POÈTE BRESSAN OUI VIVAIT SOUS LE ROI LOUIS XIII
A CHARLES JARflIN.
Faret, l'ami de Saint-Amant, Fut un Bressan de Bourg en Bresse.
Ce n'était pas un gars normand, Faret, l'ami de Saint-Amant.
Il vécut et mourut gaîmont, Entre son verre et sa maîtresse.
Faret, l'ami de Saint-Amant, Fut un Bressan de Bourg en Bresse.
TlUOLETS. 131
Dès le matin, avec les pots Il était en coquetterie.
Il échangeait de doux propos Dès le matin, avec les pots.
Qu'il était joyeux et dispos, Qu'il avait la mine fleurie !
Dès le matin avec les pots, Il était en coquetterie.
A l'auberge, ainsi qu'au brelan, On le prisait pour ses manières ; Nul ne paraissait plus galant, A l'auberge ainsi qu'au brelan.
Il était comme le loup blanc Connu des belles lavernières.
A l'auberge ainsi qu'au brelan, On le prisait pour ses manières.
Bien qu'il n'eût jamais un denier, On lui savait plus d'une amie.
Tout Paris vint à son grenier, Bien qu'il n'eût jamais un denier.
Il fut, lui, fils d'un cordonnier.
Des messieurs de l'Académie.
Bien qu'il n'eût jamais un denier, On lui savait plus d'une amie.
11 fit VArt de plaire à. la com\ Un fort bel ouvrage de prose.
Auprès du grand comte d'Harcourt, Il fit \ Art de plaire à. la cour.
Lui-même y plut-il? Le bruit court Qu'il n'en avait pas vu grand'chose.
Il fit V Art de plaire à. la cour, Un fort bel ouvrage de prose.
Et que de madrigaux follets, Pour Eliante et pour Estelle !
Que de rondeaux, de triolets, Et que de madrigaux follets !
Ces petits bonshommes replets Sont portés sur la bagatelle.
Et que de madrigaux follets, Pour Eliante et pour Estelle !
Surtout avec le vin du cru, Il fit toujours très bon ménage.
On ne le vit jamais bourru.
Surtout avec le vin du cru. Rougeaud, débonnaire et ventru.
Tel apparaît le personnage.
Surtout avec le vin du cru, II fit toujours très bon ménage.
134 TBIOLKTS.
Hélas ! Il est bien négligé
Au temps présent, le vieux lyrique.
A Paris et même à Bàgé,
Hélas ! il est bien négligé,
Un coup de vent a saccagé
Le jardin de sa rhétorique.
Hélas ! il est bien négligé,
Au temps présent, le vieux lyrique.
0 bon ivrogne, ô cher Faret, Comme dit le maître en son livre, Troubler la cendre? On n'oserait, 0 bon ivrogne, 6 cher Faret 1 Mais ton nom rime à cabaret, Et te voilà certain de vivre, 0 bon ivrogne, ô cher Faret, Comme dit le maître en son livre.
TRIOLETS. 13'i
Il ne te sert que d'avoir bu.
Tout le reste est vaine fumée.
Puisque ton Pégase est fourbu. Il ne te sert que d'avoir bu.
Adieu le joli clos herbu Où tu baisais ta bien-aimée.
Il ne te sert que d'avoir bu.
Tout le reste est vaine fumée.
Chantons, amis, le verre en main, Faret, l'incomparable ivrogne.
En son honneur, jusqu'à demain.
Chantons, amis, le verre en main.
C'était notre cousin germain ; Il y paraît bien à sa trogne.
Chantons, amis, le verre en main, Faret, l'incomparable ivrogne.
Ce Bressan au nez culolté Est cher aux Filles de Mémoire.
Saluons tous d'une santé, Ce Bressan au nez culotté.
Dieu veuille qu'il ait à planté, En l'autre monde, de quoi boire.
Ce Bressan au nez culotté, Est cher aux filles de mémoire.