? Les eaux de malédiction entreraient-elles dans ses /entrailles ? Allait-elle entendre les horribles paroles du sacrificateur souhaitant que sa cuisse droite pourris* se, que son ventre s'enflât, et qu'elle mourût
aiosi nusèraUeoMftt? Pleine d'uqjoîsse^ efle suirit Elisçuah toujours muet. traversa tout le palais et s'arrêta dans la grande cour dallée de marbre blanc. Là des esclaves écorchaioit des taupes vivantes dont la peau placée chaude sur les reins guérissait les hémorrhoîdes. Des vieillards surtout étaient employés à cette besogne. & voyant le maître, ils s'écrièrent de joie et tombteent sur leur face. Elisçuah ne les regarda pas.
Une des dalles de pierre s^écarta sous le choc de son pied, et il disparut. Hegla, sans farce pour le suivre encore, demeura sur le bord de l'escalier souterrain. Ses yeux luisaient sous le long voile ; et ses dents faisaient le bruit des ramures que brise un ouragan.
Etbientdt le peuple clama sa joie devant le palais.Les fenêtres de la grande salle étaient éclairées par un grand feu brûlant dans la cour intérieure ; et le peuple croyait qu'en ces flammes montait la joie du glorieux fils épargné par la mer durant son retour de la Tene d'Or.
Elîsçuah offirait l'enfant du Sage en holocauste vers le Seigneur. Il l'avait fait apporter de sa demeure sombre, et, sur son ordre, des branchages très secs avaient été placés près du berceau.
Et les flammes jaillirent, crépitèrent, s'épanouirent. Les boucliers des murs furent des miroirs en fusion, et les mufBes de taureau grimacèrent au trône du maître.
L'enfant dans la chaleur peu i peu approchante ouvrit des yeux étonnés. Ses petits bras s'agitèrent faiblement — et il sourit, pour la première fois !
Et pendant que le feu le dévorait^ Hegla, fille de Joab, s'assit -— sereine — sur son siège de pourpre, ayant senti descendre en elle le pardon de lahvé.
r-gfJiÊ^
DEUXIÈME VARTIE
« Avec les éphèbeaqui sont pâles» et dont les mains sont parées de narcisses, nous dormirons tout le soir et toute la nuit au vent des palmes I
Vexiez à nous, éphèbes pâles ! car nos lèvres distillent les rayons de miel.
<L Pour les guerriers aux poils bruns, nous avons oint nos chairs avec des parfums voluptueux et avec de l'huile tiède 1
Venez à nous, guerriers bruns ! et nos râles d'amour ne cesseront qu'à l'aube.
€ Pour les vieillards aux cheveux blancs nous savons les caresses subtiles et les paroles chastes qui raniment les membres fatigués I
Venez à nous, vieillards blancs ! et nos tresses seront sur vos corps comme de noirs serpents. »
C'étaient les filles de l'Idumée qui, dans Tagonie du crépuscule, disaient les chansons capiteuses dans le cliquettement de leurs castagnettes faites de bois de noyer. Ces servantes de Moloc entraînaient les mâles sous leurs tentes, dont s'apercevaient les cônes rayés sur les voies de la Ville Haute et sur la Place de la Porte-des-Eaux, là ou était sous David la vallée du Tyropaeon . Un égouttement de rires à travers leurs dents laiteuses, elles allaient, d'une marche ondulante, jetant dans la multitude la griserie de ]eurs seins nus, frottés de marjolaine.
Sous les kérubs à tête de vache, un Prophète couvert d'un manteau de poils darda vers elles la menace de sa main fermée ; et Tembroussaillement de sa longue barbe lui donnait un air farouche :
« Iduméennes! plus impures que les boucs de Beth-el ! Le miel caché sous votre langue est plus dangereux que la peste et que les souffles de mort qui viennent des marécages !
Mais vos amours vous consumeront, et vous serez ainsi arrêtées dans les cordes de votre péché ! »
Mais sa malédiction retomba sur des haussements d'épaules ; et des soldats prqjectèrent des crachats sur le sac de cendre qui chargeait spn dos. Et tout à coup il s'écria :
« Voici venir celui qui a trop dormi entre vos mamelles I Vous lui avez donné de la graisse des bêtes, et il a bu de leur sang ! Il a péché contre l'Etemel, et la colère de TEtemel s'est embrasée sur lui ! »
Et un homme passa, nu-tête, qui faisait de grands gestes avec les bras pour chasser une mouche dont le vol le suivait partout — depuis cinq mpis ! Ses pieds nus saignaient. Il tourna ses yeux hagards vers le Prophète, et le Prophète fit le signe de réprobation.
