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Elliott's tales for girls

La PETITE Ellen avait de belles couleurs et des cheveux d'une beauté éclatante, mais elle n'avait pas les traits plus jolis que ceux de beaucoup d'enfans, et sa figure paraissait un peu grossière ; quoiqu'il en soit^ ayant un jour entendu dire à une personne qu'elle était jolie^ elle fut assez faible pour supposer que cette personne la

tro Vivait très belle, ensorte qu'elle commença à se trouver telle aussi. C'était en vérité une grande erreur, mais les personnes vaines ne se défont pas promptement de leur amour -propre, et Ellen étant très vaine, se regarda dans la glace jusqu'à ce qu'elle se* crût tout à fait parfaite. Je ne puis vous dire combien de fois Ton se moqua de sa folie, ni combien de fois sa bonne tante essaya de la rendre plus sage ; mais Ellen attribuait tous les reproches à l'envie, et devint plus vaine de jour en jour.

Ellen n'avait ni père ni

mëre, elle les avait perdus étant encore au berceau, mais sa bonne tante lui servait de mère ; et elle eut beaucoup de chagrin de voir cette faiblesse se développer en elle, sachant que tous les gens d'esprit méprisent les personnes vaines et orgueilleuses. '^Ma chère enfant/' lui disait -elle, " comment pouvez-vous vous enorgueillir de la fraîcheur de votre visage, quand il peut plaire à Dieu de la détruire par un seul jour de maladie ; que dis-je, à chaque pas que vous faites, n'êtes - vous pas en danger de tomber, ou d'être blessée par d'autres qui n'ont

pas rintention de vous faire de mal ; et cependant gâter par ce moyen toute la beauté que vous croyez posséder?

Je dis croyez, car en vérité, ma chère, vous n'avez pas de droits à la beauté, et parmi vos compagnes, on en voit beaucoup qui sont réellement jolies, même belles si on les compare à vous."

Ellen rougit et fut sur le point de pleurer, mais c'était de colère, et non de regret, et elle pensa que sa tante était bien méchante de décrier sa beauté, qui, elle en était sûre, ne pouvait être surpassée par aucune de ses jeunes amies.

Lorsque sa tante quitta la chambre, elle courut à la glace et essuya promptement ses larmes de peur que les pleurs ne gâtassent ses traits et alors tournant la tête de côté et d'autre, elle se régarda avec un air d'orgueil, tout à fait persuadée qu'il n'y avait jamais eu une fille aussi jolie.

La pauvre Ellen ne se donnait pas le tems de penser de quoi elle et les plus grandes beautés sont faites ; qui voudrait s'enorgueillir d'une peau ou de traits formés de terre et qui doivent s'en retourner en poussière, être foulés aux pieds, et de-

venir la pâture de plus petits vers ; cependant il en est ainsi^ et quand nous devenons assez âgés pour apprendre cette vérité, nous devons penser à quelque chose de plus durable qu'une forme extérieure.

Ellen n'était pas beaucoup aimée de ses camarades de jeu; trop orgueilleuse d'ellemême, elle n'aimait pas à joueràdesjeuxquipouvaient chiffonner ses vêtemens, ou déranger ses cheveux ; si quelqu'une la saisissait, elle craignait que sa robe ne fût gâtée, si on la faisait courir, elle craignait que ses boucles ne perdissent leur forme, et

elle se mettait à crier '^O! ne faites pas cela, ne me tirez pas si rudement/' jusqu'à ce qu'elles fussent fatiguées de ses caprices et rarement elles lui demandaient de se joindre à leurs jeux.

Il ne doit pas être bien agréable de se voir ainsi méprisée, et en vérité Ellen était quelque fois très triste et aurait bien voulu se joindre aux autres enfans; mais comme ils ne la reclierchaient pas, elle était trop fière pour s'offrir elle-même; c'est pourquoi elle n'avait rien autre chose à faire que de regarder sa jolie figure dans la glace.

Personne ne s'attend à en-

tendre dire qu'elle fût savante ou qu'elle prît la peine d'apprendre à lire et à épe- 1er; beaucoup d'autres bien plus jeunes qu'elle pouvaient mieux faire l'un et l'autre.

Il y avait deux petites filles qui demeuraient près de la maison de sa tante; elles étaient bonnes et d'un caractère aimable. Ellen crut d'abord qu'elle serait charmée de les avoir pour amies, mais l'une d'elles était très jolie, et cependant trop bonne pour s'enorgueillir d'un présent aussi inconstant, et les deux sœurs se moquaient d'EIlen en la voyant si souvent quitter le jeu

pour aller s'admirer ; cela Toffensait toujours, et l'empêchait de les fréquenter.

Lydie et Catherine ne s'affligeaient point de son absence, car ce n'était point une petite fille pour laquelle on dût avoir beaucoup d'égards 5 les jeunes voisines se rencontraient rarement, et jamais avec plaisir. Lorsque Lydie fut assez âgée pour aller en pension, sa maman lui donna la permission d'inviter ses amies à prendre le thé et à se divertir avant de les quitter pour si long-tems.

