SAMEDI — DIMANCHE
Couché à la montagne.
A cinq heures. — Lever. Premières prières.
A cinq heures et demie. — Parti pour la maison des Sœurs, — à Saint- Joseph. — Méditation « en route ».
Six heures. — Entendu les confessions. Écrit ma méditation.
Sept heures. — Messe. Lu la Yie des Saints.
Huit heures. — Déjeuner chez M. Grover.
Huit heures un quart. — Donné la communion dans
l'église d'Emmettsburg à deux personnes. Entendu des confessions. Écrit une méditation.
Dix heures et demie. — "Visité M™« Hughes et M"t^ Bradley, malades. Récité mes petites Heures en chemin.
Onze heures et demie. — Resté chez les Sœurs. Lu la "Vie de M™*^ de Chantai. Écrit une exhortation pour les obsèques de M™« Lindsay.
Une heure. — Donné la bénédiction. Lu l'Épitre du dimanche, et donné une courte instruction.
Une heure et demie. — Retourné à la montagne. Visité les Sœurs à leur maison K — Adressé quelques mots aux Sœurs.
Deux heures. — Visite à M. Elder. Officié à l'enterrement de M™^ Lindsay. Exhortation. Lu l'Histoire des Conciles. (Tout en marchant selon sa coutume.)
Trois heures. — Vêpres. Donné la bénédiction. Entendu des confessions après les vêpres.
Quatre heures. — Resté dans ma chambre. J'y ai entendu des confessions. Récité l'oflice. Parcouru quelques gazettes 1816-1817 2. — Lu dans l'Encyclopédie l'article sur la Pennsylvanie.
Sept heures. — Souper. Étude.
Huit heures trois quarts. — Prières du soir. Lectures , etc.
(( Parmi les papiers de M. Brute, dit M. Roosevelt Bayley, — l'archevêque de Baltimore, — j'ai trouvé une petite feuille sur laquelle sont écrites ces lignes tracées de sa main ; elles peuvent servir d'appendice à ce que je viens de citer :
« Le Dimanche de M. Dubois : Son invariable médi-
1 Les Sœurs qui avaient été envoyées au Mont-Sainte-Marie, pour prendre soin de la lingerie, de l'infirmerie et de différents détails à fintérieur.
2 Des gazettes venues de France.
tation. Après, des confessions dans l'église de la Montagne. La messe à huit heures. Confessions de nouveau dans l'église, jusqu'à onze heures. A onze heures, grand'messe célébrée par M. Brute, M. Dubois y assistant, de même qu'au sermon. Six heures de la sorte passées dans cette église froide. — Dîner; causerie ensemble. — A trois heures , bénédiction du saint Sacrement. Après, confessions, pendant une heure et demie. A six heures, le catéchisme pour les hautes classes, pendant trois quarts d'heure. — M. Hickey est chargé des plus jeunes. — Souper à sept heures et demie. Classe de latin. A Jamison, George Elder, Alexandre Elder, Grim, une heure. Et ainsi toujours pour ses jours de congé. » — Yoir Memoirs of the right Rmere7id Simon 11™ Gabriel Brute, bij the hS Rev. Roosevelt Bayley.
( Voir page 343. )
Ce que nous avons écrit des derniers jours d'EHzabeth Seton a été emprunté , souvent inot à mot , à une lettre adressée par 1\I. Brute à Antonio Filicchi, en date du 5 mai 1821. M. Brute commence cette lettre en disant à Antonio , qu'Elizabeth l'avait chargé de lui annoncer sa mort. « Elle était , ajoute-t-il , pénétrée d'attachement et de reconnaissance envers vous , et elle m'avait même chargé de vous l'exprimer et de demander vos prières. » La lettre se termine par ces mots : ce Priez pour elle , monsieur Filicchi ; elle vous a aimé et respecté , vous et toute votre famille, jusqu'à la fin. »
( Voir page 330. )
Avant d'accepter l'évêché de Montauban, M. de Cheverus l'avait refusé une première fois. Sa réponse au grand aumônier de France, qui lui notifiait de la part du Roi sa nomination, avait été pour supplier qu'on fit un nouveau choix, qui procurerait à l'Église de Montauban le même avantage qu'avait naguère procuré à l'Église de Baltimore la nomination de M. Maréchal, nommé évêque à sa place. « Si Sa Majesté, disait-il, me permet, comme je l'en conjure, de rester ici plus longtemps, cet établissement s'affermira, et mon troupeau et tous les habitants de Boston béniront" le nom du Roi de France. Ils voient tous les jours chez moi son portrait à côté de celui de son frère martyr ; et ils veulent lui devoir la prolongation de mon séjour ici. »
Le motif principal qui avait porté le roi Louis XVIII à rappeler en France M. de Cheverus , ne pouvait être infirmé par son refus , puisque ce motif venait des craintes que notre ambassadeur aux États-Unis avait données pour sa santé. Le Roi insista pour le demander. D'autre part, l'avis des hommes de l'art ayant déclaré qu'un plus long séjour à Boston serait fatal au saint évêque , il se décida à partir.
« Il était venu pauvre à Boston, — dit le vénérable historien de sa vie , — il voulut en repartir pauvre , sans autre bien que la même malle qu'il avait apportée vingtsept ans auparavant. Il avait donné au diocèse l'église, la maison épiscopale , et le couvent des Ursulincs, dont il avait la propriété. Il laissa aux évêques, ses successeurs, sa bibliothèque, composée des meilleurs ouvrages, et qui était l'objet auquel il tenait le plus; enfin il distribua tout le reste de ce qui lui appartenait à ses prêtres, à ses amis, et aux indigents. »
(Voir page 350.)
Ce qui détermina la séparation de M. du Bourg d'avec sa chère Église de la Louisiane fut ce qu'il eut à souffrir ■ de la part d'un faux frère. Périls de la pari des faux frères, saint Paul n'a eu garde de les oublier quand il a énuméré les tribulations qui attendent la vie du missionnaire. Vers l'année 1825, un indigne prêtre, l'abbé I***, — son nom ne sera pas prononcé ici , — chargé de recueillir en Europe les dons de la charité pour l'Église de la Louisiane , retint par un vol sacrilège les sommes qui lui avaient éïé confiées. La désolation que ce crime fit éprouvera M. du Bourg, et les embarras qui s'ensuivirent pour lui, le disposèrent à rentrer en France, et à accepter, en iS'16, l'évêché de Montauban, auquel le Souverain Pontife Pavait appelé sur la proposition du roi Charles X.
( Voir page 350. )