‹ Éloge de M. BellayChapitre 1 sur 2 · Éloge de M. Bellay · texte numérisé non relu

Éloge de M. Bellay

Prononcé à la Société de Médecine de Lyon , le 20 déceiîibfe 1824? J* M. PicïîARD , Secrétaire-GénéraL

Messieurs , les règlemens de la société imposent à votre secrétaire général l’honorable obligation de prononcer l’éloge des membres décédés : je viens aujourd’hui m’acquitter de ce devoir religieux , en vous entretenant de la vie et des travaux de M. Bellay ^ ancien président de la société de médecine.

François-Philibert Bellay naquit, le ^26 août 17^2, à Lent , petite ville de la principauté de Lombes , près de Bourg en Bresse , d’une famille honnête , mais peu fortunée ; il perdît son père de bonne heure* Son oncle , curé à Chalamont , se chargea de son éducation. Le jeune Bellay répondit au généreux appel fait à son émulation par des efforts soutenus ; au collège où il obtint des prix , à Bourg où il étudia la chirurgie , à Lyon où il fut envoyé par cet oncle pour suivre les cours de médecine et de chirurgie, partout il se distingua. Ses succès dans cette dernière ville , un prix d’encouragement au collège de médecine , reçu en 1787 , des mains du prévôt des marchands , annoncèrent à l’oncle bienfaisant qu’il avait dignement placé ses dons et signalèreni

M. Bellay comme un sujet d’un mérite très-remarquable. Marié le 14 mai 178g , il poursuivit avec le même zèle ses études médicales , et fut reçu successif vement à Tuniversité de Valence, bachelier en médecine, le 14 juillet 1790 , pt docteur en médecine le 28 octobre suivant. Aussitôt après sa réception, il alla se fixer à Chalamont près de son bienfaiteur , heureux de lui faire ain^i .hommage de ses talens. Mais ses amis, son oncle lui-même l’engagèrent à venir s’établir à Lyon , sur un théâtre plus digne de lui et de ses connaissances. Praticien bientôt avantageusement connu dans notre ville, il continua ses recherches, favorites , et, dans le silence du cabinet, médita, compara les faits qu'il avait observés au lit du malade ; il enrichit les journaux de médecine d’observations intéressantes , et publia une petite brochure, en 1791 , sur la guérison des hernies. La tourmente révolutionnaire vint Tarracher à ses paisibles occupations. En effet, la révolution prenait une marche funeste et se signalait pardes crimes. A l’époque de la chute de la Gironde , Lyon leva l’étendard d’une généreuse insurrection et se souleva contre la tyrannie de la convention ; chaque citoyen courut aux armes : M. Bellay se joignit aux habitans de sa nouvelle patrie , combattit dans les rangs des Lyonnais , et succomba avec eux dans cette lutte inégale. Quand Lyon , occupé par les troupes de la convention , fut livré à toutes les rigueurs de la vengeance , M. Bellay fut dénoncé , comme ayant été officier municipal , il dut fuir et chercher un asile ’ comme tant d’autres à cette époque fatale, il îe troviva aux armées. Un homme que l’exagération de

ses opinions rendait alors tout puissant', le fit nommer médecin militaire. Plus tard , hâtons-nous de le dire, cet homme, banni à son tour, menacé dans son existence pour les mêmes opinions , fut sauvé par M. Bellay qui eût rougi , lui banni de la Veille, de se ranger parmi les proscripteurs du jour. Employé aux armées des Alpes et d’Italie , notre collègue les suivit dans leurs rapides conquêtes : au milieu du mouvement général , il s’occupait des devoirs de sa profession et de sa place ; il visitait ces antiques universités dont tant de professeurs illustrés par leurs écrits ont fait la gloire ; il comparaît leur pratique avec la pratique des médecins français , étudiait leurs ouvrages et la langue même de l’Italie. Abeille industrieuse et prévoyante , il recueillait ainsi , au milieu du tumulte de la guerre , une ample moisson d'observations et de matériaux pour les travaux des loisirs de la paix. Cependant l’ordre renaissait en France ; la société tendait à se recomposer après les tempêtes qui l’avaient agitée. M. Bellay , pressé de revoir sa patrie, sollicita et obtint son remplacement ; il vint exercer de nouveau la médecine à Lyon , oîi de nouvelles occupations l’attendaient. Dans les intervalles d^une pratique assez étendue , il traduisit de l’italien de Joseph Pasta un opuscule sur les devoirs du médecin , sous le titre assez singulier , de Galatée des médecins. Il traduisit également de l’italien de Michel Sarcone , Thistoire raisonnée des maladies observées par ce médecin à Naples , pendant l’année 1764: bien que cette traduction (qui n’a paru qu’en 1804 ) porte l’empreinte de la précipitation , et que la critique puisse y signaler quelques