Lydie n'avait pas l'intention d'engager Ellen à être de la partie, mais elle pensa qu'il

serait mal de l'oublier, d'autant mieux que c'était la visite d'adieu; ainsi Ellen fut invitée, et quoiqu' aucune de celles avec qui elle devait se trouver ne se souciassent d'elle, cependant l'espoir d'être la mieux habillée et la plus belle, lui fit accepter avec plaisir la permission que sa tante lui accorda. Il n'y avait pas beaucoup de tems entre l'invitation et le jour fixé, mais Ellen en trouva assez pour arranger tous ses meilleurs et ses plus beaux vêtemens, et ayant caressé sa tante pour qu'elle lui achetât un sac œillet et des souliers de la même couleur.

"Her time -was fullj employed. in smooflimg downher frock, changiiig" the combs in her Ixaix, aiid juraping' xtpon, a chair to look in a mirror . At length the dock

Struck fi-Ve '.' see pa^e- 13

LondoTv-.y^W^^BJo. Darton.;at thje Bepertory- of Genhxs -, SSMoUfornSM.

elle s'habilla avec le plus grand soin et se trouva prête deux heures avant le temps de sa visite; mais pendant ce tems elle ne resta pas assise tranquillement à lire comme sa tante le lui avait conseillé ; non, son temps fut entièrement employé à unir sa robe; à changer ses peignes dans ses cheveux, et à monter sur une chaise pour se regarder dans la glace qui était suspendue au dessus du buffet.

Enfin l'horloge sonna cinq heures, et la servante vint la chercher pour la conduire à Pendroit où elle devait prendre tant de plaisir.

Peu de tems après Ellen

se trouva dans le salon de ses amies au milieu d'une joyeuse et grande assemblée de jeunes personnes qui par leurgaîté, lui semblèrent plus agréables qu'elle ne l'avait jamais été, car Ellen ne paraissait jamais être à son aise.

Deux ou trois des plus jeunes enfans s'apperçurent que la petite orgueilleuse avait un sac et des souliers neufs, mais comme celles de son âge ne firent point la même remarque, son orgueil fut blessé et elle commença à paraître de mauvaise humeur, comme cela arrivait souvent dans de pa-

reilles circonstances. Les deux sœurs la traitèrent avec une bonté semblable à celle qu'elles eurent pour leurs autres amies; elles étaient trop bien élevées pour avoir plus d'attention pour l'une que pour l'autre, cependant elles ne purent la faire sourire, ni la faire participer à cette gaîté que l'on entend avec tant de plaisir lorsque les enfans sont heureux.

Par degrés, Ellen regarda autour d'elle et vit qu'elle était la mieux habillée de la société; de là il lui vint à l'esprit de penser que les grandes filles en étaient jalouses ; cette idée releva son cou-

rage, elle se mit à parler et à tourner autour de la chambre en remuant la tête comme une folle, tandis que toutes celles qui étaient présentes furent tentées de rire de son affectation.

En ce moment, la mère de Lydie entra donnant sa main une étrangère qu'elle introduisit en priant la compagnie de vouloir bien l'admettre et la trailer avec bonté.

Cette étrangère était fille de parens très riches, et comme ils n'avaient point d'autre enfant, ils n'épargnaient rien pour elle. Elle avait une belle figure, et elle était habillée si magnifique-

ment, qu'aucun des enfans présens, n'avait rien vu de comparable.

De sages parens n'habilleront point leurs enfans d'une manière si brillante, comme s'ils étaient des marionnettes dont on voulût faire parade. ^^Les belles plumes ne font pas le bel oiseau," dit le proverbe, et tel était le cas avec Françoise, car c'était son nom; comme Ellen, elle était vaine de sa personne et de sa toilette ; et ce qu'Ellen ne pouvait être, elle était fière de ses grandes richesses.

Lors qu'elle fut avec ses nouvelles amies, Françoise

commença à les examiner Fmie après l'autre, et comme elles étaient très simplement quoique proprement habillées, elle conçut du mépris pour elles, jusqu'à ce que le sac d'Ellen et son air fier l'induisît à penser qu'elle devait être la première de la compagnie, et elle prit un siège à côté d'elle, en s'éloignant des autres. Ellen fut assez sotte pour prendre cela pour une marque de bonté et pour une preuve qu'elle devait être très belle et son orgueil s'en accrut; mais Françoise n'était pas la fille qu'elle espérait trouver, car lorsqu'Ellen commença à

parler de sa toilette, de sa maison et de son grand jardin, sa nouvelle amie l'arrêta tout à coup^ en disant, qu'ils ne pouvaient égaler ceux de son papa, et qu'aucun des enfans présens dans l'appartement n'était aussi riche qu'elle ; alors elle ôta de son sein son joyau d'or enrichi de pierres précieuses et parla du grand prix que l'on avait donné pour sa collerette de dentelle.

