‹ Émaux et camées: Éd. définitiveChapitre 20 sur 51 · LE MONDE EST MÉCHANT · texte numérisé non relu

LE MONDE EST MÉCHANT

Le monde est méchant, ma petite Avec son sourire moqueur Il dit qu'à ton côté palpite Une montre en place de cœur.

— Pourtant ton sein ému s'élève Et s'abaisse conune la mer, Aux bouillonnements de la sève Circulant sous ta jeune chair.

Le inonde est méchant, ma petite :

II dit que tes yeux vifs sout morts Et se meuvent dans leur orbite A temps égaux et par ressorts.

— Pourtant Une larme irisée Tremble à tes cils, mouvant rideau, Gomme une perle de rosée Qui n'est pas prise au verre d*eau.

Le monde est méchant, ma petite II dit que tu n'as pas d'esprit, Et qiié les vers qu'on te récite Sont pour toi comme du sanscrit.

— Pourtant, sur ta bouche vermeille, Fleur s'ouvrant et se refermant.

Le rire, intelligente abeille.

Se pose à chaque trait charmant.

C'est que tu m'aimes, majpetite, Et que tu hais tous ces gens-là.

Quitte-moi ; — comme ils diront vite :

Quel cœur et quel esprit elle a !

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