négligences de style, nous n’en devons pas moins de reconnaissance à celui qui a fait passer en notre langue l’ouvrage d’un auteur estimé. Au mois de février 1798, M. Bellay entreprit la rédaction d’un journal de médecine avec son ami M. Brion. Cet écrit périodique intitulé : le Conscrvahur de la santé ^ journal d’hygitne et de prophylactique , paraissait tous les dix jours ; outre les sujets variés annoncés par le prospectus , chaque numéro présentait un tableau des observations météorologiques faites sur le baromètre et le thermomètre ; enfin tous les trois mois l’histoire des maladies observées pendant le trimestre. Aucune des parties de la littérature médicale n’était étrangère à ce journal. Les rédacteurs dénoncèrent à rautorité tous les vices de la police médicale; ils se plaignirent de l’usage pernicieux de conserver les boucheries au sein des villes ; ils signalèrent l’abus de la vente des remèdes secrets et des remèdes prescrits empiriquement par les herboristes ; s’élevant à de hautes considérations d’économie politique et de morale , ils donnèrent d’utiles avis sur les épidémies, sur la conservation des grains et se recrièrent avec indignation contre les scandales de la prostitution publique. Ce recueil périodique fut continué pendant cinq ans, sans autre ressource que le talent de ses rédacteurs, sans autre appui que les suffrages de ses abonnés. C’est dans ce journal que se trouve le plan d’une école secondaire de médecine à Lyon. M. Bellay , aidé de quelques médecins , essaya d’élever i’enseL gnement de cette partie de l’art de guérir au niveau de celui de sa bridante rivale , la chirurgie. Plus tard ce projet a reçu son exécution par les soins de

î’admînîstralîon des hospices et du conseil d’instruction publique : c’est une raison de plus de rapporter ce fait qui honore le zèle et la prévision de notre collègue. En i8oi , le journal de M. Bellay devait briller d’un nouvel éclat , et l’activité de ses rédacteurs devait trouver un nouvel aliment. Jenner venait de découvrir son précieux préservatif de la petite vérole. En France , un homme aussi illustre par ses aïeux que par des services rendus à l’humanite, M. de la Rochefoucault-Liancourt s’empressait d’annoncer l’efficacité de la vaccine, et d’en étendre les bienfaits par le moyen des souscriptions. D’une extrémité de la France à l’autre , à la voix du premier comité central de vaccine , à la voix des Thouret , des Chaptal , des Pinel , des Husson , les expériences se multiplièrent. A Lyon , les premières vaccinations et les contre-épreuves furent faites à l’hospice de la Charité, le 26 mars 1801 , par le praticien distingué que vos suffrages ont appelé à l’honneur de vous présider (i). Elles se firent sous les auspices d’une commission nommée par la société de médecine et prise dans son sein. Je le dis à regret , ce ne fut pas sans opposition qu’on put faire ces épreuves. Le zèle de M. Bellay et de son collaborateur n’en fut point ralenti: ils proclamèrent la découverte dans leur journal, discutèrent son efficacité, et répondirent avec chaleur et talent à toutes les objections. Us firent plus , ils annoncèrent des vaccinations gratuites; ils les commencèrent le i5 avril 1801 , et les continuèrent pendant un grand nombre d’années avec autant d’empressement que d’exactitude. Pour apprécier