L'homme se mit à courir, criant :
« Malheur à celles dont le ventre est comme un fruit plein de poison ! »
Ella joie des fiUest'épammil. Et km% rire* ae marièrent aux roacools des oiaeaoz sans tache, destinés au couteau du yictiinaire, que des maias frêles caressaient sur les coBiptoirs des marchands.
Mais la Voix àpf^ du Prophète rnootsit toujours, avivait Tangoisse de coupables dans tes demeures. Heman fit fermer ks fe»
nètres de ses appartements ; et il se boudiait les oreilles pour ne [rfus l'entendre*
Depuis trois fois sept nuits il ne dormsil plus, les jeux grands ouverts sur les flammes des lourds chandeliers bagués de cuivre , dont la lueur incendiait le cristal des mois et la peau de tigre aux prunelles d'teerande sur laquelle il était étendu. Car H^a élail morte ; et il aimait encore cette bcUe Sioaile trop pftle, aux yeux^frais, et qui portait des clochettes d'argent à ses sandales. Depuis Im nuit de deuil il avait toujours dans la mmn la boucle de sa longue chevelure d'ambre qu'elle lui avait donnée. Et il pleurait, parce qu'il sentait s^i^pesantir sur lui le courroux de lahvé.
n vivait seul dans sa maison, et ses ser*
vaoie^ étaient tristes. Ses trois frères, Athan, Chaichol et Dorda le croyaient fou et le dédaigaaie&t ; et lui était plein d'horreur pour eux. Peut*étre regrettait-il Cbalcbol, dont la mère était la sienne, et qui chantait des cantiques en tirant les douze sons du nabel de ees doigts légers.
Lui aussi avait touché des lyres pour chas* ser le mauvais remords ; mais les cordes avaient pleuré sous ses mains. Ceux qui partaient pour des rivages lointains lui faisaient envie, parce qu'ils noyaient peut être dans les vagues les souvenirs trop acres et les rêves nostalgiques. Mais il n'osait les imiter, ayant peur de la mer.
Devant ses fenêtres il regardait parfois une colline toute verte dans la tendresse du nK>is de nisan ; mais aussitôt les merles bleus se taisaient parmi les cèdres.
Alors pour apaiser le Dieu d'Israël, il avait été sur les hauts lieux, afin de faire les offrandes que la Loi ordonne pour ceux qui ont péché volontairement et secrètement, c'est i dire un mouton, deux gomors de farine, et un tiers de hin d'huile ; et bien que les sacrifia
cateurs eussent inondé Tantel da sang de la victime, la vision des heures d'amour ne IV vait pas abandonné. D avait jeûné, ba des philtres étranges, ^^rgé deux colombes el même fait balancer devant FArche des encensoirs d*or pleins de nard. Des servantes avaient répandu dans la maison des brandies d'hysope, dont le parfum écarte les songes cruels.
Et un soir I il osa jeter le^ cheveux d*Hegla sur un vase de fer où fumaient des parfums. Et ils grésillèrent, se tordir»it, mouni* rent — mais ils ne brûlèrent pas. Et Heman sut que sa faute était irrémissible.
Et en levant ses yeux agrandis d'épouvante il aperçut Elisçuah qui ricanait à une fenêtre de son palais.
En efEet Elisçuah devinait les remords d'Heman, et il s'en amusait, ayant Fâme gangrenée par de grands péchés. A peine Schelomo, son frère, avait-il succédé & David sur le trône d'Israël, qu'il avait r^udié Hegla. U voulait rentrer par cet acte dans
leà bonnes grâces du nouveau roi qui avait ordonné la mort de son beau-père Joab convaincu de félonie,tué dans le Tabernacle par le fils de Jéhojadah, bien qu'il eut saisi les cornes de l'Autel. Car lui-même s'était rendu coupable du même crime que Joab. Alors qu'Adonija, fils de Hagguîth, avait tué des brebis, des bœufs et des bêtes grasses, lui aussi avait été avec ses frères et ceux de Juda qui étaient au service de David à la pierre de Zohéleth, près de la fontaine de Roguel ; et lui aussi avait dit : <{ Vive le roi Adonija ! »
Mais Schelomo ne lui avait pas gardé rancune de cette faute ; et il lui envoya même en présent trois lions d'Arabie aux poils roux, dont on entendait parfois les bâillements au fond du jardin où ils rêvaient dans une large fosse.
