‹ Émaux et camées: Éd. définitiveChapitre 14 sur 51 · PREMIER SOURIRE DU PRINTEMPS · texte numérisé non relu

PREMIER SOURIRE DU PRINTEMPS

Tandis qu'à leuîrs œuvres perverses Les liommes courent haletants, Mars qui rit, malgré les averses.

Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes. Sournoisement loi^que tout dort, Il repasse des collerettes Et cisèle des boutons d*or.

Dans le verger et dans la vigne.

Il s'en va, furtif perruquier, Avec une houppe de cygne, Poudrer à frimas Tamandier.

La nature au lit se repose ; Lui, descend au jardin désert Et lace les boutons de rose Dans leur corset de velours vert.

Tout en composant des solfèges, Qu'aux merles il sifiQe à mi-voix.

Il sème aux prés les perce-neiges Et les violettes aux bois.

Sur le cresson de la fontame Oîi le cerf boit, l'oreille au guet, De sa main cachée il égrène Les grelots d'ai^gent du muguet.

Sous l'herbe, pour que tu la cueilles, Il met la fraise au teint vermeil, Et te tresse un chapeau de feuilles Pour te garantir du soleil.

Puiâ, loi*sque sa besogne est faite,

Et que son règne Va finir.

Au seuil d'avril tournant la tête,

11 dit : « Prir^emns, tu peux venir ! »

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