(j) M. Martin jeune.

tout îe mente de telles actions , il faut se reporter à l’ëpoque où tant de préjuges environnaient la nouvelle doctrine; et quand , de nos jours , apres vingtquatre ans d’épreuves , de succès dans toutes les parties du monde , des écrivains , poussés par je ne sais quel esprit d’imprudence, veulent faire naître des doutes sur l’efficacité de la vaccine , on doit sentir l’estime qui est due au zèle de celui que nous regrettons, Grâces lui soient rendues ! il s’est associé à la gloire de ceux qui ont propagé la vaccine en France; il a bien mérité de ses concitoyens , et leur* reconnaissance dut être et fut en effet la première comme la plus douce récompense de ses travaux* M, Bellay en trouva une seconde dans les suffrages de ses collègues à la société de médecine , qui le nommèrent successivement secrétaire-général et président de cette compagnie. Dans ses rapports avec les sociétés savantes, il se montra exact et laborieux; dans l’exercice de ses fonctions comme président , ses confrères applaudirent à la sagesse qu’il maintint dans les délibérations , à la facilité avec laquelle son esprit juste analysait et ramenait à leur but les discussions les plus animées. La société ordonna avec empressement l’impression du compte qu^il rendit de ses travaux, dans la séance du i6 mai 1808, et le discours qu’il prononça comme président , dans la séance publique du 5o juillet 1812. Notre collègue a publié aussi à la fin de chaque année, depuis la cessation de son journal jusqu’en i8i3 , sous le nom de Météorologie médicale , une petite brochure contenant des observations barométriques et thermomètriques, et de plus un précis sur les maladies régnantes. Ces occupations diverses ne lui firent point négliger

la propagation de la vaccine; nous en voyons la preuve dans des rapports qu^'il a publies comme secrétaire du comité de vaccine et dans les Tableaux historiques de la vaccination pratiquée à Lyon , depuis le 5 avril 1^01 \ jusqu au 3i décembre 1809 , qu’il a publiés avec M. Brion, en 1810.

L’année suivante , l’administration des hospices de Lyon , ayant arrêté que les places de médecins seraient données au concours , M. Bellay ne craignit point, athlète vieilli , non sans quelque gloire, de descendre dans la carrière où se présentaient aussi des adversaires dignes de lui : le concours s’ouvrit au mois de septembre 1811 , et notre confrère y obtint la première place. Dans l’exercice de ses nouvelies fonctions , il se montra médecin assidu , observateur judicieux ; nourri de la doctrine d’Hippocrate , il étudiait avec soin , appréciait avec justesse tout système, toute découverte; il la combattait sans dénigrement ou l’employait sans enthousiasme, s’il la jugeait utile. Dans ses rapports avec ses collègues et avec le monde, on le vit constamment honnête homme; mais grave , taciturne, chagrin même , il sortait rarement des bornes d’une froide civilité. Dans sa brusque franchise, la politesse de nos salons ne pouvait lui plaire; il méprisait en elle l’enveloppe dont s’entoure la fausseté ou la nullité puissante.

La retraite de M. Sauzet , comme médecin de l’hospice de la Charité, en 1822 , fournit à l’administration des hôpitaux l’occasion de donner à M. Bellay un témoignage de confiance: il fut appelé à le remplacer. Ce poste convenait à l’âge et aux habitudes simples de notre collègue. Son temps s’écoulait entre les devoirs de sa place , des lectures variées et les

