‹ Élixir anti-scorbutiqueChapitre 2 sur 2 · CHIRURGIEN -DENTISTE BREVETÉ DU ROI · texte numérisé non relu

CHIRURGIEN -DENTISTE BREVETÉ DU ROI

Membre de la Société de Médecine de Paris ,

Hue de Valois, n° 2 (çi-devant du Lycée), près la place du Palais-Royal,

Et approuvées par V Académie de Médecine , par la Socie'tè de Médecine , et les Sociétés Médicale d' Émulation et de Médecine-pratique, par le Cercle Médical , V Athénée des Arts } et autres sociétés savantes , etc., etc.

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Si les Dents bien ordonnées, d’une blancheur éclatante, et ornées de gencives fermes et vermeilles, sont l’un des attributs les plus remarquables de la beauté, il faut convenir que rien ne la dégrade plus que la perte de quelques dents , car alors la bouche a perdu tou»s ses charmes, et les fonctions importantes de la prononciation et de la r^astieatioQ se trouvent complètement altérées.

Lorsqu’on a eu le malheur de perdre quelques organes

d’une si grande utilité, il est naturel qu’on ait cherché à les remplacer par des équivalens. Celte opération a donc dû être une des* premières el des plus importantes de l’art du Dentiste : porter remède aux imperfections de la nature , et réparer les pertes occasionnées par le temps ou par accident, c’est en effet ce que l’industrie humaine peut opérer de plus désirable. Dans cette \ue, on a employé, dès le principe, les ossemens de divers animaux, les Dents humaines, l’ivoire et l’hippopotame ; mais toutes ces substances mortes étant

putrescibles de leur nature , on ne larda pas à s’apercevoir que les couleurs s’en altéraient , qu’elles se corrompaient dans la bouche, et y exhalaient bientôt une odeur fétide et très-préjudiciable à la santé.

Ces inconvéniens graves , joints à la répugnance que chacun doit avoir à porter dans sa bouche des Dents arrachées aux cadavres de sujets souvent malsains, firent sentir dans tous les temps la nécessité d’employer, pour remplacer les Dents, une matière qui fut inaccessible à l’influence corrosive de la salive, à l’action délétère des divers sucs buccaux, et enfin inaltérable , quelle que fût la durée de son séjour dans la bouche. Fauchard, célèbre Dentiste du règne de Louis XV, tut celui qui , le premier, essaya de confectionner des dents artificielles avec des substances minérales seules capables de résister à la corruption , et ce sont les écrits de ce savant professeur en odontotechnie qui, plus tard, fixèrent l’attention des Dentistes sur cet objet. Mais il faut en convenir, si, à forcé dessais, quelques praticiens sont parvenus à faire des Dents incorruptibles plus on moins imparfaites , presque tous ont jugé convenabfe d’exploiter cette invention dans l’ombre du mystère , afin tife-n dérober la connaissance à leurs confrères, et plus encore pour pouvoir rendre le public tributaire de leur

cupidité, entravant ainsi l’art dans une de ses parties susceptible de rendre à l’humanité les plus grands services.

Un traité spécial sur la prothèse dentaire incorruptible manquait essentiellement , et il était vivement désiré par tous les véritables amis des sciences et des arts; mais pour parvenir à remplir convenablement cette lacune si importante et si préjudiciable, j’ai dû faire des expériences multipliées afin de porter, avant tout, la fabrication des Dents artificielles incorruptibles à un haut degré de perfection ; et ce n’est qu’après avoir atteint à ce but, que j’ai consigné mes procédés dans un Ouvrage que la Société de Médecine a honoré de son approbation, et qui a été accueilli favorablement par l’Académie de Médecine , la Société Médicale d’Émulation, le Cercle médical, la Société de Médecine-* pratique qui m’a admis dans son sein en preuve de sa satisfaction, et par l’Athénée des Arts, etc., etc.

Tous les journaux de Médecine , ainsi que toutes les feuilles publiques, l’ont annoncé avec éloge ; en un mot, les Médecins les plus célèbres ont tous reconnu l’utilité d’un Ouvrage qui met chacun à portée de connaître les matières qui entrent dans la composition des Dents incorruptibles, et de juger qu’elles ne sont nullement nuisibles.

C est donc uniquement dans l’intérêt public , et pour remplir la tâche que m’impose le principe énoncé dans l’épigraphe de mon Ouvrage : L’empirique fait de tout un secret , au lieu que l artiste donne de la publicité aux inventions utiles , que je dois y donner la plus grande publicité , afin que les personnes qui font usage de Dents artificielles puissent déformais , si elles le désirent , n’en porter que d’incorruptibles ; ce qui leur deviendra d’autant plus facile que le mode de fabrication sera généralement connu; mais il est juste de faire remarquer que je suis le premier qui soit parvenu à faire

des Dents incorruptibles, imitant beaucoup mieux la nature que toutes celles fabriquées avant moi. Je suis également le premier qui soit parvenu à les monter, et à les poser avec une telle perfection, qu’elles servent, non-seulement à donner au visage un air gracieux, une physionomie heureuse , à la voix un son agréable , une articulation aisée et distin» gu.ée, mais encore à exécuter parfaitement la mastication. Il sera facile à toutes les personnes qui le désireront de jugei de la beauté et de la bonté de mes ouvrages en venant examiner, chez moi, les Dents artificielles que je fabrique ; je les leur soumettrai avec d’autant plus de plaisir, que la perfection dans la pratique dépendant essentiellement de l’habitude, je désire qu’on ne juge de la bonté de mes formules que d’après les pièces sorties de mon laboratoire.

