‹ Émaux et camées: Éd. définitiveChapitre 22 sur 51 · ODELETTE ANACRÉONTIQUE · texte numérisé non relu

ODELETTE ANACRÉONTIQUE

Pour que je t'aime, ô mon poète, Ne fais pas fuir par trop d'ardeur Mon amour, colombe inquiète.

Au ciel lose de la pudeur.

L'oiseau qui marche dans l'iillée S'effraje et part au moindre bruit; Ha pa^'sion est chose ailée Et s'envole quand on la suit.

Muet comme l'Hermès de marbre.

Sous la chaimille pose-toi; Tu verras bientôt dé son arbre L'oiseau descendre sans effroi.

Tes tempes sentiront près d'elles, Avec des souffles de fraîcheur.

Une palpitation d'ailes Dans un tourbillon de blancheur.

Et la colombe apprivoisée Sur ton épaule s'abattra, Et son bec à pointe rosée De ton baiser s'enivi^en».

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