‹ Éloge historique d'Arthur-Auguste de la RiveChapitre 2 sur 6 · ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENT

P. Prévost, l’auteur des Recherches sur la chaleur rayonnante , ayant demandé sa retraite de la chaire de physique générale, comprenant :

la mécanique, la physique mathématique, l’optique, etc., il fut ouvert un concours à cette occasion ; Auguste de La Rive l’un des trois candidats, publia comme thèse , une Dissertation sur la partie de l’optique qui traite des courbes dites caustiques; il eut à faire quelques leçons à l’Académie et une conférence publique sur la théorie du pendule, qui fut très-brillante ; il fut nommé professeur.

A la mort de Marc- Auguste Pictet, en 1825, il quitta la chaire de physique générale pour occuper la chaire de physique expérimentale ; il joignait souvent à ces leçons régulières quelque cours spécial sur l’électro-chimie, ou des cours pour les gens du monde, conjointement avec M. Marcet ; d’autres cours, enfin, pour la classe d’industrie, etc.

Il s’est beaucoup occupé de la partie administrative de l’Académie, dont il a été deux fois Recteur.

Ayant quitté sa chaire à la suite de la révolution d’octobre 1846, il reçut le titre de professeur émérite. —

C’est à cette époque qu’il prit part à la fondation d’une institution connue sous le nom de Gymnase libre, faisant plus ou moins concurrence à l’Académie officielle, et qui n’existe plus. M. de La Rive y a enseigné la physique et la chimie jusqu’en 1852.

Il avait fait, depuis sa sortie de l’enseignement officiel, plusieurs conférences à l’Athénée : une sur la lumière électrique, une trèsintéressante sur l’unité des forces, qui l’avait conduit à formuler l’argument sur la durée du monde que M. Clausius a développé plus tard.

PURLICATIONS

Le premier travail publié par M. de La Rive est déjà cité plus haut.

Viennent ensuite, dans l’ordre chronologique, une étude de chimie sur l’acide hydrochlorique, avec M. Macaire. — Une série de travaux sur la chaleur, en commun avec M. Marcet. — Recherches sur la chaleur spécifique des gaz. — Magnétisme.-— Température de la terre, etc.

— Un travail sur la conductibilité des bois, en commun avec M. Alphonse de Candolle.

Électricité. En même temps, il commençait ses travaux sur l’électricité, formant une longue série de mémoires sur les phénomènes généraux de l’électricité voltaïque : Résistance au passage , Intensité, etc. — Emploi de la boussole des sinus, perfectionnée, plus tard, par Pouillet. — Distribution de l’électricité dans les conducteurs. — Électrolyse. — Polarisation des électrodes. — Chaleur dégagée. — Courants discontinus. Il paraît avoir employé le premier l’interrupteur appelé quelquefois trembleur, interrupteur de Neef — Condensateur électro-chimique.

Dans cette première série de mémoires, les plus importants sont ceux qu’il a publiés sur la Théorie chimique de la pile, opposée à la théorie du contact ; cette discussion a trait au sujet qui a le plus absorbé l’activité scientifique de M. A. -A. de La Rive.

En électro-chimie, les points importants de ses travaux sont :

Ses recherches sur la conductibilité de l’eau bromée ( Annales de chimie , t. XXXY, 1827). — De l’acide sulfureux (Ann. de ch ., t. XL, 1829), intéressant au point de vue chimique. — L’absence d’action de l’acide sulfurique sur le zinc distillé (Ann. de ch., t. XLIII, 1830), courte note, mais d’un intérêt fondamental. — La pile à peroxyde de plomb (Comptes rendus, t. XII, 1841), et surtout la découverte delà Dorure galvanique. — Sur la nature de l’ozone, travail publié par M. de Marignac (Archives de l électricité, t. IV, p. 10).

Ainsique sa théorie de l’unité des forces, sa théorie chimique delà pile étant fondée sur l’impossibilité de créer quelque chose avec rien, son mémoire sur les effets calorifiques de la pile (Arch. de l'électr., t. II, 1842), est très-important à ce point de vue; il montre que la somme de la chaleur dégagée, soit dans les couples de la pile, soit dans le circuit, égale la chaleur produite par l’action chimique.

Une série de recherches postérieures et intéressantes est relative aux sons produits dans le fer sous l'influence de l’aimantation et des courants discontinus, phénomène dont on peut attribuer la découverte à

M. Auguste de La Rive ( Arch . de l'électr ., t. IX, Ann. de ch ., t. XXYÏ, 1849, et Arch. des sc. ph. et nat., 1866, t. XXY, p. 311; Ann. de chimie , 1866, t. YIII, p. 305). Il s’attache à démontrer que l’aimantation et la désaimantation sont accompagnées de changements brusques dans l’orientation des molécules du fer.

Une longue série de recherches sur la lumière électrique, l’arc voltaïque, et la décharge dans les gaz raréfiés qu’il poursuivait encore, il y a peu de temps, avec l’active collaboration de M. Sarrazin, l’avait conduit à sa théorie 'de l’aurore boréale, qui semble avoir triomphé des objections aujourd’hui, et à des conceptions élevées sur l’ensemble de la météorologie, dont, malheureusement, il n’a pu faire connaître complètement les principes et développer toutes les applications.

Enfin, dans son Traité d électricité , l’œuvre capitale de sa vie, dont la première édition a paru en anglais, il résume et condense la plupart de ses travaux personnels, en même temps qu’il analyse et classe ceux des savants du reste du monde.

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