Et Hegla, ayant survécu peu de temps à cette séparation, était morte depuis vingt et un jours. Elisçuah s'était réjoui de cette mort, parce que la vue de cette femme lui rappelait le meurtre de l'enfant qu'elle avait conçu en son absence.
l^ Itodemaio du Goir où il avait offert cet Iiolocauste ioterdit, il avait trouvé peoda au cou d*uiie statuette qui le représentait un sachet qui contenait de la terre. C'était le signe que portaient ceux qui avaient tué leur mère ou ceux qui exterminaient leur progéniture , Et ceja l'avait troublé profondément ; et rborreur de son crime lui était apparue.
Mais le repentir ne fleurit point en son âme, $ii son esprit se fourvoya en des projets illicites. L4ii dont la jeunesse avait été audacieuse, qui avait frappé des tambours sur les montagnes, et aboli dans des fosses des ours affamés ; lui qui avait suivi les guerriers de son père parmi les peuples impies, qui avait abreuvé son glaive du sang des ennemis terribles ; lui qui avait couru ks mers capricieuses et affronté les dangers des tempêtes — il s'était efféminé, et se livrait à des débauches innommables et délicates. U avait laissé pousser ses cheveux, et sa barbe était im{^<gnée de parfums. Parfois on le rencontrait dans les rues de lèrouschalaîme monté sur une ânesse blanche, tenant une boule d'ambre qui entretenait la pâleur de ses
ChauBsé d'hyarinthft, il «mit daat aou palais oà des changemcats avaient été é^ped* fciiés, sur dba ocire. On air»it enleré touslttf boucliers d'argent, les trophées rapportés dei glorieuses bataUles, les laines de lance, les ja:Fdots d'airain, les cuicasses d'49r vierge et lesca8qiiesauKsquaauiieuse8Jiy;alaiies. Des ékefBes de Schioaar les nemplaçaîent loentm ks iBQTB, et devmat les portes de gxaadef draperies blanches s'écartaient, crtcnties de ckaque càté aux anneaax d'argeai des co^ lomes de aiarbre par des cordons tresaite d'écaxlate. Des petntne s vinrent, dont les (ânceauK tracèrent des scènes inipadiqacni Des sculpteurs eoooulèrent des pampres an flanc des colonnades toises, cccaisèrent des grappes de grenades dans les hauts bitfetS| et sur les portes contorsioimèrent des gueiK les de monstres. Et dans tous les lambris deà boutons de [fleurs ouvrûent de timides cso* roUes.
Des meubles magnifiques ornaient toutes les chambres du palais Car Schelomo avait fait don à Elisçuab d'énormes oliviers, de citronniers luisants, dont il avait fait parqua
ter la salle où s'élevait son trône i quatre degrés, et de cèdres dn Liban pr» parmi les plus beaux apportés par la flotte du roi tiiram.
Et Elisçuah savourait cette opulence qui lui permettait de contenter ses goûts d^ra- ▼és en des oigies fort belles. Des Sidoniennés se prostituaient pour lui à des molosses puissants comme des hommes, et une joie bouleversait les spectateurs accoudés près des bassins deporphyre servant auxablutions.
Et des rires gras découlaient des lèvres fardées d'eunuques aux hanches souples et dont on devinait le beau corps épilé sous les gazes diaphanes. Auprès d'eux des trépieds de bronze figurant des griffons diadèmes supportaient des plateaux où bavaient des coupes. Et des instruments chantaient — des harpes faites avec le précieux bois d'algummhim, qu'Elisçuah avait le premier rapporté de la Terre d'Or.
Et le Prince se réjouissait ainsi, en la mort de son âme, parmi les chairs suaves.