Ce fut une grande mortification pour la faible Ellen qui n'avait rien de mieux à faire que d'écouter des récits de grandeur tels qu'elle n'en avait point encore entendus.

Sa bonne humeur ne tarda pas à disparaître, et comme Lydie le dit à sa maman, elle était véritablement un objet de pitié.

Lorsque Françoise vit qu'- Ellen s'ennuyait de son babil, elle crut être certaine que c'était l'envie qui la rendait triste ; et comme Ellen, elle trouva du plaisir à humilier les autres à leurs propres yeux.

Les aimables sœurs qui avaient donné la fête, furent très fâchées de voir la conduite de ces enfans orgueilleux, qui n'étaient point heureux eux-mêmes, et qui ne voulaient point souffrir que

les autres le fussent ; et plus d'une fois elles furent fâcnées de se trouver en leur compagnie- Après le thé, Catherine proposa de jouer au colin-maillard, et comme la plupart d'entr'elles aimaient le jeu, la partie fut bientôt arrangée, Ellen aurait bien voulu ne pas jouer à un jeu si rude, mais ayant entendu Françoise se vanter, qu'il lui était indifférent que tous ses vêtements fussent mis en pièces, la sotte EUen pensa qu'il serait ridicule d'être trop soigneuse des siens; ainsi elle se mêla à un jeu qui ne lui procurait aucun plaisir.

Françoise était une grande

folle, et quand ce fut à son tour d'avoir les yeux bandés, elle saisit les autres si rudement et tira si fort sur leurs vêtements que plusieurs cordons furent arrachés et plusieurs robes déchirées, et les plus jeunes enfans craignaient de tomber sous ses mains.

Au nombre des robes déchirées, celle d'Ellense trouva être la pire, étant cassée à deux endroits, et de telle sorte qu'elle n'y avait pas d'espoir qu'elle pût servir après cette soirée.

EUen savait que sa tante serait mécontente quand elle verrait que sa robe était gâ-

tée, et les larmes lui vinrent aux yeux quand elle la regarda; mais lorsqu'elle vit Françoise montrer sa belle robe de mousseline toute en morceaux et en rire comme de la plus jolie plaisanterie du monde; elle n'eut pas le courage de déplorer le perte qu'elle avait faite, elle essaya d'oublier son chagrin, elle sourit et dit, que ce n'était , rien, qu'elle avait plus d'une robe.

Mais pour Lydie et sa sœur

cela était beaucoup ; elles

n'étaient point accoutumées

^ de telles brutalités et ne

aient s'imaginer que l'on

pût se réjouir de ce que leurs robes étaient gâtées ; ainsi elles tâchèrent d'arrêter le mal en changeantle jeu; elles proposèrent de jouer aux gages et de cette manière ils amenèrent les petites turbulentes à être plus tranquilles^ jusqu'à ce que la servante les avertit de passer dans un autre appartement pour manger des fruits et des gâteaux ; Françoise, comme une fille hardie, se plaça la première à table, regardant les autres avec dédain. Tout ce qui était sur la table était très bon et trè^ sain, mais elle se donnr

tons, et demanda des choses qu'elle savait que l'on n'avait pas à disposition.

Si Ellen avait été à la place de Lydie, elle aurait été déconcertée et honteuse, de ne point avoir ces plats recherchés que l'on sert sur la table des riches, mais Lydie avait d'autres sentiments, sachant bien que sa bonne mëre avait pourvu à tout ce qui était convenable; aussi ne dit-elle pas une seule fois qu'elle était fâchée de ne pas avoir les choses que Françoise désirait.

Ce bon esprit rendit Françoise honteuse, car il était visible que sa grandeur

n'avait produit aucun effet sur Lydie ou Catherine, qui faisaient tout leur possible pour contenter leurs amies.

Mais où était donc en ce moment Ellen, celle qui aimait à être la reine de ses compagnes de jeu ? — Catherine venait de s'appercevoir qu'elle n'était pas présente et elle s'informait d'elle, lorsque des cris perçans vinrent frapper leurs oreilles et les rendirent immobiles de terreur.

Un laquais et une servante qui servaient à table coururent dans la chambre voisine, où la malheureuse EUen, ses vêtemens tout en flammes, était restée saisie d'eifroi.

hen the open door larotiglit lier in vievr of tîie jomig ks , th-ey joined iii tlie cix for Ixelp , ^vMle marrr of tiie le one's were abiiost ia fits.at a sight so dreadful?

si-e pa^e 27.

«/*?«,: WiUiam DaitoiX;at the Repertory of QyHT^hxs , 38 .Holbvrn EiU. .

Lorsque la porte fut ouverte et que les jeunes gens la virent, ils joignirent leurs cris aux siens en demandant du secours, et plusieurs des petites filles furent sur le point de s'évanouir à la vue d'un spectacle si effrayant.

Françoise, plus égoiste que les autres, ne pensa qu'à sa propre sûreté, et elle se sauva dans le vestibule de peur de se trouver à la rencontre de la pauvre enfant que le désespoir faisait courir de tous côtés. A la fin le laquais jeta sur elle le tapis de de cheminée et la renversant à terre, il éteignît bientôt les flammes.

