CHAPITRE XXI 1S
écrivani; à M. Brute, au moment où il vient d'entrer dans sa vie de missionnaire, de compagnie avec M. Cooper, le bienfaiteur d'Emmettsburg. « Je me dis dans le secret : Oh ! si j'étais l'un ou l'autre de vous deux!... Et puis, je me recueille, et je cherche à me persuader que je n'entends rien à ces choses. Cependantilmesemble que ceux qui ont déjà reçu lumière et grâce devraient tous être chargés de ce ministère ; et je voudrais ne m'arrêter ni jour ni nuit, jusqu'à ce que j'eusse atteint l'aride et sombre désert où cette lumière divine ne pénétra jamais. Oh ! si j'étais, comme vous, tonte clarté et toute vie, je crierais comme une insensée, seule en présence de mon Dieu ; je gémirais, je soupirerais, jusqu'à ce que j'eusse baptisé un millier d'infidèles , et arraché ces pauvres victimes à la puissance de l'enfer! — Eh quoi! Madame, direz- vous, pourquoi ce zèle ne répand-il pas sa flamme sur votre petit hémisphère? — C'est vrai! mais les règles, la prudence, la subordination, les opinions, etc.. sont de terribles murailles pour une âme ardente et indépendante comme est la mienne. Je ressemble à un cheval fougueux que j'avais quand j'étais toute jeune : on voulut le dompter et on l'attela à une lourde charrette.... » Vient le reste qui nous est déjà connu.
Ailleurs, elle dira , parlant d'un jeune marin :
188 ELTZABETH SETON
Il aime les voyages. Si j'étais un homme, la terre entière ne me suffirait pas. J'irais droit en avant sur les traces d'un saint François Xavier; les eaux de l'abîme et les vastes deux seraient explorés. Mais il faut que j'attende l'heure de la liberté ; il faut que j'attende, comme la chère petite Rebecca disait souvent, jusqu'à ce que je m'en aille plus loin que les mers, plus haut que les nuages !
A son amie, Mn»e Sadler, qui s'est embarquée pour le continent, elle écrira: « Vous voilà sans doute à moitié de votre chemin à travers le vaste Océan. Quel monde il m'était, autrefois, de délices et de merveilles! Maintenant, sous ces deux rapports, mon horizon est également limité. Mais mes chéris y ont leur place. Ainsi donc, au loin, tout regret! » — Et quelques années plus tard, à la même M™^ Sadler :
« Bon Dieu ! quel être est le nôtre! Obligés de réduire nos visées à une simple vue sur le petit espace que nous remplissons, nous y assurant le calme de l'esprit par une résignation tranquille, ou nous engageant dans le torrent des souvenirs qui nous emportent. — Oh! Eliza! où les miensnem'emporteraient-iis pas, s'ils ne trouvaient une résistance! — C'est pourquoi, un regard jeté en arrière pendant un seul moment, est tout aussitôt suivi d'un long regard, qui se fixe en haut, et que