Or, un jour un projet hanta Elisçuab, dont l'exécution devait prouver à tout le peuple son mépris de lahvé. Il fit construire un pavillon sur la terrasse de son palais qui était couverte de ciment et bordée par une grille de fer. Presque toutes les maisons de lérous* chalaïme en étaient embellies et on y logeait des femmes ou des étrangers. Le prince s'en servit pour se livreraux actes que prescrivait le culte d'Hasçtoreth, le dieu des Sidoniens. MoloC) Tidole des enfants de Hammon et Kemos, le dieu des Moabites lui inspiraient une confiance moins profonde, bien qu'il les
jugeât plus puissants que le Seigneur d'Israël. En effet son cœur s'était complètement détourné de lavhé. Durant la translation de TArche de l'alliance dans le Temple qui res* plendissait maintenant sur le Moriah, il rit de l'agenouillement et des danses de la foule enivrée par la tempête des sistres et l'odeur des sacrifices. Car du haut de la terrasse ses regards orgueilleux descendaient souvent sur la ville sacrée. Elle s'écrasait dans sa ceinture de montagnes et de murailles ponctuées de tours. Ses piscines, ses maisons, ses ponts, ses jardins clamaient sa richesse, et surtout le palais royal dont le marbre blanc semblait en feu. Au-delà Josaphat découvrait ses plantations de cyprès et les tombes radieuses parmi les bouquets de palmes. Plus loin des collines crayeuses dont la vue troublait les yeux. Le chemin de Bethléhem, que Schelomo avait fedt paver de pierres noires, rappelait à Elisçuah son retour triomphal d*Ophir dans la flambée d'enthousiasme de la multitude. Des caravanes gagnant Hebroo, Emmaûs ou Gaza, s'y rapetissaient. De l'autre côté, des monts érigeaient leurs ctmes
jauats que le 6(detl décliiiàiit lonsaît <ViMm teinte infinnnent douce.' Et derrière, dans le lointain^ les eaux salées do lac Aspbaltite dormaient*
Mais le Temple surtout attirait Fattentmi presque retire d'Elisçiials. Des prontcneurs s'attardaient sur le parfis extérieur. Et mr les angles des toits, des séraphins cernés de lignes d'or semblaient vouloif s'envoler dans un nimbe de lumière» Elisçiudi prenait en pitié la ferveur des croyants ; et pour acct n* tner son dédain, il se livrait aux actes défen^ dus. Il se vêtit de lin comme un sacrificateur, coupa les coins de sa barbe, et fit des sér* ments. Un homme db Galaad, qui savait les secrets des plantes et qui interrogeait les astres, lui tatoua sur le bras gauche une trirème et un sexe de femme. Ce serviteur et hri manièrent des bêtes qui étaient souiUées : des belettes et des Hmaces qu^ils plongeaient dans du sang de mûtes ; et ils se distrayaient à embaumer des rats,
Le prince soehaitait toufcnrs de nouveaux ' I^sirs, ne vivant plus dans la quiétude de son ccnti et ce besoin de sensations iné*
prouvées se satisfaisait sur ses esclaves.
Dans l'avant-cour qu'enfermait le mur d*eaceinte, il j en avait dont on serrait les pieds dans des ceps, pendant que leurs ongles voo* bûent égratigper les pierres de Soham.
D'autres étaient enfermés dans des sacs, pieds et mains liés, avec une vipère, un coq et on chat. Et Elisçuah avait une grande joie à regarder bouger les sacs d'où sortaient des cris. Quand il était lassé du spectacle, on les jetait tous dans un puits. Il opposait aux plaintes des victimes un reproche de leur faiblesse: «Vos pères ont-ils donc moins souffert ? » disait-il, faisant allusion à ceux que déchirèrent les herses du roi David.
Or son impiété voulut se divulguer avec éclat. Il rêva de donner un grand festin aux courtisaneslesplus renommées de lérouscfaalaîme, mais auparavant de les posséder devant le peuple et le soleil. Car il avait gardé une admiration pour l'acte de son frère Absçalom, fils de Maacha fiUe de Talmaî roi de Guesçur, qui avait violé ainsi les copcubtne»
de son père, pendant qu'il s'était enfoi yersi lés campagnes du désert.
Des lits aux draps d- hyacinthe furent dicH posés le long du grillage de fer^ autour de la terrasse. Et le peuple s'amassa devant le. palais du Prince où sous le pavillon de drap d'or vinrent s'alanguir les magnifiques pros^tituées.
Un grand voile les couvrait ; et elles ne bougèrent plus.
Près d'elles des encens caressaient leuirs.
narines.