Pensez à la manière dont se termina cette soirée, et représentez-vous les larmes qui furent répandues lorsque chacune des petites filles se souhaita le bon soir.

— Chacune d'elles était pâle, chacune d'elles avait le cœvunavré: Françoise elle-même, lorsqu'elle futhors de danger, ne put s'empêcher d'avoir pitié de celle dont le plus grand défaut était de lui ressembler.

Enveloppée dans une couverture, Eilen fut reconduite chez sa bonne tante, dont l'affliction fut violente, lorsqu'elle vit Tobjet de sa tendresse dans un tel état.

Nous savons quel mal cause un légère brûlure, mais quelle souffrance ne doit pas endurer la personne qui en est entièrement couverte et qui ne peut remuer dans son lit sans ressentir les douleurs les plus vives !

Telle était la position d'- EUen, et pendant long-tems le docteur ne put lui procurer que peu de soulagement; il dit souvent qu'il craignait qu'elle ne mourût, mais les jeunes gens ont beaucoup de force, et Dieu est infiniment miséricordieux envers ses créatures; ensorte qu'après plusieurs mois écoulés de cette manière, la santé d'-

Ellen se rétablit, mais elle n'avait plus ces fraîches couleurs dont elle était si vaine ; ses joues étaient couverte de profondes cicatrices, qui ne laissaient plus paraître aucunes traces de beauté sur sa figure.

Ce changement fut sans doute une grande et forte leçon pour toutes les personnes qui sont assez faibles pour être orgueilleuses d'elles-mêmes.

Ellen pleura amèrement lorsqu'elle se regarda pour la première fois dans la glace, après avoir quitté son lit; mais avec le temps elle s'accoutuma à regarder ses traits gros-

siers, avec plus de calme et avoua^ pour la première fois, qu'une jolie figure ne procure aucun avantage à celui qui la possède. '' Non/' dît Ellen, en soupirant, ^^ quand je me croyais une beauté, personne ne m'aimait, parceque j'étais vaine et orgueilleuse, et que je ne me comportais jamais bien envers mes amies et mes compagnes de jeu ; Lydie et Catherine même, qui étaient les meilleures filles du monde, ne pouvaient supporter mes folies ; cependant tandisque j'étais malade et sur le point de mourir, elles eurent la bonté de passer des

heures entières à côté de mon lit; tandisque Françoise fière et méchante comme moi, n'est jamais venue me voir une seule fois, et n'a envoyé que très rarement savoir comment je me portais.

El] en était devenue très laide quant à la forme extérieure, mais son esprit avait acquis de la force et son caractère devint meilleur de jour en jour ; les personnes qui l'avaient évitées dans ses jours de fierté et d'orgueil, étaient alors charmées de la visiter et de la recevoir.

Lydie et sa sœur furent ses meilleures amies, et lui donnèrent souvent l'occasion de

regretter qu'elle n'eût pas

I toujours su les apprécier.

Ce fut à elles qvi'elle rendit compte de l'accident qui lui avait causé tant de peine.

j Elle dit qu'après qu'elles eurent toutes quitté la chambre, elle avait placé un tabouret près le garde feu et qu'elle avait monté dessus pour se regarder dans la glace, et que pendant ce temps sarobe de mousseline claire avait été attirée près de la grille par l'attraction du feu, et qu'elle s'était enflammée en un instant.

" Je ne sais pas ce que je fis ensuite" ajouta-t-elle, ^^car la douleur et la peur

me privèrent de ma raison; mais hélas! je vois ce que je suis maintenant."

Les deux sœurs répandirent des larmes à ce récit, et en l'embrassant, l'assurèrent qu'elles l'aimaient plus que jamais. '^ Et qu'^est-ce que la beauté/' s'écria Catherine, ^'quand presque toutes les fleurs qui naissent sont plus belles que nous ?"

^^Ahî" dit EUen, et elles nous surpassent de beaucoup, car si elles se fanent une année, elles refleurissent la suivante."

^^Cela est très vrai," répliqua Lydie, ''mais elles ne peuvent nous plaire que par

leur éclat et leur bonne odeur ; tandis que nous, quoique nous paraissions laides, nous pouvons être si bonnes et si sages, que nous pouvons faire du bien à nos semblables et apprendre aux autres à leur en faire aussi.

Lorsque Françoise revit EUen, elle fut toute surprise du changement que s'était opéré dans ses traits, mais elle ne conçut pas beaucoup de pitié pour la pauvre fille :

et dit qu'elle ne pouvait voir un tel objet. Cependant EUen vécut pour plaindre Françoise, dont le père perdit toute sa fortune, et après cette perte, personne n'eut

m d'égards pour son enfant, dont les défauts surpassaient la beauté, et elle s'apperçut trop tard que la vertu seule peut nous procurer des amis.

