CHOSES DE T.A-HAS
car la chambre est plongée dans l'obscurité. Xora s'étonne d'y trouver tout le monde endormi ; elle sonne, elle a|)pello, on arcourt du dehors; Mont le monde dort et les portes ne sont plus fermées. I.e personnel tire les rideaux, ouvre les fenêtres; les femmes s'étirent, blanches de sommeil. Toutes ont le cœur fade et mal à la tête. Ouant à Kdouard le valet de chambre, impossible de le réveiller.
« — Mais qu'est-ce qu'il y a ?... ça pue le chloroforme ici !...
(( Et Xora s'emporte et s'inquiète :
« — Mais qu'est-ce que vous avez, vous autres? vous êtes comme des mortes! quelles figures ! l^]|i bien 1 vous dormez ? Mais quelle heure est il ?...
« — Une heure.
« — Une heure!.. — Et la tragédienne bondit hors de son lit. — Une heure, et nous nous sommes couchées hier à neuf ! Alors, nous avons dormi seize heures d'affilée!... Mais c'est fou, invrai semblable. Il y a quelque chose là-dessous !. . Et cette odeur de chloroforme ! Vous ne la sentez donc pas ?... Et cet autre qui ne se réveille pas ! ..
« Et Nora s'agitait, allait et venait dans les flots do dentelles de son peignoir. Et, tout à coup, interpellant le personnel de l'hôtel :
" — Et vous, comment ètes-vous entrés ici ? Les verrous étaient donc otés, les portes ouvertes. Alors quelqu'un s'est introduit, cette nuit, ici !
« Et, comprenant soudain :
« — Et mes turquoises, mes valises, mes bijoux !...
« Les valises sont aussi ouvertes, les écrins ont disparu, les voleurs ont soigneusement visité les bagages de la tragédienne. Ils ont même emporté les revolvers qui leur étaient destinés. Nora sest laissée choir^ atterrée, sur un fauteuil.
« — On m'avait bien prévenue. Mais par où, par où sont-ils entrés ?...
« Et le maître d'hôtel, qui vient enfin d'arracher le valet de chambre à son évanouissement, s'avise tout à coup des deux impostes des portes ; les vitres qui les emplissaient n'y sont plus ; des vitriers, experts dans le maniement du diamant, les ont coupées et emportées. Et toute la scène du vol se reconstitue. Juchés sur une échelle, les malfaiteurs ont démonté successivement chaque vitre d'imposte et par l'ouverture ont vaporisé, adroitement et patiemment, du chloroforme dans la chambre. Les dormeurs une fois anesthésiés, nos gens n'avaient eu qu'à descendre dans la pièce et faire mainbasse sur les bijoux convoités : quelques tampons d'ouate imbibés de chloroforme sous le nez des anesthésiés trop lents avaient complètement assuré la sécurité de leur travail. La chose terminée, ils n'avaient eu qu'à tirer les verrous et tourner les clefs dans les serrures pour se retirer à la muette. Nora Lhérys s'éveillait dévalisée. Mais comment les voleurs avaient-ils pu opérer sans être inquiétés daus l'hcMel ? 11 est certain qu'ils avaient des complices dans le personnel. Mais ces bandes
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orj2:anis(''es, r.ollos (r\mrrif(iie smloiil, sont nssez riclies pour s'assurer des iiitclligeuces dans la place, partout où elles en ont besoin. Heureusement, la trafçédienne avait-elle élé prévenue; les voleurs euxmêmes furent dupes dans cette alTaire. Nora Lliérys en fut pour ses turquoises. Les écrins de prix étaient en sûreté. »