Tous les reconnaissaient. II y avait Mahia dont les oreilles supportaient toujours des perles à facettes rayonnantes comme des étoiles ; Agith qui voilait ses seins d'un réseau d'or ; Tirt-za dont les sandales en peau de blaireau portaient des agrafes d'argent de Tarchirch ; Halaël qui agitait toujours la frisure savante de ses cheveux noirs ; et enfin Tiphalt, dont la marche était réglée par la longueur de la chaînette réunissant les annels de ses deux chevilles.
On s'impatienta de ne pas voir apparaître Elisçuah, car le cœur du peuple, que corn*
à gÊgatir le caiÈit des bahaUns, s'était tourné vers lui. Et les ianmes FadnÉi* raient i cause de sa beauté, demeurfe célèbre malgré son âge avancé et sa vie aventareuse, et aussi pour sa longue cherehire, bien qu'elle ne pesât point deux cents sidcs comaie celle qui avait été si funeste i Absçalom. La croyance s'affirmait dans la fovie qBHl possédait fat fleur très<«oi^ rqyporiée des pays lointains, dont Tarôme faisait fri»sooDcr d'amour. Mais en attendant tous buvaient du vin que leur versaient daaadea coMpes des esclaves d'EHsçnab.
Soudain un grand remous rabattit la multitude des deux côtés de la place. Les têtes papillotées d'or de cavaliers, tenant des arcs et vêtus de pourpre passèrent, dans la sonpre parade des montures ; et au milieu de la cavalcade un char luxueux où Scbelomo était assis.
U revenait d'Ethao, jsa maison de cao^gne» .près de lérouschalaïme» où soîxsnte*huit fontaines chantaient dans les jardins.
Ses lèvres versèrent des sourires aux hfties acclamantes des spectateurs.
Enfin Elisçuah parut sur la plate-forme du palais. Vêtu d'une robe blanche à ceinture écarlate sur laquelle ses cheveux faisaient une grande tache — et ses bras étaient lourds de bracelets. Un bâton surmonté d'une agate s'élevait de son poing droit.
Les femmes arrachèrent leur voile et furent nues sous la gloire du soleil, avec leur sachet de myrrhe au cou :
« Fils de David ! Tu es le plus beau de « toutes les tribus I Que nos corps soient les « vases où s'étanche ta soif ! »
Ainsi dirent-elles, pleines d'humilité. Le silence était tel que le peuple les entendit, et fut anxieux, car cet acte irréparable devait le fortifier dans sa révolte contre lahvé.
Et Elisçuah connut les prêtresses libertines.
Et un grand soufSe d'amour passa sur Israël. Des femmes gémirent de volupté sous les étreintes des soldats. Et dans les maisons on entendit les vierges se plaindre comme des tourterelles.
mm
Une nuit pure s'étendit, fleurie d'étoiles ; et des brises glissèrent, tièdes et parfumées comme des haleines de femmes.
La ville n'était plus qu'une masse confuse où les verdures touffues des collines faisaient des taches plus sombres. Pourtant des clartés çà et là sur les monuments prenaient le regard, car la lune profilait son premier quartier; et des aiguilles de lumière piquaient le monument du roi mort dans la Cité de David. On apercevait aussi les flammes des holocaustes qui montaient de l'Autel d'airain et les gerbes d'étincelles que noyait aussitôt
— esla fumée noire. Les fours où fondaient les choses aromatiques combinées par les fils des Sacrificateurs ouvraient plus loin leurs gueules, rouges dans Tombre.
Du haut de la terrasse d'Elisçuah, les plaisanteries et les blasphèmes insultaient à la Ville pieuse. Car Tivresse commençait à troubler les convives. Des mots d*amour et des chansons s'échappaient des bouches humides. Autour de Timmense table aux larges pieds d'ivoire des esclaves s'affairaient pour satisfaire les désirs. Quelques-uns portaient sur de grands plats des quartiers de porc et des lièvres découpés : mets qu'Iahvé avait défendus à son peuple. Pourtant des daims et des chevreuils cuits avec leur peau furent apportés dans un nuage odorant. Parfois les morceaux échappés des doigts des mangeurs tombaient sous la table et on entendait des grondements de joie. C'étaient des serviteurs auxquels on avait coupé les pieds et les mains pour avoir pris des raisins aux vignes centenaires, et les efforts qu'ils faisaient pour
ramasser les viandes intéressaient les femmes. On'ieur jetait des concombres ou de petits melons qu'ils faisaient rouler comme de jeunes chats avant de parvenir à y ancrer leurs mâchoires ; et Elisçuah riait d'entendre le choc de leurs crânes.
