‹ Elle est folleChapitre 26 sur 48 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

YOLLACK, KELLY.

NELtY, sortant de la chambre à droite et refermant vivcincrU hi porte.

Ah !... j'ai eu peur!...

YOLLACK , se retournant.

Nelly ! qu'est-ce donc, mon enfant?

NELLY

Rien... mais je suis encore tout émue!... J'étais assise près de lui... je le voyais si calme... que j'ai cru poitvoir lui parler, comme à mon tuteur , d'une affaire qui m'intéresse beaucoup. A peine avais-je prononcé quelques mots, qu'il a froncé le sourcil... il lui a pris un tremblement !... j'ai chancre bien vite de conversation... et il s'est remis peu à peu.

YOLLACK , à part.

Ah! ah!... ceci pourra peut-être m'aider. (Haut. ) Et de quoi lui pariiez-vous donc, quand il a froncé le sourcil?... (Voyant qu'elle hésite.) Vous pouvez bien me le dire, à moi!

KELLY , hésitant.

Oh! oui!... je lui parlais du mariage que grand-papa d'Oxford veut me faire faire dans deux jours.

YOLLACK.

C'est pour cela qu'il a froncé le sourcil?... c'est singulier!... vous n'avez pas ajouté quelque autre confidence?

KELLY' , timidement.

Si !... je lui disais, je crois, qu'il y avait au monde... et je ne sais où... car j'ignore ce qu'il est devenu... un homme que j'aimais de toute mon ame, et que je le préférerais toujours au mari que l'on me destinait.

Air du vaudeville de l'Hérilicre.

C'est alors qu'un accès terribie A soudain renversé ses traits.

Jugez donc s'il sera possible De vivre avec lui desoriiwis ! ( his. ) .Si l'on ne peut parler en sa présence D'amour, d'amant... sans redoubler Et ses transports et sa démence...

De quoi poiirra-t-on lui parler?

YOLLACK, réfléchissant.

Oui! oui!... c'est plutôt cela... (A part.) Un amant préféré à un mari!...

NELLY

Et voyez si je n'ai pas du malheur!... après tous les ch.igrins, toutes les inquiétudes qui me poursuivent... un danger me menace... je n'ai qu'un espoir dans le monde... j'ac<:ours ici pour l'implorer... tout me manque à-!a-fois : ma tante n'est point en état de m'entendre, mon oncle, encore moins... et (le regardant.) vous, docteur... tenez, vous pensez déjà à autre chose!

YOLLACK, revenant à lui.

Moi... du tout... confiez-moi votre embarras... et si je puis vous servir...

KELLY

Oh!... de tout mon cœur'... aussi bien, ce secret m'étouffe... et puis vous m'obtiendrez mon pardon. Figurez - vous, lorsque nous étions en Italie...

YOLLACK, allant à droite.

Attendez!... c'est lui... c'est votre oncle... il vient de ce côté...

NELLY', montrant le docteur.

Allons! je ne pourrai pas le lui dire non plus, à lui!

YOLLACK, à mi-voix.

Nous reprendrons cet entretien... je vous le promets, mon enfant... j'ai le plus grand intérêt... je veux tout savoir... mais dans ce moment j'ai besoin d'être seul avec lui.

NELLY

Eh bien! ne vous fâchez pas... je m'en vais... je m'en vais...

YOLLACK, l'accompagnant.

C'est bien ! c'est bien!

KELLY', près de lui.

Mais je vous reverrai. .. vous m'écouterez?...

YOLLACK.

Je vous le promets.

KELLY, en sortant.

Voilà un secret qui a du malheur... je suis encore obligée de le garder malgré moi.

( Nelly sort.)

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