‹ Émaux BressansChapitre 25 sur 61 · A THEODORE MAURER · texte numérisé non relu

A THEODORE MAURER

Midi!... J'entr'ouvre ma fenêtre; Il a passé dans tout mon être Un frisson que je connais bien.

— Es-tu donc amoureux? — Peut-être...

— Mais de qui donc? — Je n'en sais rien.

Si je suis gai, c'est que la sève Monte à flots ; qu'une voix s'élève D'ici, de là, douce à charmer ; C'est que j'ai vu sourire... en rêve, La mignonne qui doit m'aimer;

98 P HE. MI liU SOLEIL.

C'est qu'il est l'heure des folies, Des baisers, des roses pâlies; C'est que mon cœur n'a plus sommeil, Et que les femmes sont jolies A voir passer en plein soleil.

0 le ciel bleu! j'en suis comme ivre ! Sur mon pupitre est un gros livre; Mais quel air maussade, ennuyeux!...

Apprend-il seulement à vivre Comme feraient deux jolis yeux?

Aussi, tant pis pour mon ouvrage; Je ne tournerai pas la page Qui devait me rendre savant ; Je resterai — le beau dommage ! — Toujours Gros-Jean comme devant.

Du moins, près des claires fontaines, J'écouterai les voix lointaines Qui sourdent du sol attiédi ; J'entendrai frémir par centaines Les baisers que s.ème midi;

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