Un bon caractère et des manières douces sont sûrs de plaire; car ce sont des charmes qui ne s'effacent point, et les plus jeunes de nous doivent savoir que La Beauté n'a rien de durable.

O. BMALLFIELD, IMPRIMEUR, A HACKNEY.

T»WRWIF

FROSTISPITECE TO'THE WlUTE CHICKE

LE

POtJLEt^ BLANC

Un pauvre petit poulet qui avait couru après sa mfere, de la basse-cour dans le chemin, béquetait ça et là sans faire attention aux cris de sa mère que la femme du fermier chassait, ainsi que les autres, avec son tablier, vers laporte de la basse-cour. Le petit poulet sautillait de côté et d'autre, tout satisfait de cette nouveauté, car il n'avait ja-

mais auparavant quitté sa demeure; mais, quand il fut fatigué de roder il pensa à s'en retourner ; la porte était fermée, et quoiqu'il entendît distinctement la voix de sa mère, il ne put trouver le moyen d'arriver jusqu'à elle.

En vain il courut d'un bout des palisades à l'autre, on venait de les raccommoder et il n'y avait pas d'ouverture assez large même pour admettre le plus petit animal.

Ses faibles cris ne pouvaient être entendus de la couvée qui était dans l'intérieur, car il passait à chaque instant des voitures et des gens de la

campagne; ainsi la petite créature était dans un triste état, et, comme quelques rôdeurs de l'espèce humaine, elle sentait le besoin des soins d'une mère ; mais, comme les poulets ne peuvent raisonner comme les enfans, la crainte était le plus fort de ses sentimens.

Un paresseux qui passait, vit sa détresse, mais il ne fit qu'en rire, et au lieu de le mettre par dessus la porte, il ie prit, et alla dans un petit chemin qui conduisait à l'extrémité du village, un moment après il le déposa dans un lieu étranger et rit en le voyant courir de tous côtés

comme un animal sauvage, ne sachant par où se diriger.

Il appellait ce jeu une plaisanterie, mais un enfant sensible l'aurait appelé une malice.

Enfin le pauvre poulet grimpa par un trou dans la haie, et tomba avec force dans un fossé sec de l'autre côté.

Les poulets sont de faibles créatures qui se blessent facilement et ce petit rôdeur en tombant contre une pierre, s'estropia une pâte et ne put monter svu- le bord pour gagner le sentier ; ainsi il resta dans cet endroit sans secours, tandis que la pauvre

•He caaght ir inliis haûd, and turried into a lane ieading' to the end of the village , and then . in a few mimites lie put it down in die strange place , and shonted with laughter as he saw it rua aVxjnt , like a wild thino": .r^^ y,,,,,^ ^•

london .William Dairtou; Kepertory of Genius ; .''<i. J/<'//;-ni ///'//.

poule gloussait sans cesse et tournait ses yeux inquiets de tous côtés, pour chercher le seul absent de sa couvée; mais elle ne devait plus revoir son petit ni le nourrir.

Ily avait une vieille femme nommée Dame Joyce, qui parcourait le village pour ramasser des brins de bois et ce qu'elle pouvait trouver pour faire bouillir son pot ; par hasard elle chercha le long du fossé dans le quel le poulet était tombé, et quand elle entendit son cri langoureux, elle regarda, et vit bientôt d'où il parlait. Elle se baissa et le prit doucement, cependant ce mouvement fit

du mal au pauvre animal et lui fit pousser un cri de douleur.

Dame Joyce eut pitié de la petite victime, et se mit à penser à ce qu'elle en ferait, car elle avait à peine assez de nourriture pour elle et n'avait pas les moyens de nourrir de volaille, elle était dans l'habitude de rôder de côté et d'autre, et restait peu chez elle ; alors il lui vint tout à coup une idée, elle s'en alla en trottinant à une petite maison peu éloignée, et entra dans une salle bien propre, quoique petite, dans laquelle une jeune fille était assise, occupée à filer.

" Tenez, Elisabeth/' s'écria la vielle femme, ''je vous ai apporté un présent qui demande beaucoup de soin, car si vous le négligez, il mourra bien sûrement."

''Mourra!" dit Elisabeth, en sautant de dessus son siège, " Qu'est-ce que c'est.

Dame, est-il vivant?"

" Oui il est vivant ; mais je crains qu'il n'ait la cuisse

cassée.'*

Elle ôta de dedans son tablier le pauvre poulet, et après l'avoir mis sur la table, elle chercha qu'elle était sa blessure, tandis qu'Elisabeth regardait avec des yeux de compassion.

'"Bien!" dit Dame Joyce, ^' cela est mieux que je ne pensais, la cuisse n'est pas cassée, et comme je m'y connais un peu, je vais la lier et vous dire ce qu'il faut faire ; vous avez plus que moi les moyens de le nourrir, et en vérité, j'ai assez à faire, sans m'occuper de cela."