Les femmes, sauf Tirt-xa dont l'enfance avfl^ît été aventujçeuse et qtij^ rij^n-ne .répugnait, ne voulurent point toucher aux oiseaux défendus : des cygnes, et des chauv4^^,-spuris désirables dans les sauces pleine^ d'épicés.
Mais elles se montrèrent frjandes des çaillesc et surtout des solhams, les reptiles que l'on apprêtait avec du sucre.
Cependant les coupas se vidaient. On le9 remplissait d'un vin aromatisé et enivrani:
apporté dans des vaisseaux d'alabastrite -— la pierre dont étaient faites les urnes du Sanctuaire.
Et les poses s'abandonnaient sur les lits de cèdre au ciel d'écarlate. Les doigts las émiettaîent distraitement des pains de forme obscène qui avaient été pétris avec la dlme du froment, non présentée au Tabernacle.
Hasçtoreth, Tidoleaux chaînettes d'argent, présidait au festin, resplendissante sous les lueurs des candélabres qui jetaient des sourires d'or dans les coupes pleines.
Doucement les piles des beignets imprégnés de miel s^écroulaient'près de flacons fendus, d*où coulaient les liqueurs, goutte à goutte.
Sur un lit plus élevé, à dossier incrusté de gemmes, Elîsçuah écartait les bras, dans une ivresse exubérante. Un bonheur possédait son être ; et il était joyeux de sa puissance, de sa beauté, et de la stupidité des foules.
Et ses regards tombèrent sur la maison d'Hemanoù une fenêtre était encore éclairée.
Il le supposa toujours écrasé dans sa douleur ; et son rire orgueilleux sonna comme une fanfare de gloire.
C'était par toute la terrasse une échappée de gazouillements. Les courtisanes avaient de nouveau dénoué les ceintures des voiles dont elles s'étaient recouvertes au crépuscule. Leurs petites dents se mouillaient dans les joues saignantes des pastèques, se col-
laientaux dattes, grignotaient les gâteaux faits avec de la fleur de farine. Elles se jetaient les unes aux autres des grains de cédrat; et leurs visages étaient rouges. Et Elisçuah fit apporter des kinnors et des psaltérionSi qui étaient les instruments sacrés ; et Halaël les émut de ses doigts ivres. Ce leur fut comme un signal des impudentes réjouissances. Toutes se levèrent, leur nudité éclose sous la gaîne des voiles. C'était Ti« phalt qui inventait les pas, les gestes et les pauses ; et les autres l'imitaient en heurtant leurs castagnettes. Puis Tune près de Tautre elles se balancèrent longtemps, et les hanches ondulaient en un rythme harmonieux.
L'odeur de chair chaude se mêlant au chœur des lourds parfums achevait d'enivrer Elisçuah^ fils de David,
Peu à peu une plus vive animation les enlaça. Des lueurs sillonnèrent leurs yeux, et leurs lèvres demeuraient écartées, comme figées par la brûlure d'un baiser. Alors elles
repréccntèreot un mystère d'amour, les bras souples tordus comme des liaBes autour .d«s tailles. Et des servaDleB accroupies sur des nattes soufiSaient dans les deux flûtes nasillardes des peaux de chèvre gonflées.
L'idole, des grimaces de sa face camuse, approuvait la jondiée des chairs pâles lustrèes d'huile «t de lumière.
Elisçuah exultait, les jeux fibrilles de sang et ses hurlements de bête i^>plaudis* saient aux beautés merveilleuses éperdues de jouissance dans la déroute des chevelures. Il bavait. Il aurait voulu pourtant quelque chose de plus extraordinaire encore — et de plus terrible, un plaisir épouvantable et raffiné qui paroxysmât sa joie. Et tout i coup, tournant sou visage ravi vers Pesclave qui se tenait auprès de lui avec un large calice oà saignaient des raisins dans du jus de mandragore :
— Va dans le parc, et rends la liberté aux lions d'Arabie que me donna le roi mon frère. Afin que la terreur plane sur le palais
lÉi^
tk que.leurs rugiaBèm^nls) Be'ioliei^t àint chant» de ODS kianorsi
L'escteire laisdà cfaoir ha calice qui rép«i« dit sur De lit du Prioce eôuimé une traiaéede sang, maââ il ne prononça pais tae pa»dè^ Sans torche^ il alla tout au bout des jatditts^ sotts le feuillage g^acé, de Iitne dé» t^ébin* tbes.
