‹ Emaux bressansChapitre 13 sur 59 · LE BERGER · texte numérisé non relu

LE BERGER

A Henri Vicaire.

Voici l'heure incertaine où le soleil décline ; On n'entend d'autre bruit qu'un Angélus lointain. Quelques moutons, tassés au bas de la colline, Broutent paisiblement l'herbe fraîche et le thym.

Sur la hauteur, drapé dans sa cape de laine. Le vieux berger repose à côté de son chien. Et laisse, insoucieux, par les monts et la plaine, Errer ses yeux lassés qui ne regardent rien.

Qu'aux flammes de midi tout le pays s'embrase. Que la bise tempête, il ne s'en émeut pas. Comme un moine à jamais cloîtré dans son extase, Il a l'air d'être mort aux choses d'ici-bas.

Pauvre diable, ce n'est qu'une tête un peu folle. Un infirme, à moitié couché dans le tombeau, Mais le soleil au front lui met une auréole. Dans la pourpre des soirs il se taille un manteau.

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