Elisabeth avu'ait pu dire, ^' j'ai un peu plus que vous, mais mes parens ne sont pas paresseux, comme vous ;" mais c'était un enfant modeste et qui ne disait jamais un mot désagréable à ceux qui étaient plus âgés qu'elle ; et d'ailleurs elle était si satisfaite du présent de Dame, qu'elle

ne pouvait penser à autre chose ; cependant elle n'oublia pas de la remercier plusieurs fois et lui promit de se conformer à tout ce qu'elle lui avait dit de faire. Quand elle fut partie, Elisabeth nourrit son poulet, et le mit au fond d'un vieux panier, où elle espérait qu'il resterait et se remit à son rouet. Cette petite fille avait environ sept ans, mais toute jeune qu'elle était, elle savait faire plusieurs choses pour elle et aider les autres ; elle savait filer, tricotter, coudre, aider à nettoyer la maison, et, en tout tems, faire ce que ses parens lui commandaient. Elle n'a-

vait pas de jolis traits^ son teint était bruni par le soleil et le vent, mais un bon cœur et un bon caractère la rendaient toujours heureuse ; sa figure était riante, son humeur gaie, ce qui la faisait paraître très agréable, ensorte que ceux qui la voyaient trouvaient assez à admirer, sans beauté. En peu de tems Elisabeth devint l'enfant chéri de tous ceux qui la connaissaient; Dame Joyce ellemême, qui ne remplissait pas toujours ses propres devoirs, pouvait voir et approuver la conduite d'Elisabeth et c'était lace qui l'avait engagée à lui donner le poulet, car elle

disait que de tous les enfans du village Elisabeth était la meilleure.

Lorsque ses parens arrivèrent, l'aimable fille mit son rouet de côté pour préparer le souper, et ensuite elle apporta à sa mère le panier dans lequel le povdet dormait et lui dit comment il était venu en sa possession.

Elisabeth était matineuse, et dans l'été elle laissait rarement le soleil se lever avant elle ; ainsi le lendemain elle eut le tems de regarder à son poulet avant de déjeuner, et elle fut satisfaite de voir qu'il était beaucoup mieux et

qu'il pouvait marcher quoiqu'il boitât.

'^ Pauvre petit/' dit-elle, "vous avez été bien maltraité^ mais j'aurai bien soin de vous, et j'essayerai de vous guérir et alors quand vous serez une poule grasse, vous me pondrez des œufs, et m'éclorez des poulets afin que je les porte au marché, et que je puisse faire ma fortune." Ensuite elle répandit des grains de bled et des miettes de pain, lui donna de l'eau et le malheureux étranger ne parut nullement timide.

De ce jour, Elisabeth et le poulet devinrent grands amis; c'était vraiment un joli

petit animal, ses plumes étaient blanches et il était bien nourri ; ensorte qu'il devint bien dodu et plusieurs personnes voulaient l'acheter 3 mais Elisabeth remua la tête et dit qu'elle ne voulait pas se séparer de son petit favori qui était trop gentil et trop doux pour que des gens gourmands le tuassent et le mangeassent. Le poulet croissait chaque jour et devint enfin une belle poule, comme Elisabeth l'avait désiré, et elle en fut très fière ; mais sa joie fut excessive quand elle commença à pondre, et elle porta le premier œuf qu'elle trouva à ses

jeunes voisins pour le leur faire voir. Elle aurait pu vendre les œufs et acheter un chapeau neuf ; mais non !

elle aimait mieux avoir une couvée qu'un nouveau chapeau^ quoi que ses compagnes pensassent que c'était une étourdie d'en agir ainsi.

Elisabeth n'avait pas vu Dame Joyce depuis quinze jours et pensa qu'il fallait qu'elle fût malade ; ainsi un jour en revenant de l'école, elle regarda dans sa chaumière et la elle la vit assise devant un petit feu, la tête appuyée dans ses mains comme si elle avait du chagrin ; alors la bonne petite

fille ouvrit doucement la porte et lui souhaita le bon jour.

La Dame avait toujours été paresseuse, et maintenant qu'elle était vieille, peu de personnes faissaient attention à elle et elle entendait rarement des mots de douceur : la voix douce et compatissante d'Elisabeth lui fit plaisir, elle lui raconta combien elle avait été malade et combien de jours elle avait passés sans autre nourriture que du pain et de l'eau.

La nourriture d'Elisabeth était assez ordinaire, car ses parens étaient de pauvres

gens qui travaillaient péniblement, mais elle ne vivait pas de pain et d'eau seulement, d'ailleurs elle était jeune et bien portante.

L'idée de la situation de Dame Joyce la fit soupirer et elle pensa qu'un œuf frais la nourrirait et lui ferait du ^ bien, ainsi elle lui dit qu'elle était pressée mais qu'elle reviendrait la voir tantôt, et elle courut chez elle rendre compte à sa mère de la maladie de Dame et lui demanda la permission de lui porter un œuf.

Non seulement sa mère le lui permit, mais elle l'embrassa pour la récompen-.

