‹ Eloge du Rév. M. Z. Charest, curé de St. Roch de Québec [microforme]Chapitre 8 sur 15 · CES · texte numérisé non relu

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charité de St. Vincent de Paul, donnant son argent et, à défaut d'argent, le premier objet à sa portée, son manteau, ses bottes, son chapeau le plus neuf; vidant sa commode, ne gardant pour lui que des hardes usées qu'il aurait eu honte d'offrir à un indigent, et ayec cela ne donnant jamais à un homme pauvre en la présence d’une autre pers2nne, le rudoyant même au contraire en le reconduisant, mais arrivé à la porte, lui mettant sans compter, une aumône dans la main, une aumône princière, celle-là, afin d’atténuer la rudesse du refus momentané.

Il cachait sa charité, comme l’avare, son or. .

Bref, ce peuple quise pread à toutes

les grandes vertus, avait trouvé un curé

selon son cœur et répondit à son appel de construire un vaste couvent -pour les filles.

Le couvent de la Congrégation fut bâti en 1843 ; ce fut la première maison d'éducation marquée sur son programme de bâtisses. IL contribua l:rgement de son argent à cette construction et il obtint de la maison mère d> Montréal,

des institutrices n‘cessaires au service de cette 6cole.

‘Dans les premières années, ce couvent compta environ 350 élèves ; il en compte mille aujourd’hui

L'éducation qu'on y done est a lmirablement calculée pour formier le caractère, développer les talents et donner à la société, des femmes simp.es, vertueuses et instruites.

Ce couvent était son asile de prédilec.

tion, l’objet de sa sollicitude, le refuge où son esprit trouvait le calme et 1e repos.

Sa charité y rencontrait un vaste champ aussi, Le nombre d'élèves pensionnaire et autres dont il a payé les frais d’éducation, dans ce couvent, dépasse l'imagination, mais fidèle à ses habitudes de charité, il cherchait à jeter un voile impéntrable sur ses dons. Les seules religieuses supérieures de cette institution ont dû en savoir quelque chose, mais ses livres de comptes qui nous indiquent ses épargnes nous dévoilent encore mieux la grandeur de sa charité.

Il s'était constitu$ le chapelain de ce couvent dans lequel il avait fait éleve® une fraiche chapelle. Il n’a cessé, depuis ce temps jusqu’à l’époque où la maladie l’en a rendu incapable,de s’y rendre pour

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dire la messe basse à laquelle assistaït la communauté.

Cette construction du couvent avait épuisé ses ressources, et ne voulant pas abuser de la générosité des fidèles qui l’avaient aidé, il avait remis à une année subséquente, mais prochaine, la construction d’une vaste maison d'école pour les garçons. Il tenait fortement et avant tout, à prendre en ses mains et sous son regard de père, l’avenir de la génération nouvelle, à l'initier à la vie de l’intelligence, à la foi, et à la préparer par un enseignement sain et sérieux, à tenir une position respectée dans 1 avenir.

L'année 1845 était commencée. Un désastre allait, comme la foudre, frapper cette population d’ouvriers et d’industriels de toutes sortes et suspendre, pour un temps, les projets du Révérend M.

Charest. Le 28 mai, au soir, les deux tiers des maisons de cette paroisse étaient réduites en cendres. Commencé à midi et terminé à 64 heures p. m., l’incendie avait ainsi, dans une durée de 6 heures consumé des propriétés de la valeur de centaines de mille piastres, l'é-

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pargne du riche et du pauvre, acquis par de longues et pénibles années de travail.

L'Eglise de St. Roch fut détruite, mais le non Curé dut prier Dieu avec tant de ferveur que le couvent, sa maison de prédilection, quoique entouré d’un cercle de flammes, menacé de tous côtés de maïisons embrasées, resta debout et intact.

Pendant plusieurs dimanches subséquents, il servit d'Eglise aux fidèles.

C'était une catastrophe imprévue, un jour de ruine à abattre les cœurs les mieux préparés.

Un curé en ces temps de larmes,souftre des ‘peines de chacun; la douleur du troupeau tombe sur son cœur, car chacun est son enfant. Les fidèles sont sa fa.

mille, il n’en a pas d'autre.

Mais le curé de St, Roch avait le cœur haut et ferme ; il n’était pas prêtre pour pleurer sur la ruine des biens de ce monde, il était l’homme de l’action énergique et rapide, il avait dans son cœur sincère la résignation de Job aux volon:

tés du Seigneur, mais il avait aussi et pardessus tout, l’espoir dans le Dieu qui relève, édifie et console.

Dans une assemblée des citoyens de St. Roch qui eut lieu quelques jours après cet incendie, le curé Charest termina une

quis par travail.

te, mais tant de de préercle de de maiintact.

subsées.

ue, un urs les

allocution par ces paroles caractéris tiques : ; |

(Je plains vos souffrances’ qui sont grandes, mais c’'ess Dieu qui l’a voulu, sans doute, pour nous faire meilleurs, nous purifier et nous rendre prudents.

Que sa volonté soit faite.

