SCÈNE VII
Le docteur YOLLACK, MAXWELL.
YOLLaCK, à lui-même et regardant de côté et d'autre.
Le diable m'emporte si je sais où je suis et ce que l'on veut de moi!... Voilà sûrement le guiile <pii doit n)e conduire.
MAXAVEI.L, s'approcliant.
Le docteur Yollack!...
YOLLACK, surpris.
Sir Maxwell!...
MAXWELL
Est-il possilde! le plus ciHébre médecin de Londres, à vingt milles de la capitale! Air : De sonunciUcr cinor, ma chère.
A d'aussi grandes promenades '
Vos instants sont-ils de-slinés?
Mais que do\ieiidront vos malades.
Docteur, s'ils sont abandonnes?
YOLLACK, souriant.
Ils n en voiU )ias pins mal, jo pciLso ; là plus d'un se croit obligé
De fjuérir... quand, par mon absence.
Je lui donne un jour de congé.
Mais vous-même, miiord, que venez-vous faire ici? Un élégant d'Ilide-Parck , un héro:, de Régent-Street!
MAXWELL
A mon retour du continent, j'ai acheté ce château que vous vovez là-bas sur la hauteur... et dans une course à cheval... le hasard... Mais ilites-moi, docteur, vous connaissez <lonc le maîti-e de cette maison ?
YOLLACK, n'ayant pas l'air de l'écouter, et regardant du côté qu'il lui a montré.
Ah! vous habitez de ce côté?
MAXWELL
Pourquoi fuit-il le monde?
TOLLACK.
L'air doit y être très pur?
MAXWELL, rapidement. Ces dames l'ont-elles suivi volontairement ? Est-ce un compatriote, un étranger?
YOLLACK, du même ton.
Et vous avez été content de votre vovage ? Que dites-vous de Paris, de lOpéra? les élections, la tempête, mademniselle Essier, l'Obélis.jue? Avez-vous rapporté quelques modes nouvelles?
MAXWELL , le regardant.
Docteur! nous jouons une singulière partie.
YOLLACK , avec ironie.
Dame! je tâche d'avoir de votre couleur.
MAXWELL, froidement.
Vous êtes aussi aimable qu'autrefois.
YOLLACK.
Et vous, aussi discret.
MAXWELL, avec colère.
Morbleu !
TOLLACK.
Ah ! si vous voulez vous fàci)er, volontiers ' je crierai plus haut que vous, c'est mon habitude.
MAXWELL
Eh bien! non, non, docteur, ne vous emportez pas. Il faut convenir que j'ai connu peu de bourru aussi... (se reprenant.) aussi honnête homme (pie vous... car j'ai tort, après tout... Un médecin doit rester maître île ses secrets... et je me reproche de vous avoir embarrassé.
Yr)LI.ACK.
Embarrassé! nullement... Je vous traite comme mes malades... je ne leur dis jamais que ce que je veux qu'ils sachent.
MAXWELL, vivement.
Vous convenez donc qtiil y a du mystère, et que si vous vouliez...?
YOLLACK, le regardant avec intérêt.
Sir Maxwell...
MAXAVELL, croyant qu'il va parler.
Eh bi. n?
YOLLACK, voulant lui tâtcr le pouls.
Vous miuqaiclez.
MAXWELL, avec luimcur.
Je VOUS entends... je vous gène?
YOLLACK.
Je suis trop poli pour dire cela ; mais quand vous voudrez vous en aller...
MAXWELL
Soit ! (Uevenant sur ses pas.) Ah ! un seul mot, docteur, et repondez-moi sérieusement... Les Harleij'jh, que sont-ils devenus?... Vous e'tiez leur ami , vous devez être instruit'
YOLLACK, à part.
Les Harlei{ili ! ( Haut. ) J'allais vous demander de leurs nouvelles, vous qui arrivez de France...
MAXWELL, vivement.
Il est donc certain qu'ils y sont fixe's '
YOLLACK, toujours froideraent.
On le dit.
MAXWELL
Et vous savez sans doute... ?
WILKINS, en dehors.
Les chevaux ! milord !
Y'OLLACK, souriant.
Je sais qu'on vous appelle, qu'on vous attend...
MAXWELL, piqué.
Et que vous serez ravi de vous deharrasser de moi... Au diable! ÎSon, non, docteur... adieu, sans rancune. (A part.) Mais vous me le paierez.
Air : Chasseur joyeux , il f;mt partir. Sans balancer, partons sou<iain ; Oui, partons pour la France !
Conservons l'espérance D'un plus heureux destin.
ENSEMBLE
MAXWELL, montrant Yollack.
Son silence m'outrage ; Ah ! de bon cœur j'enrage !
Mais cachons à cet indiscret Mes vœux et mon projet.
YOLLACK, à part.
Mon silence l'outrafie;
De bon cœur il enrage !
Mais cachons à cet indiscret
Mes vœux et mon projet.
( Maxwell sort. )
eeeoeeeeeeeooecoesMeooeoeoeooessseeesseosoeseeeoesesoeooe