'Que day.wiiieu coming- frojn school.she lookeiinto h.er torel, and there .indeed, ahe saw^ her sittiag" over a small fixe, and leaiiing h.er head on her hands as if ske Av^ere in trouble ."

Zo/î</<7/i:WiJliainr)artorL;Kopertocv^of Genius,- .j^JM/wr/t IliU .

ser de sa bonté envers les malheureux. Lorsqu'Elisabeth eut pris l'œuf sur la paille, elle retourna chez la malade, et en chemin elle eut soin de ramasser du bois sec pour faire du feu et le faire cuire. Dame Joyce ne put s'empêcher de verser des larmes en voyant un enfant si jeune prendre soin d'une femme âgée et malade.

*' Dieu vous récompenserai" dit-elle, "et quand je ne serai plus, vous deviendrez heureuse; je voudrais seulement avoir été dans mon enfance aussi bonne que vous l'êtes, je ne serais point dans cet état d'aban-

don, sans amis et heureuse de recevoir des secours d'un enfant."

Il se passa plusieurs jours avant que Dame eut recouvré assez de forces pour sortir et faire ses affaires, mais pendant sa maladie, Elisabeth n'avait pas manqué de lui porter un œuf chaque matin, quoi que chacun d'eux eût pu lui rapporter un sou, car une dame du village voulait acheter tous ceux dont ses voisins pouvaient se passer; mais la sensible enfant avait plus de plaisir à obliger une amie malade, qu'à mettre un peu d'argent dans sa poche.

Elle n'avait pas oublié que Dame Joyce lui avait donné le poulet qui avait produit les œufs, '^et sans doute," dit Elisabeth, ^'elle a droit d'en goûter."

Peu d'enfans se trouvèrent plus heureux que notre bonne petite amie quand elle se vit en possession d'une poule et de sept poulets; comme elle s'empressait de les soigner, en ramassant toutes les miettes et en voulant même partager sa propre novirriture avec ses heureux petits favoris.

Son père lui donna une petite portion de son modique jardin, afin qu'elle pût

les garder tous dans la même place, il raccommoda aussi la porte du jardin à la quelle il manquait quelques barreaux; car Elisabeth craignait que quelqu'un d'entre eux ne s'échappât comme avait fait leur mère; ^^car vous savez, mon père/' ditelle, ^^je n'aurais jamais eu mon joli poulet blanc, s'il n'avait point perdu son chemin en rôdant loin de sa de-

meure."

" Cela est très vrai, ma chère," répondit son père en souriant, ^^ ainsi nous aurons soin de veiller à votre couvée- et je serais bien fâché de gâter la fortune de mon

Elisabeth en la laissant ëchapper."

Elisabeth rit de cette plaisanterie; mais elle fut charmée d'accepter l'offre gracieuse de son père, et jamais poules et poulets ne furent mieux traités quant à la nourriture et à la propreté, car leur jeune maîtresse ne laissait jamais de saletés s'amasser auprès d'eux. La basse-cour d'Elisabeth était l'objet de la conversation des enfans du village, qui se faisaient une fête de la voir les nourrir et quand ils contaient le nombre des poulets, ils s'étonnaient de leur bon état.

Avec le tems il y eut une seconde et une troisième couvée et le père d'Elisabeth fut obligé de lui donner une plus grande portion de jardin pour contenir toute sa famille, car elle avait quatre poules et vingt poulets, mais elle ne négligeait aucun de ses devoirs pour les soigner; car quoique jeune, elle avait appris à régler son ouvrage, et elle trouvait le tems de faire tout.

Un jour pendant lafenaison son père tomba du haut d'un tas de foin et se blessa le dos à tel point qu'il fut plusieurs semaines sans retovu'uer au travail, et quand le tems de la

moisson arriva, il était encore trop faible pour couper le bled, ce qui lui donna bien du chagrin, car ce qu'il gagnait pendant la moisson lui servait à acheter ce dont il avait besoin pour l'hiver, et d'ailleurs ce n'était point un fainéant, il ne pouvait supporter d'être oisif quand il y avait de l'ouvrage à faire ; mais quand il plaisait à Dieu de l'affliger, il savait qu'il était de son devoir de se soumettre à sa volonté, ainsi il ne murmvu'a pas de la peine qu'il éprouvait, il fut seulement fâché de ne pouvoir travailler pour entretenir sa femme et son enfant.

Le cœur de la petite Elisabeth se sentit oppressé quand elle entendit soupirer son père et qu'elle vit sa mère pâle et triste; elle s'efforça de se rendre plus utile que jamais, et quand elle avait un moment de loisir, elle faisait tout son possible pour les amuser et leur faire oublier leurs chagrins, et ses parens l'aimaient si tendrement, qu'ils étaient enchantés de voir les preuves d'amour et de devoir qu'elle leur donnait.

Comme elle était assise sur un banc et tricottait à la porte de la chaumière, elle entendit son père dire à sa

mère qu'il avait perdu trois livres sterling^ à ne pouvoir travailler pendant l'été. Sa femme l'engagea à prendre courage et lui dit qu'elle était sûre que les choses changeraient bientôt.