Des foraines sanglotaient. Bien que ï$i nuit fut avancée, les iauves né dormaient pas, mais ils maicbaknt inqoiètement, seixiblaàt attendre... La porte de la cage soutertaine s'écarta sous l'effort de mains tremblantes.
Les trois lions sortirent et ne touchèrent point à Tesclave. Celui-ci, réfugié dans des fourrés d'aloès, les vit traverser à pas lents le champ de safran, puis les jardins où les branchages secs craquèrent sous leurs pattes. Us s'avançaient vers le palais.
Or les femmes, entendant desrugissemeats, furent saisies d'angoisse; et les servantes frappèrent leur front sur le cimen^ de la terrasse. Les serviteurs aux poings et auxfHeds coupés roulèrent sur leurs moignons et se massèrent tous en une encoignure de la gril-
le, lea jeiiz linaiits, pldii9 de crainte pour leur Tie; etElisçuah s'amusait très fort de leur effroi, car la terrasse était haate.
• '-* Sur combien d'esclaves, dit-il, leur mâ« dioire.ya-t^elle s'ouvrir ayant qu'ils ne moi-
Et il éclata d*un grand rire. Les rugissements grondèrent, plus nets. Une teneur poursuivit encore les ftmes des feomies. Pourtant Tirt-xa, qui avait dormi sous les cèdres et qui avait vu errer des lions, prit un psaltérion et chanta. Mais sa voix tremblotait
Et les trois lions, côte i côte, gravissaient le large escalier incrusté d'argent, et des morceaux du tapisdeSchinaar s'accrochaient i leurs griffes.
Elisçuah ordonna que l'on remplit les coupes. Les femmes se blottirent en son lit, et ses mains les flattaient comme de belles bêtes dociles. Le vin versa un apaisement.
On n'entendait plus les cris des lions ; et comme les esclaves enlevaient les plats, les
amputés rèvjcmoty dans Fespotr des^ Fèl&éft/ et iksautda^iràt aaix>urdël4 tablé aux pkds d'ivotiiB .comme >dés grenouille». Eliiiçuah teuir £tl dqnneBi' du. jrîBiilanftdeai tasses de bisopze't^où Us Jtougissahsnt kur^^ visage ^an y6ulMti>Qtfe. .Daux^'eid^^uKUluLétalefft très vieux pleuraient i cause des rires des
En effet la gaîté renaissait dqiuis vque les fauves s'étaient tus.
— Les esclaves des haras qui sont brutaux et forts les auront tués,
dit Agith qui's'iët'aîi approdhée de la' giille.EUe tendit sa coupe pleine vers lérouschalaïme en un geste sacerdotal. Les saints des veilleurs montèrent vers sa beauté comme des encens. Et sa nudité éblouissante planait, sacrilège, défiant la Ville, insultant au repos candide d'Israël. Les chiennes de Moloc hurlèrent au mâle ; un vent chaud passa ; des plaintes tendres s'éveillèrent — comme si son long corps de rose-trémière dispersait dans les lointains des arômes de vice.
Les servantes apportèrent un liquide fait de pomme épineuse et de chanvre sauvage.
CéfeÉkiuieboMiQQ qataffolùL Tontesd»itat Tkkr lew câfioe. ElJSIitciiak, mécomtwt ^ r épouvante tt Tîte étriobe, crk c
— C«i Itcfaet esclaves ont déjà tué mb BtnSy ott lem togisaeiiMnte ne noue par« netiMDtiMai»^AAqfli(&, lOtttre k perte de ktem«Bei t
Et AdsJQçm — servante qni éteit Amop* cbéenne «^ouvrit la porte.
Et les tcd^Kooft entrèrent
Et la voix du Prophète sonna, claire dans la nuit :
— Malheur i ceux que l'orgueil entoure codfime un collier, qui boivent Timpiété comme le sang des vignes, car ils seront la proie des bétes féroces et les oiseaux du ciel leur troueront les paupières I
Et dans sa maison Heman eut un tressail* lement. Et il fit son geste machinal, un long geste, de caresse et d'effroi, comme s'il avait encore dans la droite les cheveux d*ambre de
la belle Sionitei trop pftle, aux yeux frais, et qui portait des clochettes d'argent i ses sandales.