‘ Mais, mes amis, si la résignation est nécessaire, le courage ne l’est pas moins et de ses deux qualités, je vous l’avouerai, je préfère la vaillance. Cet incendie, dans mon opinion, est un mal pour un bien.

Vous avez les sympathies du monde dans votre infortune ; vous allez être secourus abondamment. Le travail aussi va devenir plus actifet mieux rétribu$. Vos mai.

sons, construites en bois, sont consumées, vous allez bâtir des maisons en pierre et en briques. Vous y gagnerez en sécurité, en comfort, en valeur. Je vous ai toujours considérés comme des hommes d'un cou- 3 rage à toute épreuve, pieuxet braves. Pecn cœur tez énergiques et laborieux, et vous êtes volon: M assurés de vaincre la mauvaise fortune. aussLei À Pour moi, je vais commencer à bâtir mon ne: église, qui est aussi la'vôtre, et je profiterai de la circonstance de cet incenilie pour l'agrandir ; sans lui, je n’en aurais poutêtre pas eu la pensée, encore moins l’oc.

casion. Je l’en remercie, sans compter

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que je vais faire construire un presbytère logeable, cette fois. J'aime à bâtir..."

L'énergie revint aux citoyens en présence du courage et de la gaieté apparente du Rév. Curé. Peu à peu les maisons , furent construi.es.. L'église et le presbytère coûtèrent des sommes considérables, prises en grande parti, sur ses revenus, mais il avait eu le temps aussi de se faire des amis fidèles et riches, gens de sûrs conseils aussi dans ses plans et ses travaux, qui l’admiraient et l’aidaient de même,—générosité dont il usait avec délicatesse, sans trop se gêner, toutefois, lorsqu'il s'agissait d'améliorer son église, de développer l'éducation et de soulager l'infortune.

Notre tâche se borne, maintenant, en partie, à dire la date des diverses fondations et constructions d’Eglise, de couvents et d’Ecoles faites par le Rév. Curé Charest dans les paroisses de St. Roch et St. Sauveur.

De l’année 1846 à 1854, les progrès de St. Ro:h furent énormes dans la partie de cette paroisse, située dans les limites de la cité ; on n’y voyait plus de champs

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couverts d'herbes hautes, mais de propres et confortables demeures. Beaucoup de personnes s'y trouvant même à l'étroit avaient profité de la vente de ts de terrain à bâtir par l'Hôpital-Général et feu M. Boisseau, pour s'établir d’une-manière permanente dans la Banlieue où se trouve St. Sauveur, Ce groupe de citoyens peu à peu se grossit et forma bientôt une population assez considérable pour attirer l'attention toujours éveil.

lée du Curé sur les besoins de cette partie de-son troupeau.

L'éloignement où les citoyens de St.

Sauveur se trouvaient des lieux de l'Eglise et de l’école, constituait un mal auquel il était nécessaire de remédier.

Le Curé résolut, en conséquence, de faire construire en cet endroit sur un em placement immense dû à la générosité au propriétaire, M. Boisseau, une Eglise, à laquelle il donna de vastes proportions, en vue de l'augmentation de la population que tout lui faisait supposer. Quoiqu'une annexe de la cure de St. Roch, et construite aux frais de la] Fabrique de cette Paroisse, cet édifice lui coûta personnellement une grosse somme d'argent.

l'Eglise, inachevée encore dans son

intérieur, fut livrée au culte, en 1853 et placée sous la direction religieuse des Révérends Pères Cblats, de cet ordre de missionnaires dont le zèle brûlant ne connait pas d’obstacle à porter et à répandre la parole de Dieu. Devenus plus tard les propriétaires au nom de leur ordre, de cette église rebâtie par eux, ils représentent au sein de cette grande paroisse de St. Sauveur, fermes, comme le rocher de Pierre, la foi, l’ordre, la charité et le progrès de bonne source.

En 1861, les temps étaient prospères et l’obole qu'il put réserver sur l’aumône lui permit de réaliser, enfin, un projet qui tenait à son cœur par des racines profondes.

Les écoles de garçons qui existaient alors dans St. Roch, malgré l'habileté et le zèle de quelques Instituteurs, entre autres, M. Dion, décédé depuis ce temps et M. Juneau dont le mérite et les études

spéciales ont, depuis, attiré l'attention

du gouvernement, qui l’a nommé pour remplacer feu leregretté Docteur Bardy, comme inspecteur d’Ecoles, posi-

tion qu’il remplit avec une rare cons- \

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cience, les écoles de garçons, disonsnous, ne suffisaient pas au nombre d’enfants qui désiraient recevoir une éducation élémentaire.

Une école, dirigée par des Frères de la Doctrine Chrétienne, avait été établie au Faubourg St. Jean, au Glacis, sous la direction du frère Zozime, mandé exprès dé France pour l’organiser. Mgr l’Archevêque Baillargaon, ce prélat au grand cœur, au sens droit, avait eu, le premier, l'idée de leur introduction à Québec.