Elisabeth savait que l'argent était utile mais elle n'en connaissait pas exactement la valeur ; cependant elle pensa que trois livres sterling annonçaient être une très grande somme, mais elle ne voulait pas interrompre la conversation de ses parens pour s'en assurer, et, comme ils parlaient bas, elle crut qu'ils ne voulaient pas qu'elle entendît ce qu'ils di-

saient ; ainsi elle quitta son siège et fut se promener dans sa basse-cour.

En la voyant, les poules et les poulets firent leur bruit ordinaire et accoururent vers elle, mais Elisabeth n'avait rien à leur donner, c'était seulement une visite, pour dire. Comment vous portezvous? Comment vous trouvez-vous ?

^'Quoi petits gourmands," (dit Elisabeth,) ''croyez-vous que je ne puisse jamais venir les mains vides ; vous babillez, comme pour me gronder de ne point vous avoir apporté quelque chose à manger, cependant je suis

sûre que vous en avez eu assez aujovu'd'hui, demandez je vous prie à votre mère, si j'ai jamais négligé aucun de vous et si je vous ai laissé manquer de nourriture." Le poulet blanc, ainsi qu'Elisabeth appellait encore son premier favori, vint tourner autour d'elle, comme pour lui montrer sa joie.

''Bien," (s'écria sa maîtresse,) ''vous êtes bien aise de me voir et vous me recevez bien quoique je ne vous apporte rien ; je voudrais que vous enseignassiez à ces jeunes petits à se mieux conduire." Alors la jeune fille rit de voir les poulets

s'en aller quand ils s'aperçurent qu'elle ne leur avait rien apporté.

Comme elle les regardait, elle ne put s'empêcher de penser que les poulets étaient d'heureuses créatures, qu'ils n'avaient point de soucis, et qu'ils étaient nourris sans avoir aucune peine* '' Ils n'ont pas besoin de trois livres sterling, comme mon pavivrepère;" (pensa-t-elle;) qu'elle grande somme d'argent cela doit être!"

Elle regardait par dessus la porte en pensant à cette grande somme, quand elle vit venir Dame Joyce par le petit chemin; elle l'attendit

pour lui souhaiter la bonne nuit, et comme elle savait que Dame avait quelques connaissances, elle lui demanda si trois livres n'étaient pas une grande somme d'argent.

" Certainement, mon enfant, c'est une grande somme pour ceux qui en ont besoin, et une personne doit se donner bien de la peine pour en gagner autant."

"5e le sais," dit Elisabeth, ^^et je voudrais être assez âgée pour travailler à l'a-

masser."

" Tout avec le tems, tout avec le tems," répondit la vieille femme, ^' et je suis

sûre que vous ne sauriez que faire d'une telle fortune quoi que vos poules et vos poulets en vaillent au moins la moitié."

Elisabeth tressaillit de joie :

à la vérité elle aimait beaucoup ses poulets, car elle les avait tous élevés, mais elle aimait ses parens encore plus, et les rendre heureux était pour elle préférable à cent poules ; ainsi elle demanda à Dame qui voudrait les acheter.

^^Oh! bien des gens/' s'écria-t-elle, '^ la femme du fermier Le Brun serait bien aise de les avoir ; et si vous voulez vous en défaire, j'au-

rai bientôt fait le marché.

Mais Elisabeth voulut consulter ses parens avant d'y consentir, et pria sa vieille amie d'attendre jusqu'au lendemain pour avoir sa réponse.

C'était une tâche bien agréable pour la petite Elisabeth de faire connaître ses intentions à son père et à sa mère, mais ils éprouvaient aussi un bien vif plaisir de ce queDieu leur avait envoyé une telle petite fille, née, ainsi qu'ils le disaient, pour être la consolation et l'appui de leur vieillesse. Ils ne refusèrent point son offre gracieuse, parcequ'ils sentirent qu'il

était de son devoir de donner, et du leur de recevoir, et que le besoin d'argent leur aurait causé trop de mal lorsque l'hiver serait arrivé; mais son père les porta luimême au marché et en obtint douze chelins de plus qu'il n'espérait, ainsi il acheta pour son aimable petite fille un joli livre sur le quel il écrivit son nom.

Elisabeth pensa que c'était une grande preuve de son affection pour elle et attacha beaucoup d'importance à ce présent, mais saj oie fut doublée lorsque regai-dant dans sa basse-cour, elle y trouva son ancienne amie.

la Poule Blanche couvant à son aise, car son phre n'avait pas voulu vendre cette jolie créature qui avait été la cause de tant de bien. Ainsi Elisabeth conserva encore sa favorite, et pensa au tems où elle aurait encore beaucoup de poulets. Cependant elle avait rendu ses parens heureux et elle fit ses prières avec un cœur satisfait, parcequ'elle avait obéi à la volonté de son Père Céleste.

G. SMALLFIELD, IMPRIMEUR, A HACKNEY.

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