Eloge du Rév. M. Z. Charest, curé de St. Roch de Québec [microforme]
Le Prêtre qui, durant trente-huit ans, a occupé la cure de la paroisse de St, î Roch de Québec et qui vient de mourir dans la pleine maturité de l'existence, alors que nous avions encore lieu d’espérer pour lui, comme pour les causés sacrées qu’il protégeait, de longues années d’apostolat, mérite mieux qu'une simple mention nécrologique.
Le vrai mérite, celui qui compte et ! pêse par les œuvres, est chose rare ; 1 c’est une plante modeste qui ne croît pas
sur tous les sols, qui germe.et se déve-
loppe lentement ; le mérite ressemble à
ces humbles, fleurs d'automne, cachées
sous des herbes parasites ; on nele trouve qu’à l’odeur de son doux parfum.
C’est aux hommes qui en connaissent
le prix et en comprennent le résultat
d’en faire l'histoire.
PUS dr
Il yades personnes dont la vie a été plus en vue, dont le nom sonore a retenti avec plus d'éclat au sein des multitudes que la vie et le nom du révérend curé Charest, mais les actes de ces hommes, inscrits avec leurs noms sur d’opulents mausolées, élevés à leur mémoire, seront moins durables —c’est notre conviction— que le nom et les actes de cet humble Prêtre. Le temps, ce juge sévère et juste, usera ces monuments et en fera disparaitre les inscriptions, lettres par lettres, et l’oubli les saisira, tandisque les œuvres du Prêtre que nous pleurons, gravées dans le cœur du peuple, resteront debout.
Cette mémoire bénie devient dès ce jour un héritage qu’une- génération lègue à celle qui la suit, une tradition bienfaisante que les familles favorisées préservent, comme un exemple et un talisman.
Pour la plupart des hommes, la vraie réputation, celle qui dure, commence à leur tombe et se mesure à l'importance de leurs œuvres et à la grandeur de ieur caractère. Il en est dont la vie fut célè:
> a été etenti itudes 1 curé nmes, alents eront 10n— imble juste, paraïes, et uvres avées it de-
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vraie Ice à ance leur célè:
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bre, mais dont la mort a jet5 le nom dans
‘ürie obscurité méritée. Leur brillant n'était que clinquant et Charlatanisme.
Il en est d’autres, au contraire, qui, humbles dans léur vie, ignorés dans leur dévouement, modestes dans leurs travaux, se sont élevés à l'immortalité en descendant au cercueil.
Il én est ainsi du Révérend Curé Charest.
Sa tombe vient à peine de s'ouvrir que sa vie s'illumine et nous apparaît sous son vrai jour ; la reconnaissance grandit ses services et fonde sa renommée, mais une renommée sereine et pure celle-là, fondée sur une existence qui fut servie par un rare bon sens, inspirée par le patriotisme et couronne par une incomparable charité,
Ceux qui l'ont connu et apprécié se sentent consolés de voir l'empressement de la population a‘19rè3 de cette tone.
La place avoisinant le Presbytère de St.
Roch,où son corps avait éts exposé,fut en combré du matin au soir, au point qué l’au torité municipale crut devoir, pour pré.
venir les accidents, y placer plusieurs membres du corps de police, afin de maintenir l'ordre et de rigulariser la circulation.
Dies ane
Cette foule se composait non seulement de citoyens de Québec, mais d'étrangers.
On y a vu, même, bon nombre de nos concitoyens protestants, venant rendre un dernier hommage à la dépouille terrestrs de ce grand citoyen.
Rien n'était plus touchant: que de voir les actes de foi na've et profonde accomplis à toute minute auprès du cadavre dont les traits calmes et rigides avaient conservé le caractère vivant,
La mort a des mystères redoutables, et généralement les vivants s'effraient à la vue d'un cadavre. On le sait en pos.
session des se-rets d’une autre vie et l'imagination se fait à l’idée que cette forme, sans chaleur et sans mouvement, étendu sur le lit funèbre peut tout à coup déchirer son suaire et nous dévoiler d'effrayantes choses du monde inconnu.
1: n’en fut pas ainsi de la foule, en cette circonstance. On cherchait à toucher les mains, la figure du cadavre ; on apportait des médailles et des chapelets que l'on déposait sur lui, afin de conserver quelque objet consacré par son contact.
11 semhlait que ce ne fut pas un homme faillible que la foule avait devant elle, en faveur duquel on üoit prier le Dieu des miséricordes et du pardon, mais bien
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p'utôt, un des élus du Seigneur, assis à sa dro:te, qe l'on intercèlait pour en obtenir des grâces !
Ce concours du peuple s'explique.
Cette célébrité est un fait légitime.
Durant quarante ans, le Révérend curé Charest a été mêlé et a, pour ainsi dire, participé à tous les actes de la vie de la population de St. Roch. Une généreiion a pass devant lui, bénie et absoute parson autorité de prêtre ;" une autre s'est levée dont il a dirig$ les premiers pas dans la vie. Ils fipent tous ses enfants également chers et acceptés.
En dehors des devoirs de son minist're,il a essaÿé d’amliorer les conditions d'existence des ouvriers qui composent en grantle partie cet immense faubourg, ruche toujours pleine de bruit et de travail, en cherchant par ses conseils et ses secours à fortifier les industries arciennes et à en fonder de nouvelles. Il avait le génie des affaires et s’il n'eut tenu qu’à lui de pouvoir escompter une circonstance favorable, les travailleurs n'eussent pas vu decroître leur plus féconde res-
source, l’industrie mère de Québec, et ne
réacteur rarement 4