C'es écoles sont admirables de méthode et de discipline. Elles couvrent le monde aujourd’hui, et partout où elles existent, elles développent et font mûrir de beaux fruits. Comme la terre, l'intelligence de l'enfant est un champ généreux dont la culture exige de saines et savantes préparätions, une science faite d'études profondes ét de conscience ferme et paternelle.

En France même, malgré la lutte ardente qui se fait aujourd'hui en faveur de l'éducation laique contre l’immixtion du clergé dans l’enseignement, les écoles des Frères de la Doctrine Chrétienne

sont éncombrées d'élèves, tandis que les

écoles la'ques ressemblent à des déserts.

Les hommes les plus hostiles au carac-

tère mi-religieux des Frères, s’empressent d'y envoyer leurs enfants ; ils sont con vaincus qu'ils en sortiront, l'intelligence plus développée, l’âme plus nette et plus pure.

I n’y a pas longtemps encore, les Canadiens Français de Québec pensaient qu'il était impossible à leurs enfants d’apprendre la langue anglaise et les formules commerciales âilleurs que dans des écoles tenues par des instituteurs anglais.

L'établissement de l’Académie Commerciale, tenue par les Frères de la Doctrine Chrétienne, a changé la face des.

choses. L'éducation que les enfants y reçoivent ne souffre pas de comparaison avec les anciennes écoles anglaises, tant sous le rapport théorique que pratique. Un élève de talent qui y étudie avec conscience, peut aspirer à remplir toutes les belles carrières que notre pays offre à l'ambition d’un homme de bonne volonté. Les faits abondent dès aujourd’hui pour le prouver.

Le Rév. curé Charest, convaincu paï ses observations personnelles des conséquences précieuses de l’enseignement par les Frères, s’adressa au frère Zozime pour en obtenir des instituteurs à St.

Roch, ce à quoi ce dernier accéda volon-

tiers. Le Révd. Curé se mit à l'œuvre pour faire construire une maison d’école de proportions suffisantes pour la population.

La maison actuellement occupée par les Frères, à St. Roch, fut construite en 1851.

Mgr. Signai en avait donné le terrain, et

le Rév. curé fit construire l'édifice à ses frais. Il en a été jusqu’à sa mort, l'appui, le soutien, l’âme,

Aujourd’hui cette Ecole est sous la direction du Frère Cyrille qui fut l’ami intime du Rév. Curé. Cetitre d'ami du grand pasteur qui repose aujourd’hui dans l'éternité constate, mieux que tous les éloges, la haute valeur du caractère du Frère Cyrille, dont l’habileté dans la direction de cette Ecole et la tendresse paternelle pour les enfants confiés à sa garde, enchantaient le bon curé.

Il n’est pas étonnant après cela de constater les succès de cette école placée sous une telle direction. Dans les premières années de sa fondations on comptait à peu près 350 élèves, dont une importante partie n’assistait à l’école que pour se préparer au premier grand acte du chrétien, la communion, et en sortaient aussitôt après,

Aujourd'hui on y compte 800 élèves qui suivent régulièrement les étu les éle-

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mentaires et un grand. nombre d'entre eux les classes, supérieures. Le Frère Cyrille. fut l'un des amis préférés qui assistèrent le plus assiduement: auprès du lit. du Revd. Curé mourant et le consolèrent dans son passage de ce monde à un autre. Il fut digne par ses vertus simples et son dévouement inaltérable de donner le dernier pressement de main à cet, hum.

ble et grand prêtre dont il connut intimement les miracles de charité,

Dans les ann‘es suivantes de 1851 à 1859 il résolut. d'étendre à St. Sauveur les réformes dans l’enseignement, opsrées à St. Roch, Les religieuses de la Congrégationavaient déjà, depuis longtemps ouvert à son instigation une maison d'école en cet endroit, maison trop étroite pour le nombre des enfants.

IH suggéra au Revd. Père Durocher,supéreur des Oblats de St. Sauveur, qui vient de mourir—et dont nous dirons, l’un de ces jours, la vie de vertuset de bienfaits, si accidentée—l'idée d'entreprendre la construction d'un couvent de religieuses de la Congrêgation et d’une mai-

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son d'école sous la direction des Frères.

Avec leur zèle ordinaire les Revds Pères Oblats firent appel à la générosité des citoyens de St. Sauveur ; les institutions

furent fondées. Deux vastes édifices

s'élevèrent, comme deux monuments, au sein de cette paroisse. Il n’est pas besoin d'ajouter que le Rév. Curé de St. Roch contribua largement par luimime au succès de ces entreprises.

C'est vers cette époque aussi qu'il fit construire dans St. Roch, l'Eglise de la Congrégation au moyen des dons des fidèles. et par ses propres ressources, sans toucher à d'autres revenus. Pour montrer jusqu'à quel dégré il avait élevé par son exemple la piété et la charité dans les âmes, nous dirons qu'un citoyen de St.

Roch dont nous tairons le nom pour ne pas blesser sa modestie fit don pour la construction de cette dernière Eglise d'une somme de plus de $5,000.

Dans la nuit du 14 octobre 1865, un terrible incendie qui avait pris son orl-

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