‹ Elle est folleChapitre 40 sur 48 · DAVID · texte numérisé non relu

DAVID

Cependant...

LADY ANNA, lui taisant signe.

C'est bien, David, laissez-nous.

(David sort. ) AVILKINS.

Quand je vous disais... (D'un air aimable et

s'crnprcssantprès des dames, qui le saluent froidemeut.) Mille pardons , mesdatnes... mille pardons , helli; cousine, d'avoir forctî la consi^^Tn: ! d'être entré inaljrro vous! (A part.) l'aiLleu! si \e Morvin(j-1'ost a dit vrai, mes affaires sont en bon tr.-iin,ct l'interdiction... (Il aperçoit Ilarleigh. } Eh ! le voilà, ce cher ami, ce cher cousin ! lIAliLElOlI, d'un air indifférent.

Sir Wiikins! ali ! ah! c'est vous, mauvais sujet?...

WlLKlNS, A part.

Tiens, il a sa tête dans ce moment-ci!...

HARLEIGU.

D'oïl sortez-vous?

WILl'.INS.

Ma foi, cousin, c'est a vous qu'il faut faire cette question... Sans un journal qui m'est totnl)é sous la main...

YOLLACK, l'interrompant.

Echec à la reine! Faites attention, milord. (A Wiikins, et se tournant vers lui.) Monsieur, je vous prie de ne pas nous donner de distractions ; la partie est sérieuse !

■\VILlvINS, reculant près des dames.

Pardon , pardon !

KELLY, poussée par sa tante et se plarant entre Wiikins et le docteur.

Bonjour, cousin Wiikins...

LAUV ANNA, s'en emparant de l'autre coté. Comment avez-vous su (jue nous habitions ce pays?

AVILKINS.

C'est tout simple. .. je suis chez un de mes atnis, le juge de paix du comté, t|ui est aile' visiter quelques i'eriîies... (à part. ) et qui viendra me reprendre; je le lui ai fait dire... c'est plus siir... S'il y a (pielque chose! il est bon que la justice constate... (Haut.) Jetais donc tout seul, et en déjeuii.int tête .\ tète avec le roast-beef antique et solennel... un joxirnal , comme je vous disais... qui me tombe sous la main...

LADY ANNA , l'interrompant.

Ah ! c'est très bien...

NELLY' , de même.

Très aimable !

YOLLACK, avec humeur et se retournant.

Excessivement aimable ! Mais ne parlez pas si haut... vous me faites faire des fautes. WILKINS , regardant Harleigh de loin.

Ce journal m'avait même donné quelques inquiétudes sur la santé d'une personne... UAULEIGH , bas au docteur.

On lui aura parlé de ma femme !

YOLLACK , de même.

C'est probable !

WILKINS, à lady Anna et se rapprochant du docteur. Il est un peu pâle , le cousin ?

LADY ANNA , b.iv.

Vous trouvez?

NELLY , de même.

Il ne s'est janmis mieux porté.

YOLLACK, se tournant de son côté et sèchement. Une santé de fer.

WILKINS

Je le désire. ( A part. ) Je verrai bien... je m'en vais le faire jaser, (ils sont placés ainsi en parlant de la {;auclie : Nclly , lady Anna, Wilkins; le docteur et Harleigli , à la table. A Ilailei^'li d'un air agréable. ) Vous avez donc voyajve, cousin?

LADY ANNA , vivement.

Bcaucou]).

NELLY , de même.

C'est si amusant !

YOLLACK , de raême.

Sur-tout pour nous ar. très A n{]lais, qui avons tous les moyens possibles de nous ennuyer chez nous.

■VVILKIXS, k Harleigh.

Et où avez-vous élé?

LADY ANNA

Un peu par-tout... en France.

KELLY

En Italie.

YOLLACK, sèchement.

Et en Autriche !

WILKINS, toujours à Harleigh, Ah ! ah!... c'est là qu'on a des aventures.

LADY ANNA

Mais non...

SELLY.

Comme par-tout.

YOLLACK.

De belles routes, de mauvais chevaux, d'honnêtes gens, des fripons, des ennuyeux, de mauvaises auberges...

WILKINS, souriant.

Où l'on trouve des brigands...

YOLLACK, sèchement.

Et des poulets durs !

WILKINS, à part.

Ah çà... il parle toujours, ce monsieur... je vais passer...

(Il passe devant la table et va se mettre à côté d'ilurleigh.) LARY' ANNA, qui voit le mouvement.

Ah!... docteur !

WILKINS, frappant familièrement surla cuisse d'Harleigh. Ce cher cousin !

YOLLACK, jouant.

Prenez donc garde ! vous avez renversé mon cavalier.

WILKINS

Pardon... pardon.

YOLLACK , se fâchant.

Pardon... pardon!. ..Ou ne vient pas déranger une partie! !

WILKINS

C'est que je suis si heureux!... Cet excellent coasin !... v a-t-il long-temps rpie nous ne nous étions vas !

HARLEIGH, le regardant d'uu air goguenard. Oui... depuis le jour ou je payai vos dettes pour la einqiiièiiie lois.

WILKINS, à part.

Diable! il a les idées parfaitement présentes!

YOLLACK, riant.

Ah!... monsieur fait des dettes?

WII.KINS, d'un air modeste.

Il faut bien faire quelque chose.

IIAHLEIGH , riant.

Et il m'intente des procès pour me les faire payer.

YOLLACK , riant plus fort.

Ah! ah ! c'est d'un bon parent!...

HARLEIGH.

Mais je l'ai bien attrapé, j'ai plaidé moi-même au bancduroi...Vous rappelez-vous, Wilkins, comme je vous arrangeais? (Prenant le ton d'un avocat. ) « Celui qvii m'attarjue, niilords, est un « dissipateur, un extravagant, un paresseux!...»

WILKINS, à lui-même.

Il a une mémoire foudroyante!

HARLEIGH.

«Qui, comme le frelon, voudrait s'engrais- « ser... >i Ah! ah ! ah !

( Il rit aux éclats ainsi que Yollack.) WILKINS.

Allons, alions, cousin, ne parlons plus de cela; si j'ai eu des torts , je les ai oubliés; ainsi... (A part.) C'est qu il n'y a pas la moindre apparence... est-ce que le journal se serait trompé? ça serait bien étonnant! (Le regardant jouer. ) C'est qu'il joue parfaitement.

YOLLACK, à part.

Je crois bien... je me fais prendre à tout coup.

WILKINS , lui voyant avancer une pièce. Ah! pardon, cousin, votre fou ne peut pas marcher comme ça... Ils vont en biais, ces gaillards-là, comme des écervelés ! tenez!

(Il avance la main pour montrer.) YOLLACK, donnant un coup sur l'échiquier et renversant les pièces.

Ne poussez donc pas !... Au diable les donneurs de conseils! Une partie superbe, que j'allais gagner.

HARLEIGH, froidement.

Wilkins, vous êtes toujours le même... vous êtes insupportable!

WILKINS , repassant au milieu du théâtre. Pardon... pardon! je suis confus... (A part.) Décidément... il n'y a rien, et je n'ai plus qu'à me retirer. (Haut et prenant son chapeau.) Adieu, cousin.

YOLLACK, se levant vivement et voulant le congédier. Bon voyage!

LADY ANNA, à part.

Je respire.

WILKINS , près de Nelly, qui s'est remise à dessiner. Et vous aussi, petite Nelly. (Les acteurs sont placés ainsi qu'il suit en partant de la gauche: Nelly, Wil-

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