soins d’ane famille chérie. Son fils , peintre de genre estimé dans la naissante école lyonnaise, manifesta le désir d’aller à Paris ^ sur un plus grand théâtre^ produire de brillantes dispositions et montrer les fruits d’études approfondies. Notre collègue, plein de tendresse pour ce fils , abandonna sans regret sa place , sa clientelle, et le suivit dans la capitale où il alla se fixer en 1825. A l’^ge où était parvenu M. Bellay , on ne rompt pas impunément d’ancien^ nés habitudes : le regret d’avoir quitté Lyon s’empara vivement de son ame, il tomba .ma-* lade ; à toute force , en toute hâte il voulut revenir à Lyon ; il partit malgré les efforts de sa famille ; mais à peine arrivé à Mâcon , affaibli par le cha-*grin , il fut atteint de la courte et fatale maladie qui nous l’a ravi, le 28 septembre dernier, malgré les soins du docteur Cortambert , Tun de vos correspondansv Les derniers jours de M. Bellay furent mêlés d’amertume : saisi par la maladie , loin de sa famille, il se vit entouré d’étrangers k son heure dernière ; il ne put saluer de ses derniers regards sa patrie adoptive ^ le théâtre de ses succès ; il ne put presser de sa main déiâillante celles d’un fils et d’un ami. Mais, Messieurs , dans ce cruel isolement , à l’instant redoutable où les plus fermes caractères semblent s’amollir, la fermeté de son ame ne se démentit point. Sans doute il songea que sa mémoire serait respectée , puisqu’il avait marqué son passage par des services rendus à l’humamtéi il sentit qu’il avait mérité l’estime de ses concitoyens; il sentit qu’il emporterait vos regrets et obtiendrait vos éloges.

Imprimerie de J. M. Barret , place des Terreaux^

'r ■'/ ^ VV"-,

é' fl

^ ^ .■'<'' vl ?'' f

mi.

^ A s -ka yV^t '

ii ^ 1 f C 7 fl •’’■*'«. 7 i

P -Al ' I I /î‘ ,S%Â

?•' m. MifÊMmîmmsmmmm

" I yV

- i--. «i'/s ■’. y .•''•;■'•«»' c' • ■’Wi-.'i' :-•>-»: I- , ■■• .jXt.A'f ;•.«•, -tA''

f / Ym ‘ 'r V ^ ^ ^ 4 *■ "A /' y'''^-’»

f ? P ' '"‘v- «F , ' " ^ >'y'“ 'P *’ r AF y, ■>

f I yy ' 1 li «I , ^ ^ ^ ^ 1 jî » J J- ' ^ i- 4

'.4fÿî

f I ^"fuTA* /

c’^ •" "Ï ^ A y, l( I i ^ J i" ^ % T» / yv^ ^ ,44

.'■fa'!’* - " î>v ï-'«'y. 4i.r' ■U>y,» ■ '■ sî'r-'*/ y- >*

,’'• '■■• " A- "fl : 7,Y A?*? 10 ; " y fl -fl''.-'/ ' -•'■ fl' 'fl

.V ■■ YY:?

- y. Y' y'PY.y Ÿy?, y

Y" ' y . ,, Y -y VY*y yYp Y ^ /f"'

i . „"■(* ^ » T , (Vj? V * !^ TjÇ. t y., 7v j- f foT- A- -, Y 4 *’

^ , Æ fl / . y ‘ : ^S0 I) 0 ^ ^ ^ ^ '' ' 'Y ' ^ A // fl

if ^7? y fl- ( fl/, \ 'f' fl'fl , ,,.' -.,,,! 1 7v . ' 7 .

; CY.ÿ. ■'' ::? , ^ 1 y V";yY

h y £* îT»- '‘y li't'fl/y'

fli » /jt fjv / V , , /' 1 fl '•jy -* Y ,A i /

A Y ' /■ I fli '•■fl <1 ' f , % l4 flf J / iA 1

^ MiJ /

y -pry fl 4 ^ y V 'f /|Y ^ 'y y 5 lYv y ’ fl ^is

‘ '^ycy.-t ." 'ry. '^r'/:-'-‘Y:-','rV' V';'y;'^

ISM.

-r rï A- ^ j'fl y 'i 4 I

T-'Yfl* i - y ^ y

fl y -yA-^iSS

y ly»" ^ 4!