Je m’estimerai trèsdieureux si les efforts que j’ai faits pour perfectionner et pour propager une invention aussi avantageuse , peuvent être accueillis du public aussi favorablement qu’ils l’ont été par les diverses Sociétés savantes.

Pari», ce 29 mai 1821*

Le Secrétaire- général de la Société de Médecine de Paris a M. Audibran, Chirurgien-Dentiste, à Paris.

Monsieur ,

La Société de Médecine avait chargé une commission de l’examen du Traité historique et pratique sur les Dents artificielles incorruptibles , contenant les procédés de fabrication et d'application ; que vous lui avez, présenté. Cette commission, composée de MM. Dubois-Fôucou, Grand-Champ, Pelletier et Duval , a fait son rapport dans la séance du 15 de ce mois.

La compagnie , Monsieur, a vu avec bien de l’intérêt les efforts que vous aviez tentés jusqu’ici pour agrandir le champ de la prothèse dentaire; et, en applaudissant aux résultats très-satisfaisans que vous avez obtenus, elle a loué la résolution que vous aviez prise de publier les procédés de fabrication des Dents artificielles.

J’ai fait faire une copie certifiée du rapport, afin que vous puissiez en disposer.

Quant aux épreuves des dents incorruptibles, elles sont déposées aux archives : toutefois . s’il vous était agréable de reprendre ces pièces, je les tiendrais à votre disposition.

Je suis bien flatté , Monsieur, d’avoir à vous exprimer la bonne opinion que la Société a conçue de votre travail, trouvez bon, je vous prie, que je joigne à ce suffrage l’expression des sentimens d’estime avec lesquels

J’ai l’honneur d’être ,

Votre très-humble 9

NACQUAUT.

Société de Médecine de Paris , séant a l Hôtel du Département.

Séance du 15 mai 1821. Présidence de M. Marc.

La Société nous a chargés, MM. Dubois-Foucou, Grand- Champ, Pelletier et moi , de lui rendre compte d’un manuscrit de M. Audibran , Dentiste breveté du Roi, ayant pour titre : Traité historique et pratique sur les Dents artificielles incorruptibles , contenant les procédés de fabrication et d'application.

Le travail de M. Audibran se divise en cinq sections. Dans la première, il s’arrête à quelques details sur l’origine et les progrès de Part du dentiste. Dans la seconde, il expose les divers * moyens dont on s’est servi pour remplacer les Dents qu’on a perdues, ce qui le conduit naturellement à parler des Dents de porcelaine, et de Fauchant , le créateur de la chirurgie-dentaire. La troisième section est entièrement consacrée à la publicité des divers procédés que Fauteur a mis en usage pour la fabrication des Dents incorruptibles, et les moyens dont il s’est servi, non-seulement pour donner à ces Dents la forme des Dents naturelles, mais aussi pour leur faire prendre les divers degrés de couleur. La quatrième section a pour objet quelques dispositions qui concernent l’application des Dents artificielles : on y voit l’auteur , plein de zèle pour ton art, développer tout ce qui peut le rendre utile à la société. Enfin , dans la cinquième et dernière section de son ouvrage, M. Audibran comprend la manière de monter une Dent artificielle soit à tenon, soit à cuvette simple ou compliquée; il y traite aussi des dentiers faits d’une seule pièce; et dans tous les détails auxquels il se livre, on reconnaît l'homme zélé pour la science qu’il professe, et qui veut répandre les connaissances et non se ménager des recettes et des secrets.

Considéré comme le résultat des expériences et de l’ob-

servation d’un praticien distingué , ce Traité sera très-utiîe aux Dentistes , et sans doute ils ne pourront balancer d'y avoir confiance , surtout quand ils sauront qu après avoir émis une opinion contre l’usage des Dents incorruptibles dont on exagérait les avantages sur toute autre espèce de Dents artificielles, M. Àudibran a pendant long-temps composé et fabriqué cette espèce de Dents , et qu’il avoue même avoir eu l’avantage d’en faire l’application avec succès.

Nous estimons donc que , sans rien préjuger sur les compositions des Dents incorruptibles dont M. Audibran a donné les formules, la Société doit accueillir favorablement l’ouvrage dont il lui a présenté le manuscrit, comme un témoignage d’encouragement pour le perfectionnement de la prothèse dentaire.

À Paris, ce 15 mai 1821.

Signé Dübois-Foucott, Peiletieh, Grand-Champ et Duval.

Extrait du prarès-verbal de la séance du 15 mai 1821.

La Société de Médecine , après avoir entendu la lecture du rapport ci -dessus, en approuve les conclusions.

Le Secrétaire-général ,

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