^ flfl vY A fl’fl k

■■■. i:,.' .fl"/'''-'-

yYv ^7-"» ,

j ^'' "'■0 ( jfl syY YiY^ <4 ' '

fl Y akY^Y ’ .< fl" *> .Y-Y, Y 1 Y

-m, .î'V-tA.iYv'-- •;î/=:*r,Vï>; ^ i.; >iw/' . ,••'■ .^vv.'---ii-flWyi.YY;V'yyY7-YY''''‘^

Y , vfli ' fl P' fl A Y Yk V Y Y, - ‘

<*" 7^iî M ‘fl , y fl ■— fÿ.

"»/ » /-k “- -i-v > IV J.' , ...?, '.1 .y 'Y

ÊYï

'Yy-'* flflfl'’’y' /yy ”.‘'

y Sa f

^ ^ \ il/ *>

•h\I'0 -''■'■^T^Wr'Û'- '■•■-■' /r~^m .. , r .V 7.

. ,fl fl' fl" t

S'-iïf y^Yr.' .,YY-' Y* Y'-v

Y yt/ii xYy 7/ iH-,. ^

y 1-Yr-Y- 7>y; ,

:‘m:/0, V-*,* -^yfl Y ' 'Y y >■ 'V^y '• Î 0'' , ^'■

^“Ÿ/w-'i -«i --y; Yy

^ i 'iS'Ii, Y / 1 ^ ) t^?

i- Y, r" 7 1-^ ^ \ , * 'fl f/

f ? “rt " /■■ * A > / 1 »”!" (7 "«ij r" , A ^ A 4 ^ K *

^ fl 5, ^ 77 Vy S^-vYy i- -Hi' Y4îflS‘i|Py<^,.^P

^ ^ 'f vp^yp/fif

Yill*

iflT fl. '7 4 1>

"* ’ 7 . - i -?'*. Y,T if ' y' ’ '■ ’ ^ -'’ -■ ’

SV ^ ^ f U ^ s -^..Y ,„, -».,

î yy yv , Y jy.v

fl i /h9%^ ,f ''/y ^ t 'u .0 " ' " f -Y

î, i 0:001m ^ : 9:''.^.m0- mpirn'

fl A, ; y y Y Y fl^Y. y / *"Y l '' T

• ’ Ya -y fl^yy < 'Y w^Y':- #ï«

4 < 4 ,‘ » y*" Y -V 1 " fl 4

'•fli r />V

^ Y iïY *, i4És,Kyy|||

'■‘ ■■"' ■ ■-■■-■■■ --.-/fl .■•

Jsr 4 .î' ir

. . . ,,. . , -..:YMim|iYÉw

JL " 1, y fl^ï 4-L.y ■fl' ’^'*

'■•/ >■'-, >, y Y ''fli?'-/'?,

^^^9àÊ&Mÿ9

,'t‘'’Vr4 y y"' rYfl'‘.-’-f'Y?Y'k ./.r/Ys-v. '<

’ , A. Si i' ’ S*.;'' . • . -fl -Y • 4 5 iV',Y. ■ i; : y i. ",

f sf ÿ . fl ’fl^ Y V‘ p9 4

,5 ^ p‘\ Yi Y Y Y , 0 ""''fl-fl > ' fl ' z'^* SYY fl t V " : i

'"04 f000/J9; |4 P^--4?< ^ Y sÿ'* fl\f y,’ '■'

y ./ fl* ‘ yy '-Y’i S S i.

"-fl Y. ^V7

r* ii? - ,t

4(- ' Y** /"'*' fl ' " ’fl''’^*

ê S 0ff0r0 ¥

y*/ s vv ” fl^ y «- r f if

> ^ ^ :iy.Y'./ÀYX-Vi‘

"■'? YY-vYVYr SYY:-

y y Y 7 'SS ■ -r* ; . 'VY 0t i y YY 'fl ■ ' ‘yi 7 1 , i . 1 i’YS y'-;

Page 1